Reprise : 04/08/05
"Nous ne nous montrons jamais à nu,
"Nous restons toujours des inconnus."
Jacques Plante & Charles Aznavour, Monsieur Carnaval,
pour l'opérette Monsieur Carnaval, 1966.

III. L'IMAGE VÉRIDIQUE :
une fabuleuse fusion alchimique ?

Cette lumière qu'il suggère, en laquelle il surgit côté cour, cette lumière qui le suit et le traduit solaire jailli du levant où il repartira finalement, c'est sa femme qui la produit, qui la régit, rigueur et amour conjugués.
Cette rythmique qui l'appelle, sur laquelle il ensorcelle, en laquelle il va maintes fois reprendre son élan, se ressource, c'est Jo Moutet qui la lui donne en écho à son tempo qu'il a assimilé depuis des années.
Compagne et compagnon l'accompagnant ainsi et le servant lui donnent ses couleurs et aussi le vitalisent, présents à chaque étape, fidélités depuis l953 et 1957, membres de l'être, éléments de vie en laquelle il se replie, famille où importent tant les enfants pourtant devenus grands et dont sont pleins les propos tout le temps.
Cacherait-il donc une fragilité, ce noble et fort seigneur des hauteurs que la solitude effraierait ainsi que l'inactivité ?
Au rendez-vous de ce jour-là, il arriva contrarié : "Tu as ta voiture ? Conduis-moi au théâtre, j'y ai oublié quelque chose : ma femme me fait perdre la tête, elle a voulu rentrer à Paris en auto, et ça m'inquiète."
Touchant, non ? Comme bien émouvant cet autre moment où l'attendant deux jours après sur le quai de la gare de C., il bondit allégé l'ayant repérée dans l'international qui la lui ramène, il se précipite vers la portière, il s'enquiert de son voyage, et lui passant en marchant le bras autour de l'épaule, il lui parle tendrement.
"Tu es mon unique élément", écrivit le poète...
Est ainsi farouchement protégé le foyer de remarquable durée dans ce métier.
Qui ne peut cependant se passer du succès : lui a besoin de briller.
Paradoxe, contradiction; dualité encore.
Inhérent au tempérament, ...inhérent au Verseau qu'il est, né le 8 février.
Sommaire de page :
A. Biographie synoptique
B. Réalité des images
1. astrologique; 2. psycho-sociologique; 3. magique; 4. mythologique;
5. sociologique; 6. ethnique; 7. politico-patriotique;
8. homérique; 9. symbolique;
10. caractérologique;
11. théâtrale; 12. vocalique; 13. ludique
C. Appendice :
Principaux traits astrologiques
Sorties

Ma bibliothèque ne regorge pas de livres d'astrologie, surtout, ne croyez pas cela ! Mais il faut tout de même bien accorder une certaine confiance aux astres, et ceux qui ont présidé à notre naissance nous laissent bien quelque chose, un certain signe, un certain sceau, si l'on veut, dont nous gardons l'empreinte.
Tasso Janopoulo,
Notes et anecdotes.
Bien qu'Hermès, divinité olympienne, symbolise l'intellect sous sa forme saine, proche de l'esprit, il n'empêche que dans la signification d'Hermès se retrouve l'allusion à une forme de l'intellect peu élevée et purement utilitaire : Hermès est la divinité qui préside au commerce. Mais, de plus, dans cette figuration olympienne de l'intellect se trouvent unies toutes les transformations possibles de cette fonction lucide, et Hermès possède même la signification de l'intellect perverti : il est le protecteur des voleurs. Le mythe sait donc très bien discerner la forme perverse de l'intellect, tout en condensant souvent les deux formes en un seul symbole.
Paul Diel,
Le symbolisme dans la mythologie grecque.

BIOGRAPHIE SYNOPTIQUE RÉDUITE

La mort le fauche... 1997 09/13
Il chante, il se fait diriger par sa fille scénariste, il fait des projets... 1995
Il jubile en "Jubilé" après "Au revoir" venu d'"Adieux" 1994<1988<1987,
après un incessant "tour de chant" de toutes formes 1986<1943
Il perd son "père" mentor, son oncle maternel, Tasso Janopoulo 1969
Lui vient une fille, Hélène "puisque Hellène" 1957 05/19
Lui vient un fils, François "puisque Français" 1955 07/21
Il se marie religieusement et publiquement... pour son anniversaire 02/08
Il se marie civilement et discrètement à Andon
L'Allemagne le sacre "Baron Tzigane" 1954
Il unit sa vie à celle de Janine Guyon, productrice à la télévision 1953
Il revient à Paris où l'attend la grande opérette; il devient officiellement Français 1950
La gloire l'attend aux Amériques, tremplin international 1949-50
Il conquiert Londres 1947
Athènes porte son nom au Parthénon avant l'accueil enthousiaste d'Alexandrie 1946
Sa gloire commence 1944
Un film le figure s'il ne le transfigure, "Le Cavalier Noir" :
Une chanson rayonne par les ondes et le fait "Robin des Bois" 1943
"Paris, me voici", "L'homme de nulle part" ! 1942
Devenu Georges Guétary, il s'aguerrit en une longue tournée 1940-42
"A Georges Lambros, à qui je prédis un grand avenir au théâtre, avec mon amitié sincère", lui dédicace Mistinguett 1939 12/30
L'accordéoniste Fredo Gardoni le reconnaît, et l'engage
Refoulé en zone libre, il devient garçon de restaurant chez Belossi à Toulouse
Ils sollicitent vainement un engagement militaire français 09/12
A Saint-Jean-de-Luz avec son oncle, il refuse "la fuite en Egypte" 07
Mistinguett engage le jeune Georges Lambros comme boy 1937
Engagé dans l'orchestre de Jo Bouillon, il se fait appeler Georges Lambros
Il va aux cours de danse à Pigalle
Il suit les cours de diction et d'art dramatique de René Simon
Il apprend à chanter Fauré, Duparc, Schumann..., à chanter en français, en italien
Il apprend le chant chez Ninon Vallin
Il suit les cours de solfège, de piano et d'harmonie chez Thibaut-Cortot-Casals
1936
Noël bouscule son destin : le commerçant potentiel deviendra chanteur 1935 12/24
Il suit les cours de l'Ecole Normale de commerce et apprend le français à l'Alliance Française
Henriette et Henriette le "civilisent", l'une à Paris, gouvernante de Tasso, l'autre à Bruxelles, gouvernante d'Alban, ami grec de Tasso et photographe renommé grâce à qui Lambros s'initie à cet art.
Il arrive à Paris, rue du Dobropol, où son oncle sera son mentor 1934 12/19
Il quitte Alexandrie avec l'accord familial 12/14
Accompagnateur de Jacques Thibaut, Tasso passe en Egypte où le séduit Lambros :
Il est inscrit à l'Ecole de commerce de Chabdri à Alexandrie <1934>
Il fait partie d'un petit orchestre créé avec des copains, dont le père de Demis Roussos <1930>
Il remporte des compétitions de course à pied, de course-haie, de natation
Lambros est élève docile et surtout sportif acharné ...
Il naît Lambros, 7e enfant de Georges Worloou et de Sophie Janopoulo 1915 02/08<22:30>
Naissance de Tasso Janopoulo, frère aîné de Sophie 1897 10/16
Vorloglou est anglicisé en Worloou (ou Worlow).
L'exode grec sous pression turque se poursuit vers Alexandrie.
La poussée turque chasse les Grecs des Sporades à Constantinople.
<1897>
A Samos vivent les Vorloglou, à Lleros les Janopoulo 19e siècle,
depuis ?

Se crée une fabuleuse civilisation hellène, dont une fascinante mythologie - 5000 ...
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1. IMAGE ASTROLOGIQUE ?

L'esprit cartésien veut refuser telle description, telle explication contre raison. Peut-il passer outre toutefois quand il reconnaît "son personnage" révélé à travers les signes par telle spécialiste du zodiaque que l'intelligence et les intérêts culturels hors du commun portent aux antipodes du monde des variétés et de la chansonnette -et qui ne connaît pas Georges Guétary ? C'était en 1986, en un coin isolé des Pyrénées, et la "pythie", sur seule base de la date, du lieu, de l'heure de naissance et du sexe, non seulement dessina un portrait étonnamment ressemblant, mais "vit" en outre que 1987 déciderait l'arrêt des activités ...qui très certainement seraient tout aussitôt reprises dès 1988 par impossibilité de l'être de se soumettre à cette décision contraire à sa nature.
Surprenant, quand on sait que la réalité donnerait raison à la prédiction ! Interpellant dès lors.
Interpellant et passionnant, car l'analyse précise la dualité que nous a suggérée nos propres investigations, dualité qu'escamotent assez généralement les définitions astrologiques qui insistent sur l'aspect aérien et fluide du personnage, soit l'uranien, cependant que le contrarie Saturne dont "la force tend à cristalliser, fixer dans la rigidité les choses existantes et s'oppose ainsi à tout changement." (Dic. Symb.), soit tout le contraire du Georges Guétary que nous ne connaissons que par son autre "planète législatrice", Uranus, "d'instinct tourné vers les exploits et les prouesses (...), possédé par l'instinct de démesure et de puissance (...) archétype de l'hyper-individualisation qui particularise l'être humain dans une originalité surpersonnalisante, cela dans le paroxysme du Moi en quête de l'unité la plus explosive, et tendu vers un absolu." (Ibid).
Et revient par cela en la mémoire le récent élan de ce septembre 1994 dont seront ici par discrétion et respect de la confiance tus les noms :
"En février je présente mon Jubilé à Paris. Et tu vas voir : personne, ni Tel, ni Autre même -Untel peut-être, encore qu'il (...)- personne, tu peux chercher !, personne n'aura réussi ce que je vais faire : ma sortie en pleine forme à 80 ans -pour mon anniversaire ! Ma sortie après cinquante-sept ans de métier où j'ai tenu après avoir explosé à Paris, puis à Londres qui m'a aussitôt fait vedette alors qu'on ne m'y connaissait pas -pas plus que dans mon pays que j'ai conquis en une nuit-; aussitôt après c'est Broadway qui m'a sollicité et m'a accordé le Prix de la meilleure interprétation étrangère; et puis c'est Hollywood par quoi je deviens vedette internationale....
"Qui, dis-moi, peut prétendre à ça, à 80 ans et en pleine forme après cinquante-sept ans de métier sans arrêt ?
"Et qui, dans la nouvelle génération, pourra y arriver, y arriver en s'imposant dans tous les genres, pas seulement la variété, pas seulement le disque, mais le idique, la comédie musicale, ... Ah! la comédie musicale ! Ils n'en veulent pas, les jeunes ! Hé! c'est qu'il faut des c. pour ça, permets-moi l'expression ! Ils préfèrent x galas, c'est moins fatigant ...et surtout ça paie mieux !
"Qui ?
"Je ne vois pas.
"Unetelle peut-être. Mais je crains qu'elle soit fragile...
Démesure ?  Appréhension ?  Exorcisme ?
Ce ne fut pas l'Olympia promis, mais Bobino, ce ne fut pas un nouveau spectacle, mais celui de l'"Au revoir" qu'il promenait depuis des années.  "Peau de chagrin" en quelque sorte malgré la bonne présence publique et le succès à chaque représentation.
Ce fut la blessure, c'est certain. Jumelée à quel sentiment ? Amertume, révolte, abattement, tristesse, avec la prise de conscience lucide d'un terme, d'une... déchéance ? Prétendre connaître exactement ce ressenti profond serait présomptueux. Il ne fut ni sagesse ni abandon en tout cas, puisque les vacances lui firent oublier sa fatigue, accepter de repartir en tournée dès semptembre, et, surtout, de monter enfin cette comédie musicale qui le hantait, La Vie est un Festival. Le rideau final romprait ces rêves...
Que reflète, jusque dans l'aparté de connivence, ce besoin exacerbé de reconnaissance glorieuse ? Le souterrain sous apparence, le continuel conflit de l'être avec lui-même et fardant par l'image de lumière une ombre qui ronge, ombre que décelait le thème natal en Pyrénées, ombre que repousse l'activité acharnée à l'insu même de l'être ?
20 h., un soir d'été de 1994 en total relâchement d'activités, ce n'est pas lui qui décroche à la nécessité d'un appel téléphonique, mais sa femme :
"Il vient de se retirer pour chanter durant une heure -peut-être que vous l'entendez- : il vous rappelle ou vous rappelez ? Car si je vais le déranger, vous le savez, il ne sera pas content...".
Confirmation dans le vif et l'imprévu de ce que tous ceux avec qui il a collaboré ont dit depuis toujours : discipliné et travailleur incorrigibles.
"Aide-toi, le ciel t'aidera" : nous pouvons être nés sous une bonne étoile, rien ne se fera sans nous -sans effort. Soit, le physique et la voix lui sont venus comme ça -encore que la voix, ça se prépare, ça s'entretient, ça se travaille longtemps, longtemps, longtemps ...et constamment.
Mais le reste ?
Il aurait pu monter sur la scène de l'Adelphi sans avoir durant trois mois étudié l'anglais d'arrache-pied, sans avoir répété, répété et répété, jamais il n'aurait arrêté le spectacle par l'appel au bis inaccoutumé en Angleterre ! De même, ...-inutile de rappeler encore tous ses succès, ailleurs énumérés (v. intro), soulignons qu'ils ne sont pas l'effet de la seule chance.
Chance qui le sert, certes et le fait exceptionnel ...parce qu'il a su par travail, par maîtrise, répondre à cette possible destinée.
Destinée...
Même si, goguenard à l'égard de ces forces cosmiques qui présideraient à notre destinée, on est confondu quand la réalité paraît justement les refléter, il ne faut pas ici s'en contenter, quoique satisfaisant l'appel séduisant de l'image rêvée : se tourner dès lors vers le plus crédible psycho-sociologique dont l'appartenance et la démarche scientifiques exige des faits pouvant proposer des supposés à vérifier : des hypothèses davantage que des assertions fabuleuses.
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2. IMAGE PSYCHO-SOCIOLOGIQUE ?

Est fait que né septième de dix enfants, il a bouleversé le rang, devenant seul célèbre du clan hors duquel quittant Alexandrie à dix-neuf ans, il bondit vers Paris d'où il jaillira vedette superbe après avoir écarté le projet que le sacré conseil de famille méditerranéen lui avait dessiné : les affaires au retour après les études commerciales. Est fait que briller -que se distinguer- le talonnait dès avant déjà, puisqu'il avait attiré là-bas sur lui l'attention des siens, des copains et des filles par ses prouesses sportives qu'il ne cesse de rappeler. Comme il ne manque jamais de souligner que l'auteur originel de Pour Don Carlos est "de l'Académie Française" (Pierre Benoît), autant que celui de La Polka des Lampions (Marcel Achard), et que s'il n'est de cette noble institution, il n'est pas de moindre renom, cet autre par qui il s'est fait préfacer, Frédéric Dard, librettiste de Monsieur Carnaval...
Faiblesse ?
Ou, plutôt, besoin de se présenter et de s'affirmer autre que supposé superficiel de la variété ?
Dès lors complexé ?
Sous emprise d'un sentiment intériorisé de culpabilité ? Déjoué par l'enjoué ? Contré par l'activité ? Exacerbé dans la nervosité colérique ? Animé ainsi d'un besoin de prouver, de se faire et reconnaître sinon pardonner, comme le perçoit cette analyse pyrénéenne du thème de naissance ?
Est fait à cet effet que la propulsion glorieuse alla à l'encontre de la décision familiale : devenir artiste, soit saltimbanque ou moins que rien, niait le souhait de le faire comptable, bien autrement respectable. Mais quoi! l'écart baigne dans l'aura d'une nuit de Noël, n'est-ce pas ?
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3. IMAGE MAGIQUE ?

C'est le miraculeux, on n'y peut rien, c'est le destin, Inch Allah!, c'est comme ça ! Mieux : on doit lui être reconnaissant, au ciel, de le prendre ainsi sous son aile, le petit Lambros, non ? D'ailleurs, il s'est montré égal à lui-même, le petit Lambros de rien du tout, quelconque perdu parmi ces grands -et quels grands : Jacques Thibaut, Milstein, Kreisler, Cortot, Ninon Vallin !- venus comme rois mages ce 24 décembre dans l'appartement de l'oncle : ils lui ont demandé de chanter, il s'est exécuté, obéissant comme toujours; pouvait-il deviner qu'ils allaient après lui suggérer d'en faire son métier, lui pour qui chanter était comme respirer ?
Oui, Lambros ! Et puis, tu sais aussi qu'au fond ça te séduit, le mot "artiste" dont tu suis, ici à Paris, les réussites, dont tu vis, ici à Neuilly, le quotidien hors train-train dont l'oncle est exemple d'entrain, l'oncle que tu sais au fond de lui ravi de te voir quitter les chiffres pour les notes, ...l'oncle paravent contre mama et le frère aîné, Christos, l'oncle Tasso Janopoulo qu'on a appris à respecter là-bas, puisque accompagnateur du grand Jacques Thibaut, l'oncle qu'on ne grondera pas, n'est-ce pas, puisque s'étant chargé d'un des dix enfants quand papa n'eut plus de travail...
Joli, Lambraki !
Si joli qu'il se met au travail avec volonté, avec ténacité, avec constance, avec persévérance, même si certains cours l'ennuient parfois, comme ce solfège, cette harmonie, où on le traite comme un enfant de dix ans; même s'il ne perçoit pas immédiatement la nécessité des leçons de chant de Madame Vallin, lui le Méditerranéen pour qui chanter est si spontané -or remarquez, signe de travail et de contrôle, la pureté de la diction des premiers disques de ce Grec qui connaissait à peine le français quand il est arrivé à Paris (c'est plus tard que reviendra en surface un retour à un accent non surveillé, naturel, instinctif et non "soigneusement entretenu"); même quand l'oncle n'est pas là parce que les tournées l'envoient aux différents coins du monde -et imaginez comme il aurait pu, extirpé de la misère du dix-neuvième siècle nord-africain, profiter et abuser de la liberté, ce jeunot débarqué en Paris des années trente !
N'empêche : l'oncle même, l'oncle si généreux, il allait le tromper, lui aussi, il allait le trahir, Lambros-Judas du troisième chant du coq !
Il avait trahi la confiance de la famille, mère et frères aînés en tête, voici qu'il trahissait Tasso le généreux mentor, Tasso le si bon père putatif.
Car c'est vers la musique idique que les cours de l'École Normale Thibaut-Cortot-Casals et les leçons de Ninon Vallin destinaient Lambros : vers une carrière de concertiste probablement. Or voilà que le destin -le destin qui a bon dos- vient contrarier le chemin : l'organisateur de concerts Valmalète signale à Lambros que Jo Bouillon organise une audition pour remplacer son chanteur momentanément défaillant; ce n'est pas sa voie, ça, c'est contraire même à la voix qu'il prépare, mais il y va, séduit sans doute par la célébrité en marche de tels compagnons de cours, Jean Lumière, Reda Caire; et c'est lui que choisit Jo Bouillon !
Et Tasso si bon ne dit pas non ...et l'aide même, puisque telle est la tentation du neveu.
Ouf !
Et "ouf !" que double le premier succès d'applaudissements adressés à sa personne !
Et "ouf !" que triple le troisième succès plus important quand Mistinguett le repérant le prend avec procès à la clef de Jo Bouillon !
Après avoir endossé, Tasso a donc encaissé et, plus fort que ça, aidé, favorisé, ...tandis que la distance et le lointain le séparant des siens, ça fait rempart : ça s'arrange, ça s'oublie ...ou s'enfouit, tapi prêt à surgir, présent tout le temps, le sentiment de culpabilité : "Aussi est-ce avec une sorte de piété filiale que je prêtai mon concours à une soirée artistique donnée Salle Chopin lors du séjour à Paris du Prince et de la Princesse Georges de Grèce", écrit-il dans Les hasards fabuleux; aussi voit-il devant lui Tasso chaque fois qu'il chante la Valse en la de Brahms qu'il destine à l'oncle plus qu'au public, en forme de gratitude sinon comme signe qu'il n'a pas démérité.
Dualité sinon duplicité; et corde raide peut-être entre l'irrésistible tentation d'ici et les attentes déçues ou de colère d'Alexandrie.
Ne pas faillir, ne pas choir -ne pas décevoir !
Ce n'est pas aisé quand, fi de la Mis, tout à coup, on veut compter sur soi, partir, monter, briller en solitaire ...et que vient la guerre qui laissera à l'oubli un premier court métrage qui aurait pu le faire connaître grâce au ténor Antonio Pareira, devenu compositeur.
C'était en 1938. "Je me rappelle que rentrant des éditions Vedette où il était passé, papa partagea avec nous son enthousiasme après avoir rencontré le tout jeune Georges Lambros dont on commençait de parler, nous rapporte l'auteur célèbre, la princesse Myriam de Béarn, fille de cet artiste : "Son élégance naturelle, son très beau visage, sa musicalité, sa voix -enfin- très "personnelle", tout cela laisse prévoir une future star.", nous confia-t-il sans réserve. Il s'efforcera ainsi de l'aider, de le faire connaître (peut-être même l'accompagna-t-il au piano en tels "extras") : il lui composa les chansons d'un court métrage convenu avec le réalisateur Bernard-Roland et qui devait à leur sens concourir à lancer le jeune artiste qui leur donnait foi. Mais la guerre éclata au moment où Quand le coeur chante devait être produit."
La guerre.
1939.
A la fin de l'été, Georges part à Saint-Jean-de-Luz où est son oncle qu'accueille régulièrement Jacques Thibaut :
"A Zortico, mon neveu est venu me rejoindre. Je lui enjoins de regagner l'Egypte qui est son pays natal et où se trouve toute sa famille.", se souvient Tasso Janopoulo qui poursuit :
"Avec une froide détermination, il refuse :
"- La France n'est pas ma patrie, d'accord !, me dit-il. Mais, mon oncle, tu m'y as appelé et c'est le pays où je suis devenu un homme. Et parce que ce pays que j'aime est en guerre, je devrais partir pour sauver ma peau ? Qu'est-ce que cela vaut à côté de ce qu'on aime ?"
Georges décide de repartir à Paris pour se faire engager.
"Pour l'heure, l'exemple pour moi parle mieux que toutes les injonctions, continue Tasso : puisque mon neveu est inflexible, il partira mais je m'engagerai avec lui."
La raison avouée, n'en cache-t-elle pas une plus profonde qui n'exclut pas celle-là que prouve d'ailleurs la réponse officielle de l'Administration ? Rentrer après avoir commencé à grimper ce rocher escarpé du vedettariat, prendre la poudre d'escampette pour "la fuite en Egypte", c'est tomber au niveau zéro, c'est chuter ...et subir peut-être sarcasmes ...et anathème : il faut tenir !
Ivresse et fierté qui cachent, exorcisent, chassent peur ou malaise ?
Toujours est-il que refoulé en zone libre, désemparé et déboussolé -et s'approchant involontairement de la côte méditerranéenne qui peut avec la nostalgie l'amener à capituler : à rentrer-, il croise le célèbre accordéoniste Fredo Gardoni qui le reconnaît et veut l'engager. La joie le ranime : il devient Georges Guétary après s'être fait appeler Georges Lambros à Paris.
Soit, c'était plus prudent de s'appeler ainsi à l'époque, mais l'oncle, lui, ne renoncerait pas à ses nom et prénom grecs, bien qu'autant menacé ! Il faut reconnaître que c'était plus typique, "Guétary", et aussi plus aisément mis en mémoire du public. Mais c'était une rupture aussi -une nouvelle- : basta, fini Georges Lambros, je deviens autre, je deviens moi !
Et c'est un fait, un autre fait encore, que L'homme de nulle part, premier enregistrement connu de Georges Guétary, diffère assez de Seul sur la grève/Le vieux tilleul, seule trace trouvée de Georges Lambros : le timbre y est, l'aptitude, la clarté, la hauteur, mais aussi un certain corset, un certain cachet idique, tandis qu'après le passage par Gardoni précédé de Mistinguett, le mouvement, l'aisance, les élans imposent la griffe Guétary qui durant cinquante ans bougera moins qu'entre ces deux moments-là s'étalant sur cinq ans.
Guétary, Georges.
"Georges" deux fois pris, jamais remplacé.
"Georges" s'associant idéalement à "Guétary" (du nom de la plage basque de Guéthary proche de Saint-Jean-de-Luz), puisque de même première lettre porte-chance, puisque de même nombre de lettres 7 magique.
"Georges", prénom de papa.
Chance et magie, assertion de mama... dont il est, comme Poucet, septième né.
Mama adorée à qui il est si reconnaissant de lui avoir inculqué le discipline et la maîtrise, mama qu'il ravira dix ans plus tard aux frères et soeurs pour l'installer chez lui à Cannes en un pavillon qu'il lui construira et d'où elle ira à sa guise, grâce à sa fortune à lui, à Athènes, à Alexandrie, où elle le voudra voir ses autres enfants et petits-enfants.
Reconnaissance et amour à la mère.
Renaissance et gloire au père.
Au père perdu, mort sans qu'il le sache, Lambros, durant la guerre.
Père dont il dit peu mais assez pour savoir qu'il l'aimait et l'avait perdu une première fois déjà, là-bas chez eux à Alexandrie : quand vint la grande crise, il perdit son travail épuisant de planteur de coton, papa, et c'est l'aîné des enfants, Christos, qui avec mama, apporta l'argent, blessant à mort probablement et sans qu'il l'avouât ouvertement Georges Worloou :
"Avec la crise de 1929, évoque Les hasards fabuleux, mon père perdit son emploi et, pour nous faire vivre, maman, bien qu'enceinte, veillait toutes les nuits et fabriquait des chapeaux qu'elle allait dans la journée vendre de porte en porte.
"Comme nous arrivions au bout de nos ressources, mon frère Christos dut quitter le lycée pour entrer dans une compagnie d'assurances. Il n'en continuait pas moins à étudier le soir et à se perfectionner. Si bien qu'à l'âge de dix-sept ans, son salaire représentait une part si importante du budget familial que Christos en vint peu à peu à supplanter mon père et à prendre des décisions concernant notre vie quotidienne. Bien vite, les avis de Christos, puis ceux de Costas qui, à son tour, avait trouvé un emploi, différèrent de ceux de papa dont l'autorité naturelle se trouvait ainsi franchement contestée alors que, jusque-là, il avait été le patriarche incontesté. Il se fit mal à ce nouveau rôle et, plutôt que de se mesurer à ses fils aînés, il choisit de passer le plus clair de son temps à jouer aux cartes avec ses copains en fumant cigarette sur cigarette."
Père qu'il ravive en lui ravissant son prénom; prénom "Georges" par ailleurs symboliquement signe de terre ...contraire de la force primaire du Verseau, contraire, dualité toujours, du chant premier de Georges Guétary, L'homme de nulle part.
Père comme la mère ravi aux autres, fût-ce symboliquement.
Ravisseur...
Prométhée ?
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4. IMAGE MYTHOLOGIQUE ?

"La symbolisation mythique est un calcul psychologique exprimé en langage imagé", éclaire Paul Diel.
Mais Prométhée, c'est le feu qu'il ravit, aux dieux !
Mais la gloire, la puissance, l'argent, n'est-ce feu, comme feu qui le brûle de briller -de prouver ?
Et sinon Prométhée, Icare ? Tantale ?
Ou ces trois-là successivement ?
Quand, précédé de la gloire, il passera à Alexandrie en 1946, juste avant Londres qu'il sait l'attendre, juste après Athènes qui vient de porter son nom au Parthénon, ...et avant l'Amérique qui l'appellera, il l'ignore encore, Amérique que caractérise l'ère du Verseau, son signe d'air et de liberté -donc de fugues-, il allégera son âme en même temps que sa bourse au profit de la famille, conscient que gagner tant d'argent en si peu de temps, c'est injuste et suspect pour ceux qui sont restés : en même temps qu'il prouve sa reconnaissance, en même temps qu'il prouve qu'il s'est fait -en même temps qu'il s'est, s'il le fallait, fait pardonner-, il se dégage de la tutelle fraternelle, il s'acquitte.
Mais est-ce suffisant ? Inconsciemment suffisant ? Car tout cela, n'est-ce pas, s'infiltre, rampe, entortille comme serpent à l'insu de l'être.
"Il ne faut pas oublier que j'étais venu à Paris pour me perfectionner et que ma voie était toute tracée à l'exemple de celle de mon frère aîné dont j'admirais l'ascension sociale."
révèlent, assez significatifs, les souvenirs : "l'ascension sociale."
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5. IMAGE SOCIOLOGIQUE ?

"Le Grec", l'appelait-on en 1934-36 à Paris. Ce n'était pas méchant probablement, ni raciste certainement, venant des compagnons de cours divers. N'empêche, après avoir été chez lui le brillant, il subissait ici, fussent-ils gentils, les sarcasmes; et fût-elle cosmopolite, Alexandrie, sa "patrie", elle n'en était pas moins d'adoption sous tutelle anglaise. Jamais on ne l'a entendu exprimer un quelconque propos raciste. Il semblerait même qu'il dût atteindre ses trente-cinq ans pour devenir conscient du fait : à Broadway d'abord, quand le frappa l'animosité qui opposait Nanette Fabray, blanche, à Pearl Bailey, noire; à Los Angelès aussitôt après, quand s'éveillant d'une sieste sur une plage déserte, il découvrit qu'il y était le seul blanc.
Quelle superbe revanche en tout cas que ce triomphe du petit Lambros en si peu de temps devenu internationalement brillant alors que peu de temps encore auparavant, il allait pieds nus là-bas en Orient !
Et quelle superbe revanche hellène aussi !
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6. IMAGE ETHNIQUE ?

Sachons qu'en Egypte ils étaient les parias, en quelque sorte, les Grecs : des subalternes, des besogneux pour le moins, venus de Grèce mendier l'hospitalité et le travail, de Grèce vaincus d'où les avait chassés la poussée turque : dans le quartier Salah el Dine,
"(...) nos copains étaient de toutes origines : Italiens, Koptes, Arméniens, Français, Juifs d'Afrique du Nord... Et mis à part les Anglais qui étaient cordialement détestés -comme toute force occupante-, les rapports entre les diverses communautés étaient simples et fraternels."
Or, pour se faire admettre par l'Anglais, alors maître en Egypte, grand-père avait troqué la sonorité hellène de son nom Vorloglou contre l'assonance anglaise de Worloou (ou Worlow); tout avisé qu'il fût, il bafouait du coup son identité s'il ne la tuait. Car sachons que les Grecs connaissent leur passé d'exemplaire civilisation, qu'ils continuent aujourd'hui encore d'évoquer, même en milieux modestes tel que celui du petit Lambros qui entendait chanter son pays, le soir, par papa s'accompagnant à la guitare.
"Avec quelle émotion Georges parle ensuite des soirées familiales de son enfance : la plus grande joie de tous était, le soir venu, de se réunir autour du père et de l'écouter chanter en s'accompagnant de la guitare.
- Quand j'étais très sage, poursuit mon neveu, papa me permettait d'en jouer à mon tour. Il chantait avec moi."
se rappelle Tasso.
Ainsi, plus qu'une identité reconquise, c'est une identité conquise qu'il imposerait après l'avoir créée ...ainsi qu'une divinité.
Car Georges Guétary c'est personne dans le sens strict ! Il n'y a pas de père Guétary ! Il se crée, il se fait naître et du même coup renie la réalité de naissance Egypto-grecque, puisqu'il demande la naturalisation française.
Paradoxe !
D'autant plus paradoxal que c'est au moment très précisément où sa mère -la mère-terre- arrive en France : au théâtre du Châtelet où le Président Vincent Auriol la lui accordera, au théâtre du Châtelet où elle lui apparaît venue directement l'applaudir arrivée d'Alexandrie.
Il incarnait à ce moment-là qui souleva l'imaginaire tant il y parut proprement "rayonnant", comme le qualifie justement Fernand Sardou, un magnifique Don Carlos, ce roi que châtia l'exil !
Nous voilà bien au-delà du paradoxe : dans la mise en dérisoire de l'illusoire !
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7. IMAGE POLITICO-PATRIOTIQUE ?

Car est-il dès lors véritablement Français ?
Jamais il ne cessera de dire qu'il est Grec !
Admettons qu'il y ait là-derrière -peut-être- des raisons platement matérielles, telles qu'administratives, de droit de séjour, de domicile, etc. Ça n'empêche rien, ça n'exclut pas cette autre réalité plus impalpable mais combien plus riche d'extrapolation !
Car revenons à ce "Guétary".
Il le prend -il le vole !-, ce nom, à la plage basque de Guéthary. Au grand dam de ce peuple qui aime et apprécie le chant, et n'apprécie pas qu'un étranger, qu'une voix d'ailleurs usurpe son identité, à laquelle il est très farouchement attaché. A ce vol, à ce rapt -le troisième !- s'ajoute la défiguration : h disparaît du nom, à cause du faussaire de cartes d'identités pour comble d'ironie gitan, soit sans patrie !
"Décidément, ce Georges, c'est quelqu'un !" pastichera-t-on par la chanson.
Etrange : l'homme de nulle part avec une voix comme personne fait un homme, fait un Nom... sinon une nation !
Mais c'est tout un mythe, ce Guétary !
Pour quelle puissante symbolique !
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8. IMAGE HOMÉRIQUE ?

Cette malice, cette ruse propre à Ulysse, son illustre compatriote, il en a la maîtrise déconcertante, dont nous ne citerons qu'un lointain exemple innocent.
En 1935 ou 36, là-bas à Saint-Jean-de-Luz, l'oncle Tasso n'a pu s'empêcher de vanter les mérites sportifs de son neveu, ses qualités de nageur émérite. Soit, on va voir ça, se dit-on là : qui ramènera le canard qu'on va laisser au loin sur les flots ? Les jeunes autochtones forcent leurs brasses et leurs crawls contre les flots, tandis que Lambros fait la planche, joue la tortue de la fable ...et fait rougir de honte Tonton qui n'a pas prévu, pas plus que tous ces hurluberlus, qu'un canard, ça n'aime pas la mer : Lambros, lui, savait qu'il suffisait d'attendre le volatile au lieu de s'épuiser à aller le quérir !
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9. IMAGE SYMBOLIQUE ?

Mais retournons encore à cette identité basque usurpée, faussée par un gitan, prestigieusement authentifiée française et tout compte fait laissée pour rien puisque Georges Guétary vantera toujours son appartenance hellène : quel sens donner à ce jeu de cache-cache ?
Le mépris des règles d'Etats ?
La gifle à l'Anglais occupant (et rappelons qu'il a conquis Londres ...où vint l'applaudir et le féliciter la famille royale -dont le prince Philip est, sans qu'il le sache même alors, Georges, Grec !) et au-delà de l'Anglais et du Turc à tout conquérant, à tout laboureur d'ethnie et de civilisation ? Ayant mis à rien son patronyme défiguré par le nom trafiqué, Lambros s'est refait à sa guise, neuf, libre, conquérant victorieux sans violence mais par le charme, par le chant -par ce souffle, substance créatrice des dieux : apatride sublime, Georges Guétary reconquiert l'image hellène de rayonnement solaire, monte en Olympe au rang de demi-dieu : le père qui lui chantait la Grèce, le père-esprit peut être ravi, son fils septième comme en les contes a rendu la fierté à son essence, a rappelé qu'un vainqueur militaire est toujours un vaincu de civilisation !
"Pas étonnant après tel exploit qu'il ait pu parfois prendre la grosse tête !", ironisera-t-on.
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10. IMAGE CARACTÉROLOGIQUE ?

Il sait reconnaître que la vanité l'a animé :
"Cette intense activité (<1948>) me valait les honneurs de la presse et un public d'admiratrices sans cesse croissant. Je commençais à vivre "en pointillé", sautant d'un train pour monter en voiture, d'un plateau de cinéma pour un studio d'enregistrement, allant de galas en tournées. J'étais devenu la vedette qu'on adulait, qu'on interviewait à tout propos, qu'on fêtait à toutes les manifestations parisiennes et dont les magazines avides de sensationnel forgeaient peu à peu la légende. L'argent me brûlait les doigts et je n'admettais plus la moindre contradiction. Je connaissais une espèce de folie comparable au vertige qu'éprouvent les plongeurs sous-marins. Je planais... Il me semblait tout à fait normal que les femmes me tombent dans les bras ou qu'elles s'évanouissent en m'entendant chanter, que le public s'écrase dans les music-halls où je passais et d'être ovationné à la fin de mon tour de chant.
(...)
"Par chance, dans cet univers détraqué, j'avais, moi, deux juges implacables qui, loin de me considérer comme le plus beau, le plus doué, ne se gênaient nullement pour me critiquer et... m'engueuler si besoin était : mon oncle Tasso et la grosse Henriette qui m'ont préservé de devenir une star prétentieuse et ont su me replacer dans le chemin des réalités."
Mais le mal le reprendrait, et si la jeunesse pouvait expliquer, excuser Dédale, suivrait Tantale : comment renoncer aux contrats à la gloire qui tentait, qui brûlait ?
Par le foyer, pardi !
Que dans son ombre tapie, mama lui reprochait de ne pas fonder; que dans son miroir son image infatuée lui conseilla en la quarantaine de conscience de créer.
Pas aisé pour un Verseau volage d'entrer en cage !
Il fallait une femme d'intelligence et de patience rares !
Ce fut Janine Guyon, réalisatrice à la télévision. Qui put comprendre et supporter des incartades; qui put guider et amener à paternité.
Bonheur et fierté d'une autre tonalité qui ravit mama en même temps que Tasso dont le livre d'ailleurs se clôt par un dialogue imaginaire avec le petit-neveu qu'il anticipe grand, François ...ainsi prénommé parce que Français -et se poursuit la facétie, on le verra.
Certes, le signe d'air Verseau, quoique plus vraisemblablement le métier, avait pu retarder la genèse d'un foyer. Or, la famille, pour un Grec, pour un Méditerranéen, c'est beau, c'est grand, c'est sacré, c'est impératif : une autre raison plus obscure, et inconsciente, plus profonde que les apparentes possibles, n'avait-elle atermoyé sa réalité ?
Il est si attaché à son origine, Georges Guétary, qu'il lui arrive de préciser qu'ils furent treize enfants dans sa famille d'Alexandrie, alors que dix sont recensés. Ce n'est pas que la mémoire lui joue des tours, ce n'est pas qu'il galéjade : c'est qu'il ne laisse pas à néant trois fausses couches. Là encore il ranime... jupitérien toujours.
Quel frein dès lors plus puissant que celui des courses autour du monde put donc le retenir ?
L'image de mama adorée mais aussi abîmée par tant de grossesses qui la rendaient mère encore quand grand-mère déjà ? L'image ainsi d'un père irresponsable quoique adulé, image de plus en plus écornée quand les frères le supplanteront ? Ainsi s'expliquerait son double rapt : garder en soi l'image idéalisée ...en attente de la réaliser ? Or voici qu'après la rédemption hellène vient la rédemption de la famille : la terre-mère, le père-esprit sont ressuscités, ils peuvent dormir en paix -et lui, être apaisé.
Mais suivra Hélène -"puisque Hellène" : on a compris, la poursuite du jeu de l'oie ?-, autre sujet de fierté, d'orgueil, sinon de vanité renaissante.
Car il continue de quérir la gloire alors qu'il pourrait s'arrêter, car il continue alors d'être méprisant dans la vanité ?
"Soyons francs. Aujourd'hui encore, lorsque les engagements se succèdent un peu vite, je me surprends à parler d'une façon différente aux producteurs ou à mes partenaires"
...ou à quiconque se trouvant à portée de ses gifles :
"Pendant dix merveilleuses années, Guétary a supporté mon humeur indisciplinée et je me suis arrangé de son caractère entier, d'une impitoyable franchise.",
note Jean Richard -qu'il convient de compléter en précisant que sont imparables ces franchises, tant elles sont inattendues et excessives, imprévisibles; mais sans lendemain, lequel peut être d'amabilité, de cordialité et d'appel tout aussi imprévisibles ...et irrésistibles.
"En même temps que la voix change, l'ensemble de la personnalité évolue vers plus de transparence
nous apprend Serge Wilfart qui poursuit :
de plus en plus, l'élève ose être en force et en jugement, tant face à soi-même que sous le regard d'autrui."
Ayant retrouvé et entretenu et maintenu sa voix originelle -que les dressages continuels nous font perdre, banals mortels-, il aurait atteint dans sa superbe sa nature Verseau ?
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11. THÉATRALE ou AUTHENTIQUE ?

Décembre 1993 -puisqu'il faut bien choisir, se réduire.
La pluie n'a cessé de tomber, drue, intense, depuis des semaines, et les inondations ont partiellement sinistré Cannes où il habite parfois : le toit d'un pavillon de sa propriété s'est écroulé, ses chiens ont été envahis de puces, et le maire l'invitait à son mariage tandis qu'il devait appeler les ouvriers, aller chez le vétérinaire, et répéter, repartir en tournée, être là ce dimanche après-midi au théâtre à plus de mille kilomètres de chez lui. Combien se seraient abattus, seraient restés contrariés ? Lui, il raconte. Et la situation prend dans sa bouche et dans sa gestuelle une dimension quasi épique; il n'est plus une victime, jouet des éléments, il est sujet, acteur-voyeur d'une geste véritablement; et vous êtes l'objet, happé par le conteur magnifique !
"Il gesticule et ses mouvements tracent comme un sillage fluorescent, car il est théâtral par inadvertance, théâtral au sens rigoureux du terme puisque la définition du mot est : "Qui appartient au théâtre", le préface très justement Frédéric Dard qui précise : Georges fait mieux qu'appartenir au théâtre, il est le théâtre. C'est une opérette perpétuelle ! Qu'il joue au volley ou vous passe le ravier de hors-d'oeuvre, il garde le même rayonnement scénique. Il vit naturellement en état de représentation, ce qui explique qu'il soit naturel à la scène."
Nature qui fait qu'on se demande en effet si on est dans le vrai ou bien dans l'irréel quand on est avec lui, lui dont la voix telle que sur la scène, telle que sur le disque -telle que dans le chant- brille, emplit l'espace, envoûte et vous prend en parlant.
Ainsi naturellement théâtral parce que la voix l'a rendu tel ?
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12. IMAGE VOCALIQUE ?

Car si la voix reflète la santé, le travail sur la voix à l'inverse rend la santé, change l'être, lui rend âme.
L'âme : la cavata.
"Georges Guétary a-t-il la cavata ?"
s'interrogeait autrefois un journaliste intrigué comme tant d'autres par cette particularité du timbre.
"La cavata, expliquait-il, c'est le charme mystérieux qui fait vibrer les cordes du violon des très grands virtuoses."
Or quand il parle, parle, parle en aparté, volubile à l'infini, Georges Guétary dans la vie, écoute-t-on ce qu'il dit ou se grise-t-on de la parole qui vole et fait qu'on décolle ? Certes, il emmène, enlève, emporte dans son sillage d'anecdotes de projets, de tactiques et de rires (car il est gai, gai, gai, toujours gai); certes, il subjugue et ravit par le discours inattendu et fascinant vraiment; mais il capte tout autant par son chant permanent qui déborde par tant de riches et rares harmoniques qui émergent de tout son être qui vous fait vibrer à votre tour -et telle est une autre part de sa dynamique, celle de la contagion qui court-circuite la vôtre en hibernation à laquelle il donne animation, soit âme !
"En effet, au-delà de la qualité, de la couleur de la voix, au-delà d'une certaine richesse due à l'anatomie de l'émetteur, il existe en profondeur une autre appréciation fondée sur les sensations déclenchées par le chanteur, confirme le Professeur Tomatis. Celles-ci se répercutent alors sur l'auditeur, tant il est vrai que chanter, c'est jouer du corps de l'autre, tout comme parler d'ailleurs."
Et par cette "voix osseuse" peut-être, si chère au Professeur Tomatis, voix faisant résonner toute la charpente du corps, Georges Guétary ne fait-il proprement chanter, chanter l'être qui s'enchante, comme Iva Barthélémy confirme la réalité du fait quand la subjugue elle aussi telle voix au bout du fil, une voix hors des communes et des malades et des coincées qu'elle vient de décrire ?
"(...) Et puis bien sûr, la voix séduisante, ensorcelante, enveloppante, toutes vibrations déployées, je résiste mal à cet étalage de charme et le choix des mots, presque toujours, ajoute à mon plaisir... Laissons libre cours à notre imagination : j'ai Don Juan au bout du fil."
"C'est assez dire que la vibration prime sur le mot, parce qu'elle est plus révélatrice que lui, insiste Serge Wilfart; la vibration authentifie le mot et le mot ne prend tout son sens que s'il est en harmonie avec la vérité vibratoire de la voix qui l'exprime."
Car si Georges Guétary, le Grec, vous sort dans le courant français étonnamment assimilé des mots rares que vous n'attendez pas, ce n'est pas seulement ce choix qui vous choie, mais sa manière particulière de sculpter chacun comme en son chant : de rendre chaque mot vivant et fascinant, allumeur de vie.
"Pour réintroduire le minimum vital de sens dans nos existences appauvries, précise ainsi Serge Wilfart, il nous faudrait redécouvrir la tradition orale et, parallèlement, réutiliser les alphabets tridimensionnels conciliant mots et sons, esprit et lettre, phonogrammes et chiffres, comme dans la kabbale, ou encore tendre, à travers la belle écriture, à une synthèse picturale du monde des apparences et des principes, comme dans la calligraphie traditionnelle."
Or, reflet également de la santé et de l'être -et de l'âme-, l'écriture, de Georges Guétary reste en ses quatre-vingts ans approchants ferme, élégante et belle comme est nette et franche et légèrement montante sa signature toujours pareille depuis sa création. Calque du son. Dont l'articulation cisèle chaque voyelle ["La parole, sonorisée par la voyelle, est l'alchimiste de l'âme" (Dia Sym)], voyelle qui s'emperle dans l'accentuation large, intense et constante qui anime l'espace tout à coup ensoleillé de ce débit passionné -et passionnant.
Car n'est-elle, cette parole, d'un passionné selon la caractérologie de Le Senne par laquelle le Docteur Mary-Louise Marco-Dutoit pense qu'"on peut tenter de tracer une caractérologie vocale" ?
"Le passionné, lui, peut se livrer à toutes sortes d'excès : de la tendresse exprimée sur un souffle, les muscles expiratoires ne font aucun effort (...); cette décontraction, cette détente musculaire exprime l'absence de velléité agressive et justifie en partie la métaphore de la "voix caressante". De la colère à la joie, les traits sonores de l'agressivité à la tendresse se mêlent, la hauteur tonale monte, subit de brusques sauts où les accents s'entendent plus nombreux, où les inflexions sont plutôt ascendantes et où le mouvement mélodique est sautillant, capricieux, imprévisible. La joie reflète donc des mouvements très vifs, très irréguliers, voltigeants, une aspiration dynamique vers le haut d'où l'expression populaire : "la joie nous prête des ailes"
"(...) sachez, surenchérit Michel Serres, que tout vient de l'assise, de l'assiette, de la tenue à la terre, de la sustentation, de la prise animale du sol par la plante des pieds, de l'accrochage solide à de longues racines par les orteils, que je ne sais quelle source brûlante vient de je ne sais quel courant chtonien [v. V !] et que tout monte le long des colonnes musculaires des jambes, des cuisses, des fesses et de l'abdomen, que cette voix qui crie ou qui dit, qui signifie, doit son inspiration profonde à cette fondation, et que vous ressemblez ce jour, ce soir ou cette nuit à l'antique Pythie qui ne pouvait dire ou signifier qu'au-dessus des vapeurs émanées du ventre de la terre, vous pouvez les capter avec les membres inférieurs : la voix vole si les ailes du verbe vous poussent aux chevilles; vous reconnaîtrez que vous pouvez parler, chanter, incarner le verbe dans votre corps au bonheur des genoux et des métatarses. La musique, le sens, comme l'extase sont issus de ces ressorts. La voix volante vient de la terre, par le corps-volcan. L'âme vente de plain-pied."
"Je lui ai appris à bien marcher, je lui ai appris à bien chanter", revendique Mistinguett...
"Dès la naissance de l'astrologie, on a attribué les différentes partie du corps et les maladies qui s'y attachent aux signes du zodiaque", surprend l'astrologie qui souligne : "Même Hippocrate obligeait ses élèves à étudier l'anatomie zodiacale. Ainsi, le Verseau correspond aux mollets, aux chevilles et à la circulation du sang."
Qu'ajouter ?
Que se confirme que la voix dynamise l'être, esprit et corps qui s'érigent enchantés par écho-résurgence de cette voix lointaine qui venait nous appeler à verticalité en notre errance matricielle -en "cette source brûlante"; que s'impose brusquement comme fondamental ce qui se prenait comme banal, anecdotique et même comique : les juvéniles exploits sportifs de l'artiste, courses et sauts, comme sa fascination ensuite pour le ballon que le volley-bail fit passion -et revient, précis, significatif l'ahurissement de Francis Lemarque quand avant fin d'une émission qui les avait réunis à Paris le 1er janvier 1994, Georges Guétary s'en va :
- Tu t'en vas ?
- Je dois prendre l'avion : je rentre à Cannes.
- Quoi! Tu es venu de Cannes ?
Guétary rit, dit :
- Oui !
Francis Lemarque reste ébahi.
Lui, il rit -rit encore, rit toujours, rit tout le temps-, il complète :
- Je suis venu, j'ai fait mon métier. Maintenant je repars : je vais retrouver la maison, ma femme, mes enfants, je vais jouer avec les enfants.
- Tu ?...
Ils ont trente-six et trente-huit ans, les enfants.
Il rit :
- Oui, nous allons jouer au ballon.
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13. IMAGE LUDIQUE ?

Âme d'enfant ("L'âme vente de plain-pied"), âme qui rit, âme qui vit, image d'Hermès, fera percevoir Michel Serres -image Verseau, dira son thème astral-, figure d'une nature théâtralement authentique qui se joue des conventions socio-politiques, qui transfigure le quotidien maléfique, qui manipule l'humain à sa guise, ludique comme tyrannique, homérique touchée de grâce mythologique, Georges Guétary est image du chant, source de vie.
"Rendre l'âme en un dernier soupir", dit l'expression courante. Comme si tout au long de la vie on l'avait cachée. Georges Guétary, lui, la reflète par sa voix qui est chant tout le temps, voix et chant de vie qu'elles honorent et glorifient; qui se rient de la mort ?
"Je n'ai qu'un souci
"c'est de rester jeune
"dans la vie !",
ça peut se convertir en retournement d'interprétation : "Tant que tu chantes, clair, tu vis joyeux et tu restes jeune !" C'est vrai, c'est exemplaire. C'est vrai aussi que le rire et la parole, ça se partage -qu'il leur faut un écho, une écoute : un auditoire. Mais de là à la gloire, à la course exacerbée à la gloire ?
Exorcisme ?
A moins que nos critères et décryptages ne concernent pas cette stratosphère où il flotte
-image du mirage en rivage ?-
ou qu'il attende, Prométhée après Tantale, que l'aigle qui lui ronge le foie soit tué par Héraclès ? Or la flèche n'est-elle voix, voix qui chante, charme, désarme, arme l'âme, enchante ?
"Je n'ai pensé qu'à t'emporter
"Près de la mer où je suis né,
"C'est la raison de ma chanson
"D'amour.
"Lalala, Lalalalalalalalalalalalala,
-"Musique"-
"Lalala, Lalalalalalalalalalalalala,
-"Musique"-
"Lalala, Lalalalalalalalalalalalala,
-"Musique"-
"Lalala, Lalalalalalalalalalalalala,
-"Musique"-

"Lalala, Lalalalalalalalalalalalala,
-"Musique"-
"Lalala, Lalalalalalalalalalalalala,
-"Musique"-
...
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Traits remarquables de l'image astrologique.

Verseau, cf. Brigitte Chéret :

Le Verseau est un signe d'Air et n'a rien à voir avec l'Eau.
Un des mythes du Verseau est Pégase, le cheval ailé associé à l'imagination poétique; il atteignit le ciel et fut placé parmi les étoiles de la constellation qui porte son nom.
Un autre mythe est celui de Ganymède, jeune homme d'une beauté si éclatante que Zeus transformé en aigle l'enleva pour le placer dans l'Olympe.

Verseau, cf.Laurence Petit :

Fantaisiste, imaginatif, aérien, spontané, insouciant, libre comme l'air... Le Verseau ne manque pas de charme, il force de nombreuses sympathies.
Le Verseau est un signe de communication.
Une seule conquête l'intéresse... celle de sa propre liberté et, à travers les autres, celle de la société à laquelle il appartient.
Création : c'est l'un des aspects les plus évidents du natif.
Très tôt il entend voler de ses propres ailes. (...) est un éternel fugueur, toujours à la recherche d'une terre promise. De temps à autre il visitera sa famille, pour ne pas rompre tout à fait les liens et parce qu'il ressent certains d'entre eux de manière sensible, humaine.
Toujours en effervescence, le natif se fait un devoir de ne jamais s'habituer à une pensée, à une idée. (...) Son imagination galopante, débridée, l'entraîne sur des chemins de traverse que n'empruntent pas toujours les hommes de son siècle. Il s'en moque. Il fait confiance à ses rêves, même s'ils ne correspondent pas à la réalité du moment.
Liberté : c'est le mot-clé du Verseau, son aspiration la plus folle, la plus forte.
Le natif n'envisage pas la vie sédentaire. Pourtant l'union affective avec une femme qu'il aime et admire le tourmente souvent.
Tendu vers l'avant, le Verseau n'a pas le temps de s'éterniser en regrets. Aucune douleur ancienne ne lui ronge le foie.

Tigre (astrologie chinoise), cf. Laurence Petit Shao-Hin :

(...) déteste les conventions amoureuses de nos pères qu'il juge dépassées.
A le voir agir, il semble que nul ne peut stopper sa course.
Le charme du Tigre est aussi irrésistible qu'anti-conventionnel.
Le Tigre ne donne pas de conseils mais des ordres !
Son franc-parler, son indépendance et sa détermination ne laissent pas le coeur tiède. Un Tigre se fait adorer ou haïr mais ne laisse personne indifférent. Superbe et généreux, son autorité semble de droit divin, et ne sera pas du goût de tout le monde. D'autant qu'il sait d'un coup de griffes acérées et précis frapper exactement sur le point faible de l'autre sans pitié.
Il possède un grand pouvoir de clairvoyance, et une extrême rapidité de pensée. S'il n'aime pas les profondeurs, c'est qu'il s'attache à la forme plus qu'au fond, car il a besoin sans cesse de mettre en plein jour, même l'ineffable. Peu influencé par les idées communes, son jugement sera tranchant comme le sabre, ses opinions neuves comme la rosée matinale. Sa pensée ne vit à l'aise qu'en toute indépendance et son savoir ne sera jamais livresque.
Le Tigre déteste les institutions. Il préfère vivre en toute liberté; même s'il vit chaque jour avec la même personne, il aura souvent un autre domicile pour se sentir indépendant. Il veut que son compagnon soit brillant et en même temps uniquement préoccupé de lui.
Si le Tigre possède un orgueil démesuré, il a aussi l'humour de savoir parfois rire de lui-même.
Le Tigre ne peut agir sans passion. C'est la clef de voûte de la construction de sa vie, aussi bien dans le travail que dans ses amours.
C'est un chef né. (...) Ce signe semble être toujours voué à la réussite qu'il attire avec chance et savoir-faire.
Le Tigre est un être émotif. Il agit et réagit sur l'instant, et son coup de griffes sera cruel car il a mauvais caractère. Mais pour qu'il s'encombre de rancune, il faut qu'une nouvelle émotion vienne raviver une plaie assez profonde pour ne pas s'être refermée.
Il ne peut vivre sans séduire, car c'est pour lui la clé magique qui lui ouvre la porte de l'aventure. (...) Mais pour le séduire, (...) et surtout être disponible.

Suzanne White, cf. double astrologie :

Les Verseau/Tigres aiment rester jeunes. C'est pourquoi il est rare qu'ils se marient et fondent une famille dans leur jeunesse.
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