Techniques
et modes d'entretien de la vigne
INTRODUCTION
Aperçu historique
du développement de la vigne.
Bien des
légendes évoquent les origines du vin, cependant
ces dernières demeurent imprécises. Tout
au plus sait-on que l'un des foyers privilégiés
de la plus ancienne viticulture se situe en Transcaucasie
(c'est-à-dire entre la mer Caspienne et la mer Noire).
Les découvertes faites par des généticiens,
révèlent plus de soixante variétés
de vitis
vinifera sauvages, dont les raisins permettent
la fabrication du vin.
L'archéologie
confirme les découvertes des botanistes : on a la
preuve, par l'étude d'antiques vases
vinaires , que l'Arménie du Nord-Ouest produisait
déjà du vin au milieu du second millénaire
avant Jésus-Christ et que c'est de la Géorgie
que la culture de la vigne se serait répandue dans
tous les pays tempérés, depuis l'Inde du
Nord-Ouest jusqu'à l'Occident européen.
L'art de conduire la
vigne était répandu, dès le premier
millénaire avant notre ère, dans tout le
bassin de la Méditerranée orientale, et les écrits
des Grecs et des Romains prouvent qu'ils savaient déjà tirer
parti des plaines et des collines.
Bon nombre de peuples
de l'Antiquité connaissaient cette boisson. D'ailleurs,
quelques héros bibliques ne la dédaignaient
guère. En fait, Égyptiens, Hébreux,
Grecs et Romains possédaient des vins dont la renommée
ne s'est pas éteinte. Chez ces divers peuples, des
peines très sévères frappaient ceux
qui détérioraient les vignes.
La viticulture s'est étendue
dans toutes les régions méditerranéennes
en même temps que l'influence de la colonisation
grecque (aux environs du cinquième siècle
avant Jésus-Christ). Ensuite, avec la conquête
romaine, nous avons pu voir s'intensifier et s'améliorer
cette culture dans nos pays. Partout où s'étend
la foi chrétienne, cette culture se propage à son
tour car le vin est indispensable au rite de l'eucharistie.
Les moines sont, en
quelque sorte, à l'origine de cette propagation
: désireux d'obtenir leur propre vin de messe et
d'utiliser ce dernier comme marchandise de troc, chaque
monastère va s'entourer d'un enclos réservé aux
vignobles.
Certains de ces vignobles
sont restés célèbres. Faut-il rappeler
qu'un moine bénédictin de l'abbaye d'Hauvillier
(près d'Epernay), Dom Pierre Pérignon, aurait été le
premier à appliquer des procédés de champagnisation aux
raisins d'un vignoble champenois datant de la période
romaine (peu après Jésus-Christ). Au cours
des siècles suivants, les princes et seigneurs appréciant
cette boisson ont, à leur tour, introduit la culture
de la vigne dans leurs domaines.
Ainsi, la consommation
du vin se généralise, et les vignobles continuent à s'étendre
sur toute la France. Par la suite, la vigne s'étendra
progressivement à la Germanie et aux pays du Danube.
Elle gagnera aussi les terres extra-européennes,
partout où les missionnaires et les colons ont été s'installer.
En Amérique du Nord, les vignobles de l'Est restent
limités, alors que ceux de Californie prospèrent
sous un climat rappelant un peu celui de la Méditerranée.
En Amériques du Sud et centrale, les essais sont
nombreux mais l'essentiel des plantations se concentre
dans les régions tempérées et relativement
sèches du Chili central et de l'Argentine (excepté pour
quelques petits vignobles du Mexique et du Brésil).
Dans le courant du XIVe siècle, les colons furent également à l'origine
de la viticulture sud-africaine et des littoraux de l'Australie
méridionale.
Quant au Moyen Orient,
la prohibition du vin (loi coranique) n'y a pas fait disparaître
totalement la vigne, puisque, dans le Coran, il n'est pas
interdit de consommer du raisin. Cependant, il faudra attendre
la colonisation française (au début du XIXe
siècle) pour voir la vigne rejouer, en Algérie
particulièrement, un rôle que le climat semblait
appeler.
Figure 1 : Localisation du développement
de la vigne dans le monde.
A venir...
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