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Un tour d'angle carrée.
Image © Bruno Vandevelde


Les trois arcades en plein cintre à clé de la tour-porche.
Image © Olivier Mattelart

La tour-porche dont le pont-levis a été remplacé.
Image © Olivier Mattelart

Le château-ferme de Falaën

 
 

Architecture

Jadis cerné de douves, le château-ferme de Falaën est un vaste quadrilatère homogène en brique enduite, moellon et pierre de taille calcaire. Il mesure une cinquantaine de mètres de côté. Les bâtiments et les murs qui le constituent sont couverts d'ardoises et construits dans le style traditionnel légèrement teinté de baroque. Ils protègent une cour intérieure sur laquelle s'ouvre une belle résidence.

L'aspect extérieur indique d'avantage la défense que l'accueil et rappelle des temps où le refuge contre les mercenaires et les brigands s'avérait nécessaire.
De hauts murs aveugles offrent leur surface fermée à l'extérieur. L'ensemble, accentué par trois hautes tours d'angle carrées, s'organise autour d'une grande cour accessible par une tour-porche monumentale. Des chaînes rappellent le pont-levis remplacé par un pont à trois arches murées.

La grosse tour-porche, datée de 1672 par ancre côté cour, est gainée de harpes d'angle et coiffée d'une toiture à croupes et coyaux.
La partie centrale en légère saillie présente un portail en plein cintre à clé et croisettes saillantes, surmonté d'une fenêtre à croisée avec montants à deux harpes prise entre les anciennes glissières du pont-levis.
Carrossable dans la partie centrale, le passage est élargi à tout le rez-de-chaussée et ménage à droite, un escalier droit d'origine desservant l'étage. Le débouché s'ouvre par trois arcades en plein cintre à clé, celle du centre légèrement surbaissée et flanquée de chasse-roues, retombant sur des piliers carrés à base et chapiteau mouluré.

L'étage harpé en alternance, affiche les ancres millésimées aux angles d'une fenêtre similaire mais refaite et se termine par une frise redentelée sur denticules.

De part et d'autre, les deux longues ailes de dépendances en moellons sont parcourues d'un gros boudin de pierre à mi-niveau et ce, jusqu'aux deux tours raidies de harpes d'angles.

La toiture droite des tours s'est transformée en demi-bulbe gracieux. L'ensemble étant parcimonieusement muni de fentes d'aération et de petites fenêtres à jour unique avec linteau droit et montants chaînés. Les tours sont ourlées de frises de briques dentées sur denticules sous les toitures en poivrière piquées d'aigrettes.

Les dépendances reçoivent les mêmes frises sous les bâtirais à coyaux. En 1891, ces mêmes dépendances ont été refaites en façade, côté cour.

Elles se composent d'un corps d'étables, de remises à voitures à façade de briques serrant un triplet d'arcades en anse de panier et d'une porte d'écurie en plein cintre encadrée de deux petites fenêtres à linteaux droit. En retour, contigüe à l'habitation, une petite aile basse - peut-être la forge ? - conserve une porte à linteau droit et montants harpés sous une baie de fenil tardive.

Le bâtiment d'habitation est vaste et le XVIII ème siècle a donné à son intérieur une douceur de vivre que lui aurait refusé la rigueur médiévale. La porte principale, donnant accès au vestibule et à l'escalier d'honneur, est située dans l'aile Nord avec de part et d'autre des fenêtres à linteau droit. Aucun luxe à l'intérieur de la gentilhommière de province qui occupe toute l'aile droite à partir du portail. Seulement une belle rampe d'escalier en chêne. Sur le palier, dans un renfoncement, un autel, comme aimaient en avoir les châtelains d'alors, avec des armoiries en fronton.

Le corps de logis seigneurial occupe une partie de l'aile ouest (deux travées) et la totalité de l'aile Nord. Il est bâti sur deux niveaux sur caves, montés sur un court soubassement en moellons.

La façade en briques, harpée en alternance aux angles, compte dix travées dont deux en retour. Elle est garnie de fenêtres jadis à croisée sur montants à double harpe, à linteaux renouvelés dont les appuis sont abaissés. Proche de l'angle, la porte d'origine à baie d'imposante garde une lourde traverse droite frappée d'un écu muet et des montants harpés à bossages.

Le corps principal comporte deux autres portes tardives: l'une rectangulaire à montants en délit; l'autre à encadrement harpé, traverse et linteau droit quasi jointive à une baie semblable (aujourd'hui murée). Une double frise dentelée sur denticules souligne la toiture à croupes et coyaux plantée de petites lucarnes à croupe.

La façade extérieure en moellons montre le premier niveau en caves hautes et aligne, outre les travées de fenêtres néo-traditionnelles de la fin du XIX ème siècle, une fenêtre d'étage à traverse, une porte murée à linteau droit et montants à deux harpes saillantes et une travée de fenêtre jadis à croisée à l'extérieur droit. La frise de brique est interrompue par les vestiges de latrines ou d'une bretèche sur corbeaux en quart-de-rond.

A l'angle, la tour colombier à couverture bulbeuse est datée par ancre de 1670 et superpose sur deux faces des fentes d'aération et des fenêtres à jour unique ou à traverse.

A gauche du logis, l'aile d'étable basse en moellons (également enduits), espace deux portes en plein cintre sur montants chaînés, chacune étant surmontée d'une gerbière de même facture arrêtant la frise de briques et encadrée de petite fenêtres rectangulaires formées pour la plupart de remplois.

La partie droite transformée en habitation est desservie par une porte à baie d'imposte et deux fenêtres à linteaux droits et montants composites.

La grange, très vaste bâtiment comme on les construisait au XVII ème siècle pour engranger foin et récoltes et pouvoir y battre les céréales, occupe l'aile sud. Ses murs en pierre calcaire supportent un toit d'ardoises à croupettes. Ce bâtiment en moellons, sous toiture à croupettes et coyaux, est situé en contrebutée à l'angle du portail en plein cintre à montants chaînés et clé saillante. Le mur goutterot s'ourle d'une corniche en doucine, et est épaulé par une annexe en appentis tardive au-delà de laquelle s'ouvre une porte charretière du siècle dernier à encadrement de brique et arc en anse de panier. Sous une baie de fenil, on trouve encore une porte en plein cintre similaire à celles des étables.

Greffée à l'angle extérieur, une petite tour carrée plus trapue, raidie de harpes d'angles, offre des faces quasi aveugles. Seules ouvertures: une fenêtre rectangulaire à l'étage et trois boulins de pigeonnier. Une frise de brique identique cerne la base du pavillon. Dans le prolongement, un mur de clôture cerne l'ancien potager.

Au centre de la cour, le pilori, symbole de justice, qui se trouvait dans une des prairies proches du château-ferme (peut-être à l'endroit où se tenaient les plaids par temps favorable).

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concept & design © Olivier Mattelart, 2009