a.s.b.l. Village convivial de la Paix-Dieu
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Le développement durable n'est pas un concept théorique, destiné à n'être considéré qu'au niveau des gouvernements et des institutions.
Le développement durable est un concept qui est apparu progressivement au lendemain de la seconde guerre mondiale, d'abord dans l'esprit de visionnaires conscients d'une part de ce que la Terre avait des dimensions finies et donc des ressources limitées, et d'autre part de la croissance constante et importante de la consommation des ressources non renouvelables et des rejets polluants associés. Cette prise de conscience a progressivement diffusé dans le monde scientifique, économique et politique pour finalement faire l'objet d'une importante étude mise en place par l'ONU au début des années 1980. Cette étude dirigée par Mme Brundtland - premier ministre de Norvège - a abouti, en 1987, à la rédaction d'un rapport important intitulé « Notre avenir commun ». Le premier mérite de ce document est d'introduire et d'expliciter clairement le concept de « sustainable development » traduit maladroitement en français par l'expression « développement durable ». Le développement durable y est défini comme un développement qui tente de satisfaire les besoins des générations actuelles sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Cette définition correspond mieux aux expressions françaises de « développement soutenable » ou de «développement viable» qui sous-entendent beaucoup mieux la notion de limite, de prise en compte des intérêts d'autres acteurs présents ou futurs. Le second mérite de ce document est de montrer l'urgence de la situation. La responsabilité de notre génération est de mettre en place ce type de développement avec tous les changements économiques et sociaux que cela représente au niveau local comme mondial. (Voir la déclaration de synthèse de Gro Harlem Brundtland)
Si la dimension écologique du développement durable est évidente, elle n'est pas la seule et la dimension humaine est tout aussi importante. L'application du concept de développement durable à l'échelle d'une région, d'un pays ou même d'un continent n'a guère de sens, c'est une action mondiale qui est nécessaire et cela pas uniquement dans un secteur d'activité. Ce sont toutes les politiques tant économiques que sociales qui devraient prendre en compte les limites écologiques de notre Terre et contribuer à plus d'égalité entre les Hommes et cela dans toutes les régions du monde. A tous les niveaux de décision, le slogan « agir localement, penser globalement » devrait être intégré. Cette dimension humaine du développement durable est bien traduite par le principe d'équité qui repose sur l'accès équitable de tous les Hommes aux ressources de la Terre. Comment imaginer un développement durable dans une société, dans un monde où les droits de l'Homme ne sont pas respectés et les inégalités d'accès aux ressources sont maintenues ou même pire, ne font que croître ? Principe d'équité - l'espace environnemental Ce principe d'équité utilisé de manière mathématique conduit tout naturellement à la notion d'espace environnemental disponible pour chaque habitant de notre planète. On est aujourd'hui capable de chiffrer les ressources non renouvelables (matières premières), renouvelables (biomasse, eau, air, vent, etc. ) et les capacités de régénération de la Terre et donc de déterminer ce qui « revient » quotidiennement à chaque homme : le nombre de litres de pétrole, la surface de terre agricole vivrière, la quantité d'émission de polluant, etc. Pour tout ce que l'on peut calculer, nous, habitants des pays industrialisés - les pays du Nord, utilisons de 5 à 10 fois notre espace environnemental ! Cette surconsommation tout azimut signifie que ces ressources ne sont plus disponibles pour les habitants des pays du Sud. Notre richesse nous permet de leur «voler», en toute légalité, leur espace environnemental et de leur imposer, indirectement, leur situation actuelle de dépendance et misère croissantes. Choix individuels au quotidien Sur base de cette constatation - nous consommons, dans nos pays industrialisés, de 5 à 10 fois notre espace environnemental - il est évident que nous devons réagir, d'abord aux niveaux individuel et familial. Cette prise de conscience doit nous inciter à développer une réflexion par rapport à nos choix et nos actes dans nos différentes activités, comme par exemple : Comment réduire notre consommation d'énergie et la pollution associée ? Notre consommation directe d'énergie est surtout concentrée dans 2 secteurs : le chauffage domestique (habitation et eau) et le transport. Comment réduire la surface des zones agricoles vivrières ou non que nous « consommons » ? La première réponse est de réduire la quantité d'aliments absorbés; le retour à une alimentation plus frugale, équilibrée et naturelle sera, de plus, un bon pas vers une meilleure santé. Le choix de l'alimentation n'est pas non plus innocent. Ainsi, comme la production de viande nécessite une quantité énorme de protéine végétale, il faut en limiter sa consommation et privilégier les protéines végétales. L'origine des aliments est aussi un facteur déterminant. On sait que l'agriculture intensive industrielle détruit très rapidement la couche d'humus qui est pourtant la base de toute la vie non marine sur Terre. Il faut à tout prix favoriser la production d'aliments cultivés par une agriculture respectant l'environnement et tout particulièrement la qualité de l'humus; l'agriculture biologique est certainement la meilleure solution actuelle. De plus, le rejet catégorique en agriculture biologique des OGM donne la seule garantie valable quant à la non-dissémination de ces organismes; les conséquences à long terme de l'exploitation de ces OGM sont, en effet, tout à fait non maîtrisées. Comment soutenir l'amélioration des conditions de vie dans les pays du Sud ? Le soutien des pays du Sud par nos pays riches du Nord est l'objectif central de nombreuses ONG qui doivent être mieux soutenues, à la fois, financièrement et par une implication personnelle plus directe. Ces quelques exemples montrent clairement que le développement durable n'est pas un concept réservé à quelques dirigeants politiques pour la définition de projets nébuleux, loin de nos préoccupations.
Au delà des indispensables actions individuelles en faveur du développement durable, il est évident que notre mode de vie en collectivité est également à repenser. Nous mettons ici tout particulièrement en évidence l'intérêt du développement d'écovillages qui sont une réponse bien adaptée aux défis du développement durable pour des groupes de quelques dizaines à quelques centaines de personnes. Ce point, qui est au centre des préoccupations de notre asbl, est largement développé dans une autre partie de notre site.
L'intégration du développement durable dans l'ensemble de nos politiques économique et sociale devrait être la priorité première de notre génération et tout particulièrement de nous, habitants des pays riches. La sauvegarde de notre Terre et la préservation d'un environnement accueillant pour les générations futures sont à ce prix.
ancien proverbe indien
Au-delà des actions indispensables urgentes de nos responsables politiques et des dirigeants économiques, la mise en place du développement durable passe d'abord par une conscientisation et une implication individuelles. A chacun de nous d'intégrer dans nos actions quotidiennes le slogan «agir localement, penser globalement » et à mettre en place concrètement dans notre vie une démarche de «simplicité volontaire» vis-à-vis de toutes nos consommations; le retour vers plus d'équité entre tous les habitants de la Terre à ce prix. |