L’Homme de Neandertal
L'Homme de Neandertal est apparu il y a 300 000 ans. Il occupait essentiellement l’Europe et le Proche-Orient. Proche de l'Homme moderne, il n'en diffère que par quelques caractéristiques : il était un peu plus petit que les Européens actuels (1,55m à 1,70m pour un adulte), il possédait des os massifs qui lui donnaient une apparence trapue, le menton était quasi absent, les orbites saillantes, le front fuyant. Par contre, trait morphologique partagé avec l'homme moderne, la capacité crânienne était importante(entre 1500 et 1700 cm³ pour les néandertaliens, entre 1350 et 1400 cm³ pour l'homme moderne). La forme anatomique, très spécialisée, des néandertaliens est propre à l'Europe. Elle semble être issue du "métissage" de différentes formes d'erectus africains ou asiatiques.

Répartition probable des Néandertaliens


Homo neanderthalensis Dessin de B. Clarys

L'Homme de Neandertal vivait de chasse, de pêche et de cueillette. La chasse représentait une des activités principales de subsistance des hommes du Paléolithique moyen. La viande devait être prépondérante dans l'alimentation en période plus froide. Au menu de l'Homme de Spy on pouvait trouver, entre autres, du renne, du cheval, du bison ou du mammouth. Il disposait de nombreux outils en pierre (technique Levallois, culture moustérienne (quelques exemples ici)), en os et en bois. N'imaginons pas le néandertalien comme un être fruste, à demi nu et au profil simiesque. Les variations climatiques sur de si longues périodes impliquaient des capacités d’adaptation certaines.

Il connaissait les colorants naturels, comme l'ocre, le kaolin ou le charbon de bois. Il recueillait parfois des curiosités naturelles : fossiles ou minéraux, témoignant peut-être par là d’une certaine préoccupation esthétique.

L'Homme de Neandertal est vraisemblablement le premier humain a avoir enterré ses morts. Les inhumations pouvaient se dérouler avec un cérémonial d'affection. Les ensevelissements étaient accompagnés d'offrandes (outils, quartiers de viande, œufs, armes de parade, ramures de cervidés, encornures de bovidés). En Iran, un néandertalien a été inhumé sur un lit de fleurs. Cependant ces pratiques n'étaient pas généralisées. On a aussi émis l’hypothèse de certaines pratiques de cannibalisme.
A Spy, plusieurs arguments étayent l'hypothèse d'une sépulture pour au moins un des deux squelettes découverts. Une pointe en phtanite fut retrouvée à proximité du squelette. Les os n'étaient pas dispersés (ce qu’auraient fait les charognards si le corps n’avait pas été enterré). Le défunt était orienté la tête à l'est, les pieds à l'ouest. Ceci correspond à l'orientation habituelle des autres sépultures néandertaliennes retrouvées dans l'ouest européen. On pourra d'ailleurs s'interroger sur cette constance dans l'orientation des corps. Même si on peut difficilement le prouver, on peut raisonnablement penser que les néandertaliens possédaient le langage. Ils en étaient physiologiquement capables.

Le mégacéros, animal contemporain des Néandertaliens.

L'Homme de Neandertal a disparu il y a près de 30 000 ans. D’autres humains étaient apparus en Europe : les Homo sapiens sapiens, nos ancêtres directs. Durant quelques millénaires, ces deux types humains différents se sont côtoyés. Se sont-ils rencontrés ? Certainement. Se sont-ils opposés ? Impossible de le dire. On peut simplement constater qu'on ne trouve aucun signe de violence guerrière sur les fossiles humains de cette période.

Ont-ils fraternisé ? S'ils ne se sont pas opposés, on pourrait l'envisager mais ils auraient tout aussi bien pu s'éviter. Les territoires étaient vastes, étant donné la très faible densité de peuplement de l'Europe.
S'ils ont fraternisé, peut-on imaginer qu'il y ait eu hybridation entre les néandertaliens et les premiers hommes modernes ?
A ce jour, aucun fossile ne peut le prouver. Même si quelques-uns d'entre eux, appartenant à des hommes modernes, peuvent présenter des caractères très archaïques. Cette question a d'ailleurs divisé l'anthropologie en deux écoles. Ceux qui croient à l'hybridation et ceux qui croient au remplacement des néandertaliens par l'Homo sapiens sapiens. Ces derniers peuvent étayer leurs dires par des études menées sur l’ADN mitochondrial. L'Homme de Neandertal constituerait une branche à part de notre arbre généalogique ne donnant aucune descendance. De plus, les premiers Hommes modernes connus sont chronologiquement plus anciens que les néandertaliens classiques et ne sauraient donc en être les descendants.