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A partir de
Nonviolent Sanctions vol. 3, no. 1 Summer 1991 et case studies de l'Albert
Einstein Institution
100 dates de la non violence (Alternatives non-violentes)
494 av. J. C.
La plèbe de Rome se retire de la ville et fait grève pour
signifier leurs griefs aux consuls romains.
1765-1775 ap. J.
C.
Les colons américains montent trois campagnes non violentes majeures
contre le pouvoir britannique qui résulteront par l'indépendance
de fait de neuf colonies en 1775.
1850-1867
Les nationalistes hongrois menés par Francis Deak, engagent une
résistance non violente face à l'occupant autrichien pour
acquérir un gouvernement indépendant au sein de la fédération
austro-hongroise.
1895-1905
mouvements de désobéissance et de non-coopération
politique des Finlandais face à la Russie.
1905
17 octobre : Le tsar russe, Nicolas II est contraint d'accepter la création
d'une Douma (parlement) suite à des grèves et d'autres
actions non violentes des paysans, ouvriers, étudiants et intelligentsia.
Finlande : grève générale contre la russification
qui aboutit à l'annulation de toutes les lois oppressives et
au rétablissement d'un gouvernement finlandais constitutionnel.
1916
16 000 objecteurs de conscience britanniques devant les tribunaux
1917
Malgré quelques violences limitées, la révolution
russe de février renverse le régime tzariste de façon
essentiellement non violente.
1913-1919
Suite à des manifestations, les femmes, aux EUA, obtiennent le
droit de vote.
1919
4 janvier : Lénine, sous l'influence de Tolstoï, signe un
décret reconnaissant les objecteurs de conscience (ce décret
sera révélé par l'objecteur de conscience Jean
Van Lierde après un "emprunt" rocambolesque dans les
archives de Tolstoï).
1919-1922
mouvements de protestation non violente des Coréens contre la
domination japonaise
1920
mars : la tentative de coup d'Etat de Wolfgang Kapp contre la république
allemande de Weimar est avortée en cinq jours par une grève
générale de la population refusant le nouveau gouvernement.
Esne (Verdun) : Pierre Ceresole, pacifiste suisse, organise, avec des
Français, des Allemands et des Anglais le premier chantier du
Service Civil International (SCI).
1923
Les troupes françaises et belges se retirent de la Ruhr en raison
des coûts politiques et économiques de la résistance
des Allemands et cela malgré une sévère répression.
1924-1925
Après 16 mois d'obstination, des partisans de Gandhi obtiennent
pour les intouchables le droit d'utiliser une route passant devant un
temple brahmanique orthodoxe à Vykom en Inde du Sud. Cet événement
a eu une portée considérable dans toute l'Inde.
1920-1947
Mouvement indien vers l'indépendance de Mohandas Gandhi.
1930-1931
Campagne de Satyagraha de Gandhi
1940-1945
Multiples résistances non violentes à l'occupation nazie
particulièrement en Norvège, au Danemark et aux Pays-Bas.
1942
Les enseignants norvégiens refusent de s'inscrire au syndicat
créé par le régime fasciste de Quisling. Des centaines
d'enseignants furent ensuite internés dans un camp de concentration.
Suite aux protestations des parents et des enseignants non arrêtés,
les professeurs furent libérés après huit mois.
Les écoles ne servirent pas à la propagande fasciste du
gouvernement collaborateur.
1943
1 500 Juifs sont libérés à Berlin suite aux manifestations
de leur femme.
29 avril - 8 mai : grèves ouvrières aux Pays-Bas protestant
contre le projet d'internement en Allemagne des anciens combattants
néerlandais.
24 mai : à Sofia, manifestation conjointe de Juifs et de Bulgares
pour protester contre les projets de déportation des Juifs. En
conséquence, le gouvernement fasciste et le roi renoncèrent
à leur plan de déportation des Juifs bulgares.
octobre : grâce à la solidarité de la population
danoise, les Juifs danois sont transférés en Suède
pour échapper à la déportation.
1944
30 juin : début d'une grève générale de
cinq jours au Danemark pour forcer l'occupant nazi à lever la
loi martiale et retirer les Shalburgkorps des fascistes danois. Quelques
concessions seront accordées.
avril-mai : le dictateur salvadorien, le général Maximiliano
Hernández Martínez est évincé du pouvoir
en trois semaines par une insurrection non violente
juin : le dictateur Jorge Ubico (Guatemala) est renversé sans
violence suite à un affrontement de onze jours.
1953
Une vague de grèves dans les goulags soviétiques amène
quelques améliorations limitées aux conditions de détention
des prisonniers politiques.
1955-1968
Au moyen d'actions non violentes telles le boycott des bus, le boycott
économique, des manifestations de masse, des marches, des sit-ins
le mouvement des droits civiques contre la ségrégation
raciale aux EUA gagne l'adoption du Civil Rights Act de 1964 et le Voting
Rights Act de 1965.
1955
Invasion indienne non violente et massive à Goa pour défier
le colon portugais.
1958
Les Iroquois s'opposent de manière non violente à la construction
d'un barrage sur leurs terres dans l'Etat de New-York. Le barrage ne
sera pas construit et cet événement marque le début
des mouvements indiens pour conserver ou retrouver leurs terres.
1962
France : Grève de la faim illimitée de Louis Lecoin pour
obtenir le statut de l'objection de conscience. Au bout de 21 jours,
le général de Gaulle en accepte le principe (voté
en décembre 1963).
1964
Adoption de la loi sur l'objection de conscience et le service civil
en Belgique suite au long combat de Jean Van Lierde.
1968-69
Face à l'invasion de 500 000 soldats du pacte de Varsovie venus
écraser le Printemps de Prague, le gouvernement tchécoslovaque
enjoint ses troupes de rester dans les casernes et opte pour une résistance
non violente. Celle-ci désorientera les soldats "libérateurs"
envahisseurs et permettra le maintien du régime de Dubcek pendant
encore huit mois, ce qui n'aurait pas été possible avec
une résistance militaire.
1969-1971
occupation indienne de l'île d'Alcatraz pour tenter d'en reprendre
la possession tribale.
1971
Canada : première expédition de Greenpeace dans la zone
des essais nucléaires américains des îles Aléoutiennes
dans le golfe d'Alaska.
1977-1978
Bolivie : à l'initiative de quatre femmes, plusieurs centaines
de personnes mènent une grève de la faim contre la dictature
du colonel Banzer. Ce mouvement obtient l'amnistie de tous les prisonniers
et exilés politiques et constitue une étape décisive
vers la chute de Banzer.
1980
Le mouvement syndical polonais Solidarnosc lance ses premières
grèves pour obtenir l'autorisation de créer des syndicats
indépendants du parti communiste. Solidarnosc sera un des acteurs
essentiels de la chute du parti unique en Pologne en 1989.
1983
Uruguay : jeûne de trois membres du SERPAJ, le pasteur Oliveira
et les pères Aguirre et Osorio en réaction à la
censure politique imposée par la dictature. La mobilisation populaire
qu'il suscite (journée de Hartal le 25 août, manifestation
de 500 000 personnes le 27 novembre, grève générale
en janvier 1984) permet le retour à la démocratie.
1986
février : à Manille, la foule pacifique barre le passage
aux chars envoyés pour attaquer les soldats rebelles au dictateur
Marcos qui chutera ensuite.
1989
4 juin : répression dans le sang d'un soulèvement non
violent mené par des étudiants sur la place Tiananmen
(Pékin).
4 novembre : 500 000 personnes manifestent dans Berlin-Est pour exiger
des élections libres, une presse indépendante et des droits
civiques.
Révolution de velours :
17 novembre : une manifestation pacifique réprimée violemment
par la police lance une suite de manifestations quotidienne qui mèneront
à la chute du régime communiste imposé par les
soviétiques après la seconde guerre mondiale.
20 novembre : sur la place Venceslas, Vaclav Havel annonce devant 200
000 manifestants la fondation d’un Forum civique.
24 novembre : l’ancien secrétaire général
du PCT, Milos Jakes démissionne avec tout le bureau politique.
Karel Urbanek prend sa place et promet de mener une perestroïka.
27 novembre : grève générale de deux heures paralysant
la Tchécoslovaquie.
7 décembre : démission du premier ministre Adamec. Vaclav
Havel est alors proposé provisoirement au poste de président
avant l’organisation d’élections libres.
25 décembre : 500 000 personnes manifestent à Prague contre
un remaniement du gouvernement communiste destiné à supprimer
les réformes.
1990
juin 1990 : premières élections libres depuis la chute
du régime communiste en Tchécoslovaquie : le Forum civique
tchèque et son homologue slovaque, Public contre la violence,
recueillent 45 % des voix et une majorité absolue de sièges
au parlement fédéral. Vaclav Havel est confirmé
au poste de président et Alexandre Dubcek (premier secrétaire
lors du Printemps de Prague) sera président du parlement.
Kosovo : le peuple albanais du Kosovo entame une résistance
non violente remarquable face au pouvoir serbe pendant près d'une
dizaine d'années. Cette action n'a pas reçu le soutien
de l'Europe occidentale qui aurait pu peut-être éviter
la cruelle répression et le nettoyage ethnique qui se sont succédés
du côté serbe et puis du côté albanais.
1991
janvier : les membres du Front populaire et du gouvernement estonien
mettent au point un plan de désobéissance civile face
aux menaces d'attaque soviétique.
En Lituanie, le gouvernement Landsbergis demande aux citoyens "
d'adhérer aux principes de désobéissance, de résistance
non violente et non-coopération politique et sociale comme moyen
principal de lutte pour l'indépendance" suite à la
prise de la tour de la télévision (14 morts) et d'autres
bâtiments par les troupes soviétiques.
juin : le conseil suprême letton approuve la création d'un
centre de défense non violente qui rédigera Les principes
fondamentaux de défense non violente de la République
de Lettonie.
août : des masses de citoyens et des soldats non coopérants
avortent un putch à Moscou.
Renversement non violent du parti unique en Allemagne orientale, en
Lettonie, Lituanie et Estonie.
1996
A partir de novembre, des manifestations quotidiennes sont lancées
en Serbie pour obtenir le renoncement du dictateur Slobodan Milosevic.
Mais ce n'est qu'en octobre 2000 qu'une action non violente patiemment
planifiée par le mouvement Otpor (résistance) arrivera
à le faire tomber. Les techniques d'Otpor essaimeront dans plusieurs
pays d'Europe orientale. Otpor, lui-même, a été
formé par des Nord-américains et parrainé par l'ambassadeur
des EUA à Belgrade, Richard Miles.
1998
Octobre : fondation d'Otpor à Belgrade. Soutenu et financé
par l'ambassadeur des EUA à Belgrade, Richard Miles, le NED et
l'Open Society de George Soros, ce groupe essaimera en Europe orientale
avec Zubr (Minsk, janvier 2001) en Belarus, Mjaft (Tirana, mars 2003)
Kmara ! (Tblisi, avril 2003) en Georgie et Pora (Kiev, juin 2004) en
Ukraine.
2000
mars : l'International Republican Institute finance une formation aux
théories de défense civile non violente de Gene Sharp
pour une vingtaine de responsables d'Otpor. Le séminaire donné
par Robert Helvey, colonel retiré de l'armée US et président
de l'Albert Einstein Institution, a lieu à l'hôtel Hilton
de Budapest.
5 octobre : renversement non violent de Slobodan Milosevic à
Belgrade.
2003
novembre : les États-Unis lâchent le président Edouard
Chevardnadze, leur ancien allié indéfectible après
qu'il eut entamé un rapprochement avec la Russie de Vladimir
Poutine. Sous la pression de la rue, Chevarnadze démissionne
au profit du leader de l'opposition Mikhaïl Saakachvili, juriste
formé à New York. En été, Otpor avait organisé
un séminaire pour 2000 militants de l'opposition dont les jeunes
pacifistes de Khmara financés par le spéculateur George
Soros. On retrouve en Georgie également à ce moment Richard
Miles comme ambassadeur des EUA. Miles avait joué un rôle
important dans la chute de Milosevic à Belgrade quand il y représentait
les EUA et parrainait Otpor.
2004
novembre, Kiev : suite à des allégations de fraude électorale,
le candidat pro-russe Ianoukovitch est renversé par des manifestations
de rue au profit du candidat pro-occidental, pro-OTAN Iouchtchenko.
Les manifestations ont été menées par Pora, un
mouvement de jeunes pacifistes formés par Otpor avec l'aide et
le financement de l’ Open Society de George Soros, le National
Endowment for Democracy (NED), paravent de la CIA, le Carnegie Endowment,
et l'USAID.
Freedom House (présidée par James Woolsey, ancien directeur
de la CIA) a organisé les sondages à la sortie des bureaux
de vote.
Une fois de plus, personne ne contestera le manque de démocratie
du régime renversé mais il y a lieu de se poser des questions
sur le but de ce renversement.
L'Ukraine est l'enjeu d'un combat entre l'Etat russe et les EUA avec
les pays d'Europe occidentale. Pour les EUA et les européens
occidentaux, contrôler l'Ukraine c'est contrôler des pipelines
stratégiques et affaiblir la Russie.
Avant d'être
chef de l'opposition, Iouchtchenko faisait partie de l’establishment
politique ; il a été premier ministre et président
de la Banque nationale. Dans son camp, il y a également plusieurs
personnalités qui occupaient des positions de pouvoir dans le
régime en place. De plus, des propos xénophobes, antisémites
et nationalistes seraient fréquents de la part de portes-parole
et membres de sa campagne.
Les pacifistes et les démocrates ukrainiens pourront-ils s'assurer,
dans de telles conditions intérieures et extérieures,
un retour de la démocratie ?
2005
Beyrouth : suite à l'assassinat du premier ministre libanais
Rafic Hariri le 14 février 2005, des milliers de manifestants
obtiennent pacifiquement la démission du gouvernement pro-syrien
et la sortie du Liban des 14 000 soldats syriens occupants. |