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Architecture
Jadis cerné de douves, le château-ferme de Falaën est un vaste quadrilatère homogène
en brique enduite, moellon et pierre de taille calcaire.
Il mesure une cinquantaine de mètres de côté. Les bâtiments
et les murs qui le constituent sont couverts d'ardoises
et construits dans le style traditionnel légèrement
teinté de baroque. Ils protègent une cour intérieure
sur laquelle s'ouvre une belle résidence.
L'aspect extérieur indique d'avantage la défense que
l'accueil et rappelle des temps où le refuge contre
les mercenaires et les brigands s'avérait nécessaire.
De hauts murs aveugles offrent leur surface fermée à
l'extérieur. L'ensemble, accentué par trois hautes tours
d'angle carrées, s'organise autour d'une grande cour
accessible par une tour-porche monumentale. Des chaînes
rappellent le pont-levis remplacé par un pont à trois
arches murées.
La grosse tour-porche, datée de 1672 par ancre côté
cour, est gainée de harpes d'angle et coiffée d'une
toiture à croupes et coyaux.
La partie centrale en légère saillie présente un portail
en plein cintre à clé et croisettes saillantes, surmonté
d'une fenêtre à croisée avec montants à deux harpes
prise entre les anciennes glissières du pont-levis.
Carrossable dans la partie centrale, le passage est
élargi à tout le rez-de-chaussée et ménage à droite,
un escalier droit d'origine desservant l'étage. Le débouché
s'ouvre par trois arcades en plein cintre à clé, celle
du centre légèrement surbaissée et flanquée de chasse-roues,
retombant sur des piliers carrés à base et chapiteau
mouluré.
L'étage harpé en alternance, affiche les ancres millésimées
aux angles d'une fenêtre similaire mais refaite et se
termine par une frise redentelée sur denticules.
De part et d'autre, les deux longues ailes de dépendances
en moellons sont parcourues d'un gros boudin de pierre
à mi-niveau et ce, jusqu'aux deux tours raidies de harpes
d'angles.
La toiture droite des tours s'est transformée en demi-bulbe
gracieux. L'ensemble étant parcimonieusement muni de
fentes d'aération et de petites fenêtres à jour unique
avec linteau droit et montants chaînés. Les tours sont
ourlées de frises de briques dentées sur denticules
sous les toitures en poivrière piquées d'aigrettes.
Les dépendances reçoivent les mêmes
frises sous les bâtirais à coyaux. En 1891, ces mêmes
dépendances ont été refaites en façade, côté
cour.
Elles se composent d'un corps d'étables, de remises
à voitures à façade de briques serrant un triplet d'arcades
en anse de panier et d'une porte d'écurie en plein cintre
encadrée de deux petites fenêtres à linteaux droit.
En retour, contigüe à l'habitation, une petite
aile basse - peut-être la forge ? - conserve une porte
à linteau droit et montants harpés sous une baie de
fenil tardive.
Le bâtiment d'habitation est vaste et le XVIII ème siècle
a donné à son intérieur une douceur de vivre que lui
aurait refusé la rigueur médiévale. La porte principale,
donnant accès au vestibule et à l'escalier d'honneur,
est située dans l'aile Nord avec de part et d'autre
des fenêtres à linteau droit. Aucun luxe à l'intérieur
de la gentilhommière de province qui occupe toute l'aile
droite à partir du portail. Seulement une belle rampe
d'escalier en chêne. Sur le palier, dans un renfoncement,
un autel, comme aimaient en avoir les châtelains d'alors,
avec des armoiries en fronton.
Le corps de logis seigneurial occupe une partie de l'aile
ouest (deux travées) et la totalité de l'aile Nord.
Il est bâti sur deux niveaux sur caves, montés sur un
court soubassement en moellons.
La façade en briques, harpée en alternance aux angles,
compte dix travées dont deux en retour. Elle est garnie
de fenêtres jadis à croisée sur montants à double harpe,
à linteaux renouvelés dont les appuis sont abaissés.
Proche de l'angle, la porte d'origine à baie d'imposante
garde une lourde traverse droite frappée d'un écu muet
et des montants harpés à bossages.
Le corps principal comporte deux autres portes tardives:
l'une rectangulaire à montants en délit; l'autre à encadrement
harpé, traverse et linteau droit quasi jointive à une
baie semblable (aujourd'hui murée). Une double frise
dentelée sur denticules souligne la toiture à croupes
et coyaux plantée de petites lucarnes à croupe.
La façade extérieure en moellons montre le premier niveau
en caves hautes et aligne, outre les travées de fenêtres
néo-traditionnelles de la fin du XIX ème siècle, une
fenêtre d'étage à traverse, une porte murée à linteau
droit et montants à deux harpes saillantes et une travée
de fenêtre jadis à croisée à l'extérieur droit. La frise
de brique est interrompue par les vestiges de latrines
ou d'une bretèche sur corbeaux en quart-de-rond.
A l'angle, la tour colombier à couverture bulbeuse est
datée par ancre de 1670 et superpose sur deux faces
des fentes d'aération et des fenêtres à jour unique
ou à traverse.
A gauche du logis, l'aile d'étable basse en moellons
(également enduits), espace deux portes en plein cintre
sur montants chaînés, chacune étant surmontée d'une
gerbière de même facture arrêtant la frise de briques
et encadrée de petite fenêtres rectangulaires formées
pour la plupart de remplois.
La partie droite transformée en habitation est desservie
par une porte à baie d'imposte et deux fenêtres à linteaux
droits et montants composites.
La grange, très vaste bâtiment comme on les construisait
au XVII ème siècle pour engranger foin et récoltes et
pouvoir y battre les céréales, occupe l'aile sud. Ses
murs en pierre calcaire supportent un toit d'ardoises
à croupettes. Ce bâtiment en moellons, sous toiture
à croupettes et coyaux, est situé en contrebutée
à l'angle du portail en plein cintre à montants chaînés
et clé saillante. Le mur goutterot s'ourle d'une corniche
en doucine, et est épaulé par une annexe en appentis
tardive au-delà de laquelle s'ouvre une porte charretière
du siècle dernier à encadrement de brique et arc en
anse de panier. Sous une baie de fenil, on trouve encore
une porte en plein cintre similaire à celles des étables.
Greffée à l'angle extérieur, une petite tour carrée
plus trapue, raidie de harpes d'angles, offre des faces
quasi aveugles. Seules ouvertures: une fenêtre rectangulaire
à l'étage et trois boulins de pigeonnier. Une frise
de brique identique cerne la base du pavillon. Dans
le prolongement, un mur de clôture cerne l'ancien potager.
Au centre de la cour, le pilori, symbole de justice,
qui se trouvait dans une des prairies proches du château-ferme
(peut-être à l'endroit où se tenaient les plaids par
temps favorable).
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