De la vigne au vin
Techniques et modes d'entretien de la vigne

Accueil
si vous voulez me soutenir , cliquez simplement sur le bouton ci-contre (transaction sécurisée SSL)
Merci pour votre soutien !

II. ENTRETIEN DU VIGNOBLE


Le bon entretien du vignoble suppose que l'on intervienne à plusieurs niveaux :

la culture, la fertilisation et la taille.

A. Modes de culture

Les méthodes de travail du sol sont en pleine évolution. Autrefois, labours et culture superficielle avaient pour objet essentiel de maintenir le sol propre et souple, et de lui conserver une humidité suffisante: d'où la multiplication des labours superficiels. Tout cela exigeait une main-d'oeuvre importante, qui aujourd'hui, fait défaut. Aussi la viticulture s'oriente-t-elle vers des techniques capables de permettre une culture avec un minimum de personnel sans nuire pour autant au rendement qualitatif et quantitatif des récoltes.

L'objectif essentiel est la destruction de la flore parasitaire. C'est ainsi qu'est né le désherbage chimique et pour les nouvelles plantations surtout, le paillage en matière plastique. Le désherbage chimique exige une efficacité réelle sur les mauvaises herbes et son innocuité à l'égard de la vigne. Les herbicides de contact détruisent seulement les parties touchées lors du traitement. Ils n'empêchent donc pas la repousse des mauvaises herbes. Les herbicides persistants restent dans le sol pour contrarier la germination des graines ou la levée des plantules des mauvaises herbes. Les herbicides curatifs systémiques sont absorbés par la plante et véhiculés vers le système radiculaire. Dans ce mode de culture, une intoxication de la vigne n'est pas exclue, ce qui nécessite la mise au point des méthodes d'utilisation dans l'espace et le temps ainsi que la recherche d'herbicides dégradables rapidement.

C'est en fonction de ces graves inconvénients que le paillage par couverture en matière plastique se développe. Utilisé en placage sur les jeunes plants, en interligne dans les vignes dont le système radiculaire est bien implanté, il peut se combiner avec le désherbage. Le paillage, par son action sur l'humidité et la température, permet un meilleur développement du système radiculaire et, partant, de la luxuriance du cep. Néanmoins, il n'exclut pas l'emploi des herbicides.

Ainsi l'utilisation de la technique du paillage devient de plus en plus courante. En bien des cas, la suppression du travail du sol n'a pas entraîné, sauf dans les sols à forte salinité, une diminution de la production et de la vigueur du cep, ce qui est fondamental pour les récoltes à venir.

Le travail du sol est en pleine évolution dans ses principes et ses applications :

- Ira-t-on vers la généralisation du désherbage, dont les inconvénients sont réels (défoliation partielle de la vigne, modification de la microflore du sol) ?

- Ira-t-on vers une autoproduction d'engrais verts enfouis périodiquement (culture biologique) ?

- Le sol sera-t-il couvert d'un tapis vert permanent en période végétative ?

- Les vignobles situés en flanc de coteau sont menacés par l'érosion. Ce facteur commande des modes de culture sans dommages pour la structure du sol. Le sol nu ne peut plus convenir; un enherbement ou un paillage plastique doivent être préférés. Ira-t-on alors vers un sol recouvert de pierraille ?

 


B. Fertilisation

1. Généralités

La fertilisation de la vigne est un cas particulier du cas général de la fertilisation des arbres fruitiers. L'alimentation radiculaire se produit en profondeur, et l'épandage d'engrais ne réussit, plus ou moins tardivement, qu'avec une pluviosité naturelle ou une irrigation périodique et une perméabilité du sol suffisantes. C'est pourquoi la fertilisation foliaire peut avoir un réel avenir, à moins que ne se développe la mécanisation de la fertilisation par pal-injecteur ou par sous-solage.

On substitue ainsi à l'épandage traditionnel, intéressant toute la surface du sol, une localisation jugée plus efficace.

La Vigne est une grande consommatrice de fertilisants. En outre, on découvre chaque jour quelques carences en oligo-éléments, se traduisant par des altérations au cours des phases végétatives

2. Principaux fertilisants

L'essentiel est de donner au vignoble une fumure équilibrée. Celle-ci ne peut être la même pour tous les sols et doit être fonction de la qualité de vin recherchée, car chaque élément peut avoir, par excès ou défaut, des conséquences différentes.

Le potassium est, de tous les éléments minéraux, l'un des plus importants. Les fumures organiques, par suite du rôle de l'humus dans la fertilisation, encouragent l'emploi de l'engrais vert et du compost. Les résidus de marc , après extraction de tout ce qui peut être utile à l'alimentation ou à l'industrie, constituent un apport organique précieux. Mais un excès d'humus peut être à l'origine de pourritures.

C.Taille

1. Principe général

La taille de la Vigne est réglementée comme en arboriculture fruitière. Ce sont des règles propres à chaque vignoble, dictées par le microclimat et les objectifs choisis.

Les premières tailles, structurent le cep. La forme classique en gobelet tend progressivement à faire place à des formes palissées, plus ou moins hautes, allant parfois vers la forme pergola .

2. Buts de la taille

La taille a pour but de :

· faciliter les travaux de la vigne, récolte comprise, en structurant le vignoble (la mécanisation de la vendange, des travaux d'entretien et de fertilisation sont alors possibles),

· réaliser une surface foliaire maximale afin de mieux utiliser les radiations solaires,

· conditionner la productivité et la maturation du raisin (tailles annuelles ou tailles d'hiver). Un équilibre entre la recherche de productivité et la maturation du raisin doit être trouvé car un rendement excessif peut être suivi d'une maturation insuffisante.

Remarque

La culture en vigne haute provoque un retard dans la maturation; ainsi, changer de mode de culture, c'est provoquer une modification du calendrier des vendanges.

A la taille d'hiver, peuvent s'ajouter en cours de végétation, les opérations d'ébourgeonnage, qui facilitent la lutte contre les premières attaques du mildiou , d'effeuillage, plus ou moins discuté, et de rognage , appliqué au moment de la floraison pour faciliter la nouaison.

La taille mécanique de la Vigne a déjà été tentée. Mais chaque cep a son individualité propre. L'état sanitaire du sarment , la position et le nombre d'yeux à conserver sont autant d'éléments auxquels le tailleur doit réfléchir: la machine ne pouvant le faire.

La taille est donc soigneusement réglementée (cfr Annexe), car si une taille courte permet de ne pas forcer le cep, une taille trop longue donne une récolte abondante mais d'une qualité inférieure. C'est pour cette raison que le vigneron doit choisir la taille qui assurera la récolte optimale, compte tenu des limitations de rendement imposées aux A.O.C. (Appellation d'Origine Contrôlée) et aux V.D.Q.S. (Vin Délimité de Qualité Supérieure).

Il est important d'adapter les techniques culturales, notamment le mode de conduite, au cépage et à la région considérée afin de pouvoir élaborer un vin ayant beaucoup de caractère.

Malheureusement, au cours de ces dernières décennies, des impératifs économiques, notamment de mécanisation, ont fait perdre de vue un certain nombre d'éléments indispensables pour aboutir à des vins de grande originalité.