L'eau, source de vie et d'inspiration

L'eau, un enjeu vital

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LES DIVINITES DE LA MER

POSEÏDON AMPHITRITE
OCEANOS LES NEREIDES
TRITON THETIS
PONTOS GALATEE
NEREE LE NOM DES NEREIDES
PROTEE LES SIRENES
PHORCYS CHARYBDE ET SCYLLA
GLAUCOS LES TELCHINES

 


 

POSEIDON


Etymologiquement, le nom de Poséidon contient la racine indo-européenne " pot " signifiant le pouvoir.

Lors du partage du monde entre les trois fils de Cronos, il reçoit l'empire de la mer. Il vit dans un palais d'or au fond de la mer Egée. Il se déplace sur les flots dans un char traîné par des animaux mi-chevaux, mi-serpents, escorté de poissons, de dauphins ou encore de divinités marines comme les belles Néréides, les Tritons ou Protée qui garde les troupeaux de phoques du dieu.

Il est donc le dieu de la mer et de l'élément liquide. Fils de Cronos et de Rhéa, il fut à sa naissance avalé par son père, comme tous ses frères et sœurs, à l'exception de Zeus, qui parvint à faire régurgiter à Cronos tous ses enfants. Il reçut son trident des Cyclopes en remerciement de son aide dans le combat contre les Titans. Celui-ci restera son attribut et il l'utilisera pour déchaîner les tempêtes et les tremblements de terre.

Son épouse légitime est Amphitrite et de cette union naquirent Triton, Rodée et Benthésicymé. Mais il s'unit à quantité d'autres femmes. Ainsi, sa progéniture est innombrable : de , il eut le géant Antée. Il s'unit à aussi à sa sœur Déméter sous la forme d'un cheval, alors qu'elle avait tenté de lui échapper en se changeant en jument. Elle mit au monde le cheval Aréion et une fille. Il posséda aussi Méduse qui donna naissance au cheval Pégase. Il est aussi le père de nombreux héros et l'ancêtre mythique de familles royales. Ainsi, descendent de lui Agénor et Cadmos. Mais il engendra aussi des monstres comme Polyphème, les Aloades, Cercyon, Scririon, Lamos, Orion et encore bien d'autres.

De caractère ambitieux et querelleur, il complota avec Héra , excédée des infidélités de Zeus. Aidés des Olympiens, ils lièrent Zeus pendant son sommeil. Mais celui-ci, libéré par Thétis et Briarée, châtia les coupables. Ainsi, Poséidon et Apollon furent condamnés à servir comme esclaves durant un an chez Laomédon et construisirent pour lui les remparts de Troie. Comme le salaire convenu n'était pas respecté, ils se vengèrent : Apollon en déchaînant une peste et Poséidon en faisant surgir de la mer un monstre.

Poséidon entra souvent en conflit avec d'autres dieux :
Ø A Athènes, il se vit vaincu par Athéna : frappant le rocher de l'Acropole de son trident, il fit jaillir une source d'eau salée tandis que la déesse faisait pousser un olivier. Ce don fut préférable. Poséidon en représailles, inonda une partie de l'Attique.

Ø A Argos, il se heurta à Héra. Les trois dieux fleuves du pays ayant marqué leur faveur pour la déesse, celle-ci l'emporta et Poséidon pour se venger assécha tous les cours d'eau. Toutefois, cette malédiction s'arrêta lorsque le dieu tomba amoureux d'Amymoné. En effet, celle-ci étant envoyée pour chercher de l'eau, fut attaquée par un satyre. Alors Poséidon d'un coup de trident débarrassa la jeune fille du satyre et il fit jaillir pour elle une source d'eau douce, en échange de quoi, elle accepta de s'unir à lui.

Ø D'autres tentatives du dieu pour affirmer sa puissance restèrent sans succès : il fut supplanté à Delphes par Apollon, à Egine par Zeus, à Naxos par Dionysos, à Trézène par Athéna. Mais à Corinthe où il était en conflit avec Hélios, si la citadelle revint à ce dernier, le reste du pays fut donné à Poséidon. 

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OCEANOS


Au -delà de la mer, les Grecs primitifs et les Chaldéens pensaient qu'il y avait un fleuve immense qui encerclait tout l'univers. C'était le fleuve Oceanos, né de Ouranos ( le ciel) et de Gé ( la Terre).
Celui-ci n'ayant ni source ni embouchure, donnait naissance " à tous les fleuves, à toute les mers, à tous les puits profonds. "

Il épousa sa sœur Thétis. C'est ainsi que 3000 Océanides et 3000 fleuves ont vu le jour. Selon une tradition, Héra aurait été élevée par Oceanos et Thétis dans leur palais situé à l'occident du monde.

Oceanos, étant vieux comme le monde même, est représenté par un vieillard assis sur les ondes de la mer, avec une pipe à la main et un monstre marin à ses côtés. Ce vieillard tient aussi une urne et verse de l'eau, symbole de la mer, des fleuves et des fontaines.
D'après Homère, tous les dieux tirent leurs origines d'Oceanos et de Thétis.
Ce même poète nous montre aussi que les dieux se rendent souvent en Ethiopie pour visiter l'Océan et que c'est à cet endroit que ceux-ci peuvent participer aux fêtes et aux sacrifices. 

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TRITON


Fils de Poséidon et d'Amphitrite ; Triton était mi-homme, mi-poisson. Il habitait avec son père dans les profondeurs de la mer, mais il séjournait de préférence près des côtes de Libye.
Il semblerait même que Triton soit à l'origine une divinité purement libyenne, à moins que les colons minoens n'aient porté cette divinité avec eux en Afrique .

Triton possédait les mêmes pouvoirs que son père, Poséidon, il pouvait donc soit apaiser, soit soulever les flots. Il se déplaçait sur les flots dans un char attelé de chevaux dont les pattes se terminaient par des pinces d'écrevisse.

Bienveillant et serviable, Triton contribua à la victoire des Olympiens contre les Géants en épouvantant ceux-ci par le son de sa conque.
Il aida aussi les Argonautes de ses conseils et leur donna la possibilité de continuer leur navigation, leur vaisseau ayant été jeté sur la côte libyenne par une tempête.
C'est également à Triton que Zeus demanda de faire reculer les eaux du Déluge.

De son nom, Triton, apparurent les génies marins, les Tritons. Ceux-ci étaient des êtres mi-homme, mi-poisson, au corps couvert d'écailles, aux dents pointues, aux doigts armés de griffes. Leur ventre et leur poitrine étaient munis de nageoires, quant à leurs jambes, ils déroulaient derrière eux une double queue de monstre marin. 
Ces génies marins se trouvaient autour du char d'Amphitrite qu'escortaient les gracieuses Néréides. 
Parmi ces Tritons, certains avaient deux jambes de cheval et étaient appelés Centaures-Tritons. 

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PONTOS

Pontos ou Pontus signifie abîme de la mer. Il a été enfanté par Gé et a épousé sa propre mère, avec laquelle il a eu 5 enfants : Thaumas, Phorcys, Céto, Eurybié, Nérée.

Pontos n'est autre que la mer personnifiée. De lui, il ne nous reste que son nom dont les poètes se plurent par la suite à désigner la mer. 

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NEREE

Nérée est l'un des " Vieillards de la Mer " - parfois même le " Vieillard de la Mer " par excellence.
Il est le fils de Pontos (le Flot marin) et de Gé (la Terre) et, il est également, le frère de Phorcys, Céto et Eurybié. Il eut pour femme Doris, une autre fille d'Océan, et, avec elle, il engendra les Néréides.
Nérée est l'une des figures qui interviennent le plus fréquemment dans le folklore marin de la Grèce. Plus ancien que Poséidon, qui est de la génération des dieux olympiens, Nérée compte parmi les dieux des forces élémentaires du monde. 

Comme la plupart des divinités marines, Nérée possède le pouvoir de se métamorphoser en divers animaux ou êtres vivants. Ce pouvoir lui servit notamment lorsqu'il essaya d'échapper aux questions d'Héraklès, qui lui demandait le moyen de parvenir au pays des Hespérides.
Généralement, Nérée est considéré comme un dieu bienfaisant et bienveillant pour les marins. On le représente avec une barbe blanche, chevauchant un Triton et armé du trident.


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PROTEE


Protée est un des " vieillards de la mer ", il est le fils d'Oceanos qui avait pour mission de garder les troupeaux de phoques de Poséidon. Chaque jour, à midi, il sortait des flots et venait se reposer sur le rivage, à l'abri d'un rocher. Autour de lui dormaient en troupes serrées les phoques. 

C'était le moment propice pour obtenir du sage Protée la révélation des destins cachés, car il connaissait l'avenir et sa parole était véridique. Mais, comme il ne rendait ses oracles que si on l'y contraignait, il importait d'abord de s'emparer de sa personne ; entreprise malaisée, car Protée pouvait à son gré prendre les formes les plus diverses, et, pour échapper aux liens dont on l'avait enserré, se métamorphosait tour à tour en lion, en dragon, en panthère, en eau, en feu, en arbre… Il suffisait cependant de ne pas se laisser intimider par ces métamorphoses. Protée alors s'avouait vaincu et parlait. 
On représentait Protée sous les traits d'un vieillard et on lui assignait pour résidence l'île de Pharos, sur les côtes d'Egypte. Cette localisation résultait sans doute d'une confusion avec un roi fabuleux d'Egypte, qui portait également le nom de Protée. On disait de ce dernier qu'il avait accueilli Pâris et Hélène, fuyant de Sparte, mais qu'il avait retenu près de lui la femme de Ménélas pour la rendre plus tard à son légitime époux. On disait aussi que, ayant passé d'Egypte en Thrace, il s'y était marié. Plus tard, irrité des cruautés de ses deux fils, Tmolos et Télégone, il voulut retourner en Egypte, et Poséidon lui creusa sous la mer un chemin qui le ramena à Pharos .

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PHORCYS

Phorcys est selon Homère le " vieillard qui commande aux flots ". Homère lui donne aussi pour fille la nymphe Thoossa, qui engendra avec Poséidon le monstrueux Polyphème. 
Selon Hésiode, Phorcys était le fils de Pontos et de Gé. Il épousa sa sœur Céto, et engendra les Grées, les Gorgones, le dragon Ladon, et peut-être même les Hespérides.
On disait aussi que Scylla était née des amours de Phorcys avec Hécate. 
A en juger par sa farouche descendance, Phorcys devait personnifier aux yeux des Grecs la mer perfide et mauvaise. Son nom même semble indiquer l'écume blanchâtre qui couronne la crête des vagues. 


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GLAUCOS

Son nom fait songer au bleu sombre dont se colore la mer lorsque le vent commence à s'élever. Diverses légendes couraient sur Glaucos. C'était, disait-on, un humble pêcheur d'Anthédon. Un jour qu'il revenait de la pêche, il déposa ses poissons sur l'herbe qui couvrait le rivage et les vit aussitôt bondir et se rejeter dans la mer. Ayant goûté à cette herbe, il fut lui-même changé en Triton, s'élança dans les flots et fut admis au nombre des dieux par les divinités marines.

On racontait aussi que, Glaucos qui poursuivait un lièvre, Glaucos vit cet animal avaler un brin d'herbe et recouvrer aussitôt une agilité nouvelle. Intrigué, Glaucos goûta à son tour l'herbe mystérieuse et acquit ainsi l'immortalité. D'après la légende il se serait jeté dans la mer, soit pour obéir à une impulsion secrète de Zeus, soit par dépit de n'avoir pu faire admettre des hommes sa qualité d'immortel. 

Glaucos résidait ordinairement à Délos. Apollon lui avait accordé le don de prophétie, qu'il transmit à sa fille, la Sibylle Déiphobe. Une fois chaque année, Glaucos quittait sa résidence de Délos et, parcourant la mer Egée, faisait le tour des îles ; il se montrait aux matelots, avec son corps amaigri, couvert d'algues et de coquillages, et leur faisait de sinistres prédictions. 

C'était une divinité triste, dont les amours mêmes furent malheureuses. Si l'on excepte Symé, dont il fut aimé et qu'il transporta dans une île voisine de Rhodes, toutes celles à qui il s'adressa repoussèrent ses avances. Ayant surpris Ariane dans l'île de Naxos, il tenta de la consoler, mais Dionysos survint, chargea Glaucos de liens faits de pampres et le supplanta auprès d'Ariane. On imputait aussi au ressentiment de Glaucos la métamorphose de Scylla en monstre, attribuée parfois, il est vrai, à la jalousie d'Amphitrite.


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AMPHITRITE


Amphitrite est la reine de la mer, celle qui entoure le monde. Elle fait partie des Néréides, filles de Nérée et Doris. C'est d'ailleurs elle qui conduit le chœur de ses sœurs. Un jour qu'elle dansait avec celles-ci près de l'île de Naxos, Poséidon la vit et l'enleva. On raconte aussi que Poséidon l'aimait depuis longtemps, mais que, par pudeur, la jeune fille se refusait à lui et se cachait dans les profondeurs de l'Océan, au-delà des colonnes d'Hercule. Retrouvée par les dauphins, elle fut ramenée par ceux-ci en grand cortège à Poséidon dont elle devint l'épouse.

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LES NEREIDES


Filles de Nérée, le " vieillard de la mer " et de Doris, la fille d'Océanos, les Nereides sont au nombre de cinquante.
Avec un père " bienveillant ", une mère qui " donne " (Doris signifie " aux dons "), les Néréides ne pouvaient qu'être des déesses bienfaisantes. Secourables pour les marins, bien sûr, puisqu'elles habitent la mer, mais également bienfaisantes et généreuses pour tous les hommes. Et, qui plus est, elles sont toujours et uniquement bienfaisantes. C'est un comportement assez rare de la part de dieux grecs ce qui explique qu'elles aient rencontré un succès important dans l'Antiquité.
Elles personnifient peut-être les vagues innombrables (????q??V?en grec : innombrable). Certains auteurs n'hésitent d'ailleurs pas à augmenter leur nombre jusqu'à cent.
Les Néréides, disait-on, vivaient au fond de la mer, dans le palais de leur père, assises sur des trônes d'or. Toutes étaient d'une grande beauté. Elles avaient pour seules occupations : filer, tisser et chanter. Les poètes les imaginaient aussi se divertissant dans les vagues, laissant flotter leur chevelure, nageant ça et là parmi les Tritons et les dauphins.
Le plus souvent, elles interviennent dans les légendes comme spectatrices, et donc rarement comme actrices. Elles pleurent, avec leur sœur Thétis, la mort d'Achille et celle de Patrocle .Elles indiquent à Heraklès comment il obtiendra de Nérée des informations nécessaires sur la route du pays des Hespérides. Elles sont présentes à la libération d' Andromède par Persée, ……
Si les Néréides, de façon générale, ne jouent individuellement aucun rôle dans les légendes, certaines ont toutefois une personnalité plus accusée que leurs sœurs. Ainsi en est-il de Thétis, la mère d' Achille, puis d'Amphitrite épouse de Poséidon , de Galatée et d'Orithye, qui passe pour être la fille du roi d'Athènes, Erechtée.


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THETIS


Thétis est la plus célèbres des Néréides. Elle doit cette célébrité à son fils plus qu'à elle-même : c'est en effet la mère du grand héros Achille.
Thétis, comme toutes les Néréides, était extrêmement belle, et sa beauté la fit rechercher par les dieux, en particulier par Zeus et par Poséidon…jusqu'au jour où une prédiction révéla aux dieux que le fils qui naîtrait de Thétis serait plus puissant que son père. Thétis fut donc bien vite délaissée. Comble de déshonneur, Zeus lui ordonna d'épouser un mortel, Pélée, roi de Thessalie. 

Pour échapper à ce prétendant qui ne lui convenait pas, Thétis se transforma en toutes sortes d'animaux, et même en feu et en eau. Mais Pélée, sur les conseils du centaure Chiron, réussit à la maintenir assez longtemps pour qu'elle reprenne sa forme première, et Thétis l'épousa.
Ils eurent plusieurs enfants, mais tous moururent quand Thétis, pour tenter de leur conférer l'immortalité, les plongea dans le feu. Finalement naquit Achille ; Thétis, cette fois, ne plongea pas son nouveau né dans le feu, mais dans le Styx, le fleuve qui menait aux Enfers. Achille fut donc invulnérable, sauf au talon, par lequel sa mère l'avait tenu et qui n'avait donc pas été plongé dans le fleuve infernal.
Après la naissance d'Achille, Thétis et Pélée se séparèrent. Achille fut confié au centaure Chiron pour son éducation. Lorsque la guerre de Troie éclata, Thétis, craignant pour son fils, le déguisa en fille et le cacha à Skyros, dans le gynécée du roi Lycomède. Mais Ulysse et Nestor l'y trouvèrent, et il partit avec eux pour Troie. Après de grands exploits, il mourut devant Troie, blessé d'une flèche au talon.
Thétis est également connue pour avoir recueilli Dionysos, chassé de l'Olympe par la colère d'Héra. 

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GALATEE

La belle Galatée, " à la peau blanche comme le lait ", séjournait près de la côte ionienne de Sicile, où elle vivait une belle histoire d'amour avec le berger Acis.
Mais non loin de là vivait aussi le cyclope Polyphème. De son unique œil au milieu du front, celui-ci avait aperçu la belle jeune fille et en était tombé éperdument amoureux. Il ne cessait de lui chanter son amour, accompagné d'une lyre, tandis qu'elle passait au large, dédaigneuse, portée par un dauphin ou un monstre marin.
Or un beau jour, Polyphème trouva Acis et Galatée tendrement enlacés et endormis sous un arbre. Son cœur en fut brisé et, dans sa fureur, il fracassa la tête du berger avec un rocher, tandis que Galatée s'enfuyait vers la mer.
Inconsolable, Galatée transforma le sang qui coulait du corps de son amant en un fleuve ; le eaux du fleuve se jetant dans la mer, Acis pourrait ainsi, dés qu'il le voudrait la rejoindre

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LE NOM DES NEREIDES

Le nom des Néréides nous donne une clé pour comprendre leur symbolisme, en accord avec l'iconographie.
Certains de ces noms font référence à la mer, comme Halié, la " marine ", ou Cymo, la " vague " ; quelquefois, c'est plus au rivage marin qu'à la pleine mer que les noms se rapportent, comme pour Actéè, le " rivage ", ou encore Amathée et Psamathé, qui désignent le sable du bord de mer.
Les différents aspects de la mer se retrouvent dans le nom des Néréides : la beauté (Galatée, Kallinira), parfois associée à la lumière (Agavé, Eioné, Glauké, Glauconomé) ; la vitesse (Thoé), qui peut être la vitesse des vagues (Cymothoé), la vitesse des navires (Nausithoé) ou une vitesse associée aux chevaux (Hippothoé). Une Néréide porte le nom de Céto, le " monstre marin ", ce qui correspond à l'idée que les Néréides sont des êtres fabuleux, et parfois même " monstrueux " qui habitent la mer.
Les noms nous indiquent aussi l'emprise que celles-ci ont sur l'élément marin : on trouve une Pontoporeia, " qui parcourt la mer ", et surtout une Dynaménè, " puissante ", une Pontomédousa " reine de la mer ", une Eucrantè, " souveraine ". Leur action s'étend surtout aux éléments naturels : Plexauré " abat le vent ", Cymatolégè " apaise les vagues ", Galènè est le " calme de la mer ".
Ainsi les Néréides, qui représentent la vitesse de la mer, et qui pourraient donc également représenter sa violence, sont au contraire celles qui calment les éléments pour permettre une bonne navigation (Phérousa " porte " sur les flots, Sao " sauve " les marins, et Euliménè leur " offre un bon port " où les navires arrivent au terme d'une navigation heureuse) et pour offrir l'abondance aux hommes ( Mélitè est " douce comme le miel ", Evarné est " riche en troupeaux ", Thalie personnifie la jeune végétation, florissante et abondante, et surtout Doris, Doto et Eudoré donnent en abondance. )
Enfin, on trouve des noms qui appartiennent à une sphère plus spirituelle, liée à la pensée et à l'intelligence (Autonoé a sa " volonté propre ", elle est l' " intelligence en soi ", Polynoé est " pleine d'intelligence ", Pronoé est celle qui " pense avant "), au savoir et à la divination (Panopé " voit tout ").

Les Néréides sont, comme leur père Nérée, " sans mensonge ni oubli " : elles voient tout et savent tout. Elles font le lien entre la vie et la mort, et peuvent avoir une action envers les hommes, soit dans leur vie, soit après leur mort, car elles entrent en communication avec eux ( Klymènè est celle qui " écoute ", qui " exauce ", Evagoré est celle qui a " une bonne parole publique ".)

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LES SIRENES

Le nom des Sirènes, dérivé de la racine ????? (lien, attache) fait clairement allusion au rôle qui leur est dévolu par la mythologie. Cependant, on suppose voir en elles des divinités symbolisant les âmes des morts. Ce seraient des génies funèbres, avides de sang et hostiles aux vivants. 
Par leurs corps d'oiseau à tête de femme, elles rappellent l'épervier égyptien à tête humaine, qui incarnait également les âmes des défunts. On invoquait les Sirènes au moment de la mort et on retrouve fréquemment leur image sur les tombeaux. 
Cependant, la légende n'a rien retenu de cette conception, et ne connaît les Sirènes que comme des monstres malfaisants de la mer. 

Représentées d'abord avec une tête et un buste de femme et un corps d'oiseau, les Sirènes ne furent que tardivement figurées sous l'aspect de femmes au corps terminé par une queue de poisson.
Un instrument de musique, lyre ou double flûte, était leur attribut. 
Elles avaient un temple à Sorrente.

Quand Ulysse fut sur le point de quitter Circé sur ses vaisseaux rapides, celle-ci le mit en garde contre les dangers de la route, et lui dit notamment : 
" Tu arriveras d'abord chez les Sirènes charmeuses, qui séduisent les hommes. L'imprudent qui osera les approcher ne verra plus jamais le jour du retour, car les Sirènes couchées dans les prairies fleuries, les charmeront par leurs chants harmonieux ; mais autour d'elles seront amoncelés les cadavres de leurs victimes. "

De fait Ulysse arriva en vue d'un îlot rocheux où se tenaient des êtres bizarres, mi-femmes, mi-oiseaux, qui, apercevant le navire, se mirent à chanter. C'étaient les Sirènes. Elles disaient : " Ulysse tant vanté, gloire des Achéens, arrête ici ton navire et viens à nous. Nul encore n'est passé devant cette île sans avoir écouté nos voix charmeuses et les récits divins des exploits que les Grecs ont accomplis sous les murs de Troie. Car nous connaissons tout ce qui passe sur la terre féconde. "

Telle était la douceur de leurs paroles auxquelles Ulysse n'aurait pu résister si, suivant les conseils de Circé, il n'avait pris la précaution de se faire attacher au mât de son navire. Quant à ses compagnons, il avait eu soin de leur boucher les oreilles avec de la cire. Ainsi évitèrent-ils un péril redoutable. Mais les ossements qui jonchaient les vertes prairies des Sirènes témoignaient et de l'imprudence des marins et de la férocité de ces monstres aux chants insidieux. 

Il n'en avait pas toujours été ainsi. Primitivement, les Sirènes, que l'on disait filles du fleuve Acheloos, étaient des divinités fluviales. Au nombre de deux, de quatre, ou même de huit, suivant les auteurs, elles portaient des noms qui soulignaient le charme de leur voix : Aglaophémè ou Aglaophonè ( à la voix brillante), Thelxiépie (aux paroles enchanteresses), Pisinoè (qui persuade les esprits), Molpo (le chant).

La singularité de leur conformation était diversement expliquée. Selon les uns, elles se trouvaient auprès de Perséphone quand celle-ci fut enlevée par Hadès, et c'est sur leur demande que Zeus leur donna des ailes afin de voler à la poursuite du ravisseur. Selon d'autres, elles durent leur corps d'oiseau à la colère d'Aphrodite, qui les punit ainsi d'avoir été rebelles à l'amour.

Très fières de leur voix et de leur talent musical, les Sirènes, dit-on, osèrent un jour défier les Muses. Mais elles furent vaincues par celles-ci, qui les dépouillèrent de leurs plumes. C'est alors que, abandonnant sources et vallons, elles allèrent cacher leur honte en allant se réfugier sur les rochers qui hérissent les côtes de l'Italie méridionale. On plaçait leur séjour au cap Pilore, à Capri, à l'île d'Anthémuse, aux îles des Sirénuses. C'est là que, postées sur le rivage, elles attiraient les navigateurs par leurs chants et dévoraient les malheureux qui n'avaient pu résister à leur séduction.

Elles finirent cependant par trouver leur maître. Lorsque le vaisseau des Argonautes passa près de leur île, elles ne manquèrent pas d'essayer sur eux leur pouvoir. Seul Boutès, fils de Zélion, se jeta à la mer pour rejoindre les trompeuses déesses. Les autres en furent empêchés par Orphée, qui, se trouvant à bord, accorda sa lyre et se mit à chanter ; et sa voix persuasive combattit victorieusement le charme des Sirènes. 

Vaincues, les Sirènes perdirent dès lors tout pouvoir de nuire et furent changées en rochers. L'une d'elles, Parthénope, se jeta de dépit dans la mer ; son corps fut rapporté par le flot sur le rivage et on lui éleva un tombeau à l'endroit même où plus tard fut construite la ville de Naples. 


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CHARYBDE ET SCYLLA

La mer de Sicile, où se plaçait le séjour des Sirènes, recelait encore deux monstres redoutables : Charybde et Scylla. 
De Charybde on ne sait guère plus que ce qu'en a dit Homère : " La divine Charybde engloutit avec un fracas terrible les flots de l'onde amère, et trois fois chaque jour elle les rejette. " Elle habitait sous une roche que couronnait un figuier vert. On la disait fille de Poséidon et de la Terre ; et c'est pour avoir dérobé les bœufs d'Héraklès qu'elle fut foudroyée par Zeus et changée en gouffre, dont le tourbillon happait les vaisseaux.

La légende de Scylla est plus développée. Elle était fille de Phorcys et de Crateis ou de Typhon et d'Echidna, ou de Poséidon ; suivant d'autres, elle avait eu pour mère Lamia, cette reine de Libye qui, ayant été aimée de Zeus, avait vu ces enfants périr par l'effet de la jalousie d'Héra. Sa raison ayant sombré dans son malheur, elle dévorait les jeunes enfants qu'elle arrachait à leurs mères. 
Scylla était d'abord une nymphe d'une rare beauté. Soit qu'elle eût repoussé l'amour de Glaucos et que celui-ci eût voulu la punir de ses dédains, soit qu'elle eût au contraire cédé à l'amour de Poséidon et excité ainsi la jalousie d'Amphitrite, Scylla fut, par l'art de Circé, métamorphosée en monstre. S'étant baignée dans une fontaine où Circé avait jeté des herbes magiques, soudain surgirent de ses épaules six cous d'une longueur démesurée que surmontaient six têtes épouvantables, garnies chacune d'une triple rangée de dents. 

Tapie dans une sombre caverne creusée au milieu d'un récif, elle ne laissait émerger du gouffre que ses têtes, qui happaient au passage les dauphins, les chiens de mer " et ceux qu'elle peut saisir parmi les monstres énormes nourris par la bruyante Amphitrite ". Un navire passait-il à proximité, chacune des têtes emportait un homme du banc des rameurs, et nul marin ne pouvait se vanter d'échapper sans dommage au monstre. 

Quand Héraklès ramena le troupeau de Géryon à travers le détroit de Sicile, Scylla ravit et dévora un des bœufs. Héraklès la tua, mais Scylla fut ressuscitée par son père Phorcys, et les navigateurs qui franchissaient le détroit de Sicile continuèrent à redouter le double péril de Charybde et Scylla.


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LES TELCHINES

Les Telchines sont des démons de Rhodes selon certaines traditions; ils sont fils de la Mer (Pontos, dieu masculin) et la Terre (Gé).
Ils ont une sœur, Halia, qui s'unit à Poséidon. Ils ont aussi participé à l'éducation de ce dieu, avec Caphira. Dans cette éducation, ils jouent le même rôle que les Curètes dans celle de Zeus.

On attribue aux Telchines l'invention d'un certain nombre d'arts, en particulier l'idée de sculpter les statues des dieux. Ils étaient aussi magiciens, et possédaient le pouvoir de faire tomber la pluie, la grêle et la neige.

Ils étaient aussi capables de revêtir la forme qui leur plaisaient. Mais ils n'aimaient révéler leurs talents et s'en montraient fort jaloux.
Un peu avant le Déluge, ils eurent le pressentiment de la catastrophe et quittèrent Rhodes, leur île natale, pour se disperser de par le monde.
L'un d'eux, Lycos, vint en Lycie, où il bâtit, sur les bords du fleuve Xanthe, le temple d'Apollon Lycien.
On les représentait sous la forme d'êtres amphibies, à demi marins et à demi terrestres. Ils avaient, soit le bas du corps en forme de poisson ou de serpent, soit les pieds palmés. Leur regard était terrible et chargé de maléfices. On dit même qu' ils auraient arrosé l'île de Rhodes avec l'eau du Styx pour la rendre stérile.
Cela provoqua contre eux la colère des dieux. Selon certaines légendes: Apollon les tua de ses flèches ; et selon d'autres : Zeus les foudroya et les précipita au fond de la mer.

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