Le 1er janvier 1977, le sénateur Emile Lacroix devenait bourgmestre de la nouvelle entité "Basse-Sambre" que ce dernier fera rebaptiser "Sambreville" un peu plus tard (voir ci-dessous).
En 1980, lors de sa nomination de gouverneur de la Province de Namur, il céda sa place à Michel Warnon alors 1er échevin. Ce dernier fut également appelé à siéger en tant que député permanent à la Province et a dû par la même occasion abandonner son poste de bourgmestre à Jean Poulain.
L'entité a donc connu 3 bourgmestres en l'espace de 5 ans.
Rappelons que depuis son accession au poste de mayeur, Jean Poulain, n'a plus cédé sa place si ce n'est aujourd'hui puisqu'il prend sa retraite et qu'il laisse à Marcel Fisenne le soin de reprendre le flambeau.
Vous trouverez ci-dessous une petite biographie des 3 premiers Mayeurs sambrevillois.
Emile LACROIX - Michel WARNON - Jean POULAIN

Il a commencé sa carrière politique en 1958 comme député de l'arrondissment de Namur.
Il fut bourgmestre de Falisolle de 1965 à 1976 et, après la fusion des communes, de Sambreville jusqu'en 1980.
En compagnie de Jean POULAIN,
bourgmestre de Sambreville
de 1982 à 2000.
En tant que Gouverneur de la Province de Namur, de 1980 à 1987, Emile Lacroix a eu l'occasion de recevoir de multiples personnalités dont le Pape Jean-Paul II et le Roi Baudouin.
En compagnie du Roi Baudouin
Quand Basse-Sambre devient Sambreville
(Méandres de la politique…à la retraite, Emile Lacroix, édico, 1989)
1er janvier 1977, 9 heures du matin, jour historique : les fusions des communes sont réalisées, leurs conseils communaux se réunissent pour la première fois.
A Basse-Sambre, la nuit du réveillon s’est sans doute bien passée, tous les élus communaux sont au poste et les curieux sont nombreux dans la partie de la salle du conseil qui leur est réservée.
Le changement de dénomination de la nouvelle entité est repris à l’ordre du jour du nouveau conseil. Sur ma proposition et après un échange de vue très amical, le conseil porte ses faveurs sur " Sambreville " comme nouvelle appellation, par 22 voix et 7 abstentions.
Le 6 janvier, autorisé par le conseil, je dépose sur le bureau du Sénat une proposition de loi modifiant l’arrêté royal du 17 septembre 1975 portant fusion de communes et modification de leurs limites, ratifié par la loi du 30 décembre 1975.
L’arrêté royal en question décrète en son article 461, la fusion des communes d’Auvelais, Arsimont, Falisolle, Tamines, Velaine, Keumiée et Moignelée. Le choix de la dénomination Basse-Sambre pour cette nouvelle commune ne semble pas adéquat ni heureux. En effet, cette appellation correspond en fait, à une région économique du bassin de la Sambre qui est loin d’être recouverte par la nouvelle commune. Elle risque, dès lors, de prêter à confusion. Le nom de Sambreville paraît parfaitement convenir à la nouvelle entité. J’en fais l’objet de ma proposition.
La Commission de l’Intérieur et de la Fonction Publique du Sénat présidée par le Sénateur Marcel Busieau étudie rapidement ma proposition. Le rapporteur choisi par la Commission est le Sénateur André Bertouille, futur Ministre, qui remit son rapport le 8 février, la Commission adopte la proposition " à l’unanimité ".
Au cours de la discussion générale en Commission, j’ajoute comme argument en faveur de ma proposition que la consonnance de l’appellation reprise dans la loi de décembre 1975 n’est pas des plus gracieuses et que les habitants souhaitaient porter un autre nom que " Basse-Sambrien " ou " Basse-Sambrienne ". J’invoque aussi l’urgence afin d’éviter, à toute une série d’administrations et aux particuliers, de devoir changer plusieurs fois leurs en-têtes de lettre ou papier à firme. Je souligne, pour justifier que l’expression " Basse-Sambre " est disgracieuse, que les précédents de ce genre existent en France : le département des " Basses Pyrénées " s’appelant désormais " Pyrénées Atlantiques ", tandis que les " Basses Alpes " sont devenues les " Alpes-de-Haute-Provence ".
Le 24 février 1977 ma proposition vient en séance plénière du Sénat et est adoptée à l’unanimité des 151 membres votants, les 16 membres de la Volksunie s’abstenant.
Monsieur Jorissen, Sénateur Volksunie justifie ainsi ces abstentions : " Peu nous importe le nom que l’on donne à cette commune ; pour nous, elle est entièrement libre de son choix, nous nous sommes donc abstenus ".
Dès le lendemain, 25 février 1977, la propositon de loi est transmise à la chambre des Représentants. Ce n’est que le 14 juin 1978, c’est à dire presque un an et demi après, que Monsieur le Député Suykerbuyk remit son rapport, faisant suite à la réunion du 12 avril 1978 de la Commission de l’Intérieur au cours de laquelle la proposition fut débattue. Finalement, elle est adoptée à l’unanimité des 162 votants.
La loi concernant " Sambreville " est signée par le Roi le 4 juillet 1978 et promulguée au Moniteur Belge le 26 juillet. Cette proposition de loi qui ne devait être qu’une formalité sur laquelle le Sénat et la Chambre devaient se mettre facilement d’accord, est restée en carafe à la Chambre du 25 février 1977 au 29 juin 1978. Il m’a été assuré que c’était par la volonté de Monsieur Jan Verroken, député C.V.P., l’hommen du " Walen Buiten " de Louvain, que l’examen de ma proposition avait mis un temps anormalement long devant la Chambre. Ce monsieur estimait qu’il était indispensable d’avoir une proposition semblable de changement de dénomination du côté flamand pour légiférer, permettant ainsi de grouper les projets analogues. Pour justifier ce long laps de temps mort, on a invoqué l’attente d’un avis de la Commission de toponymie.
Pendant de nombreux mois " d’interlude ", je multipliais mes démarches auprès des membres de la Commission de l’Intérieur, de la Chambre, auprès de Monsieur Leburton, Président de la Chambre, auprès de Monsieur Rik Boel, Ministre de l’Intérieur, auprès de Monsieur André Goose, Président de la Commission Royale de toponymie et de dialectologie. Malgré ces multiples contacts épistolaires et ces rapports verbaux, ma proposition de loi suivit avec lenteur son petit bonhomme de chemin. Ce train de sénateur me faisait crier " au scandale ". Si bien qu’après un moment donné, impatient, énervé, je prévins Monsieur le Président Leburton que si ma proposition n’arrivait pas à son terme, j’allais prendre l’initiative de placer mon entité dans l’illégalité. J’avais perdu mon sang-froid dans ce climat d’irritation.
Depuis lors, plus de dix ans se sont écoulés, je me suis consolé depuis belle lurette et je reste fier d’avoir été à l’origine de la naissance de Sambreville. Basse-Sambre est un mauvais rêve. Sambreville est la première entité belge à avoir changé de nom.
Le 14 octobre 1978, des fêtes grandioses se déroulèrent dans toute l’entité par une journée radieuse, baignée dans les rayons d’un soleil généreux. Pour les Sambrevilloises et les Sambrevillois, ce fut le Soleil d’Austerlitz.
L’inauguration officielle de Sambreville fut une réussite complète avec la participation amicale et sympathique de Monsieur Jean-Marie Dehousse, Ministre de la Culture de l’époque, de Monsieur le Président du Conseil Culturel, Monsieur le Chevalier de Stexhe, de Monsieur le Gouverneur de la Province Pierrre Falize, de nombreuses personnalités politiques et administratives. La lenteur dans le travail parlementaire dont fut victime ma proposition situe bien une des faiblesses du Parlement. Cette proposition ne poursuivait aucun objectif politique.
Il s’agissait d’une simple formalité qui remédiait à une lacune de la loi.
(Emile Lacroix)
Professeur de gymnastique de formation, il débuta sa carrière politique en tant qu'échevin à Velaine-sur-Sambre. Il devint ensuite 1er échevin de Sambreville en 1977.
Au départ d'Emile Lacroix il devint bourgmestre de Sambreville mais pour une très courte période car il quitta lui aussi son poste en 1982 pour devenir député permanent chargé du secteur médico-social.
Décédé le 28 janvier 1999, on se souviendra de sa gentillesse, sa simplicité, sa générosité et son profond et VERITABLE humanisme.
Jean POULAIN
Délégué syndical à la S.N.C.B., c'est au cours de réunions politiques qu'il rencontra le sénateur Emile Lacroix. Lequel lui demanda de se présenter aux élections communales de 1964. Il devint alors conseiller communal à Tamines.
Il quitta alors la S.N.C.B. pour devenir conseiller au cabinet du ministre Namêche. C'est d'ailleurs à ce poste qu'il collabora de près au projet de construction de l'hôpital d'Auvelais.
Il fut également sénateur de 1977 à 1994.
C'est en 1982, après les départs successifs d'Emile Lacroix et de Michel Warnon pour la Province qu'il devint bourgmestre de Sambreville.
Aujourd'hui l'heure de la retraite a sonné pour cet homme qui a indéniablement marqué l'histoire de Sambreville.