Poésie, poésie, ...

MADEMOISELLE

Oui, femme, quoi qu'on puisse dire
Vous avez le fatal pouvoir
De nous jeter par un sourire
Dans l'ivresse ou le désespoir.

Oui, deux mots, le silence même,
Un regard distrait ou moqueur,
Peuvent donner à qui vous aime
Un coup de poignard dans le coeur.

Oui, votre orgueil doit être immense,
Car, grâce à notre lâcheté,
Rien n'égale votre puissance,
Sinon, votre fragilité.

Mais toute puissance sur terre
Meurt quand l'abus en est trop grand,
Et qui sait souffrir et se taire
S'éloigne de vous en pleurant.

Quel que soit le mal qu'il endure,
Son triste sort est le plus beau.
J'aime encore mieux notre torture
Que votre métier de bourreau.

Signe Alfred

A LAURENCE

ô toi, étudiante en ingénieur
Toi qui me sors de ma torpeur
Comme le déluge en été
Qui déchaine les lacs appaisés
Pourquoi ne me vois-tu pas
Moi qui suis si proche de toi
Faudrait-il que je me fasse oasis
Quand le soleil à son zénith s'immisse
Pour que dans mon doux breuvage
Se reflète ton image
Toi qui de toutes les fleurs de ma vallée
Est de loin la plus parfumée
Laisse-moi une place dans ta vie
Et plus jamais sous la pluie
La nature ne sera ternie.

Mon bleu 98 - P.Mancini

Lettre d'Alfred de Musset à George Sand


Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,
Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d'un coeur
Que pour vous adorer forma le créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
Avec soin de mes vers lisez les premiers mots,
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

Alfred de Musset

Lettre de George Sand à Alfred de Musset


Je suis trés émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puise être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde comme la plus étroite
en amitié, en un mot la meilleure preuve
que vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude oú j'ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi en y songeant j'ai l'âme
grosse. Accourrez donc vite et venez me la
faire oublier par l'amour oú je veux me
mettre.

George Sand


Ode aux parrains


O vous, mes géniaux parrains,
Hugues et Did'j,
Vous qui me secondez tout au long de cette dure épreuve,
Je vous remercie!
Je me souviendrai toujours de ce souper bleu,
où vous m'avez fait courir au milieu des champs,
comme un bleu téléguidé.
Je me souviendrai aussi de mon anniversaire,
que vous avez fêté comme il se doit,
à coup d'à-fonds crasse, d'à-fonds capote
et de pâtisseries aux anchois.
L'après-midi Rambo et le rally chopes
resteront à jamais gravé dans ma mémoire...
Encore une fois, merci!

Bleu fou