A. Modes de
culture
Les méthodes de travail du
sol sont en pleine évolution. Autrefois, labours
et culture superficielle avaient pour objet essentiel
de maintenir le sol propre et souple, et de lui conserver
une humidité suffisante: d'où la multiplication
des labours superficiels. Tout cela exigeait une main-d'oeuvre
importante, qui aujourd'hui, fait défaut. Aussi
la viticulture s'oriente-t-elle vers des techniques capables
de permettre une culture avec un minimum de personnel
sans nuire pour autant au rendement qualitatif et quantitatif
des récoltes.
L'objectif essentiel est la destruction
de la flore parasitaire. C'est ainsi qu'est né le
désherbage chimique et pour les nouvelles plantations
surtout, le paillage en matière plastique. Le
désherbage chimique exige une efficacité réelle
sur les mauvaises herbes et son innocuité à l'égard
de la vigne. Les herbicides de contact détruisent
seulement les parties touchées lors du traitement.
Ils n'empêchent donc pas la repousse des mauvaises
herbes. Les herbicides persistants restent dans le sol
pour contrarier la germination des graines ou la levée
des plantules des mauvaises herbes. Les herbicides curatifs
systémiques sont absorbés par la plante
et véhiculés vers le système radiculaire.
Dans ce mode de culture, une intoxication de la vigne
n'est pas exclue, ce qui nécessite la mise au
point des méthodes d'utilisation dans l'espace
et le temps ainsi que la recherche d'herbicides dégradables
rapidement.
C'est en fonction de ces graves
inconvénients que le paillage par couverture en
matière plastique se développe. Utilisé en
placage sur les jeunes plants, en interligne dans les
vignes dont le système radiculaire est bien implanté,
il peut se combiner avec le désherbage. Le paillage,
par son action sur l'humidité et la température,
permet un meilleur développement du système
radiculaire et, partant, de la luxuriance du cep. Néanmoins,
il n'exclut pas l'emploi des herbicides.
Ainsi l'utilisation de la technique
du paillage devient de plus en plus courante. En bien
des cas, la suppression du travail du sol n'a pas entraîné,
sauf dans les sols à forte salinité, une
diminution de la production et de la vigueur du cep,
ce qui est fondamental pour les récoltes à venir.
Le travail du sol est en pleine évolution
dans ses principes et ses applications :
- Ira-t-on vers la généralisation
du désherbage, dont les inconvénients
sont réels (défoliation partielle de
la vigne, modification de la microflore du sol) ?
- Ira-t-on vers une autoproduction
d'engrais verts enfouis périodiquement
(culture biologique) ?
- Le sol sera-t-il couvert d'un
tapis vert permanent en période végétative
?
- Les vignobles situés
en flanc de coteau sont menacés par l'érosion.
Ce facteur commande des modes de culture sans dommages
pour la structure du sol. Le sol nu ne peut plus convenir;
un enherbement ou
un paillage plastique doivent être préférés.
Ira-t-on alors vers un sol recouvert de pierraille
?
B.
Fertilisation
1. Généralités
La fertilisation de la vigne est
un cas particulier du cas général de
la fertilisation des arbres fruitiers. L'alimentation
radiculaire se produit en profondeur, et l'épandage
d'engrais ne réussit, plus ou moins tardivement,
qu'avec une pluviosité naturelle ou une irrigation
périodique et une perméabilité du
sol suffisantes. C'est pourquoi la fertilisation foliaire
peut avoir un réel avenir, à moins que
ne se développe la mécanisation de la
fertilisation par pal-injecteur ou par sous-solage.
On substitue ainsi à l'épandage
traditionnel, intéressant toute la surface du
sol, une localisation jugée plus efficace.
La Vigne est une grande consommatrice
de fertilisants. En outre, on découvre chaque
jour quelques carences en oligo-éléments,
se traduisant par des altérations au cours des
phases végétatives
2.
Principaux fertilisants
L'essentiel est de donner au
vignoble une fumure équilibrée.
Celle-ci ne peut être la même pour tous
les sols et doit être fonction de la qualité de
vin recherchée, car chaque élément
peut avoir, par excès ou défaut, des
conséquences différentes.
Le potassium est, de tous les éléments
minéraux, l'un des plus importants. Les fumures
organiques, par suite du rôle de l'humus dans
la fertilisation, encouragent l'emploi de l'engrais
vert et du compost. Les résidus de marc ,
après extraction de tout ce qui peut être
utile à l'alimentation ou à l'industrie,
constituent un apport organique précieux. Mais
un excès d'humus peut être à l'origine
de pourritures.
C.Taille
1. Principe
général
La taille de la Vigne est réglementée
comme en arboriculture fruitière. Ce sont des
règles propres à chaque vignoble, dictées
par le microclimat et les objectifs choisis.
Les premières tailles,
structurent le cep. La forme classique en gobelet tend
progressivement à faire place à des formes
palissées, plus ou moins hautes, allant parfois
vers la forme pergola .
2. Buts
de la taille
La taille a pour but de :
· faciliter les travaux
de la vigne, récolte comprise, en structurant
le vignoble (la mécanisation de la vendange,
des travaux d'entretien et de fertilisation sont alors
possibles),
· réaliser une
surface foliaire maximale afin de mieux utiliser les
radiations solaires,
· conditionner la productivité et
la maturation du raisin (tailles annuelles ou tailles
d'hiver). Un équilibre entre la recherche de
productivité et la maturation du raisin doit être
trouvé car un rendement excessif peut être
suivi d'une maturation insuffisante.
Remarque
La
culture en vigne haute provoque un retard dans la maturation;
ainsi, changer de mode de culture, c'est provoquer
une modification du calendrier des vendanges.
A la taille d'hiver, peuvent
s'ajouter en cours de végétation, les
opérations d'ébourgeonnage, qui facilitent
la lutte contre les premières attaques du mildiou ,
d'effeuillage, plus ou moins discuté, et de rognage ,
appliqué au moment de la floraison pour faciliter
la nouaison.
La taille mécanique de
la Vigne a déjà été tentée.
Mais chaque cep a son individualité propre.
L'état sanitaire du sarment ,
la position et le nombre d'yeux à conserver
sont autant d'éléments auxquels le tailleur
doit réfléchir: la machine ne pouvant
le faire.
La taille est donc soigneusement
réglementée (cfr
Annexe), car si une taille courte permet de ne
pas forcer le cep, une taille trop longue donne une
récolte abondante mais d'une qualité inférieure.
C'est pour cette raison que le vigneron doit choisir
la taille qui assurera la récolte optimale,
compte tenu des limitations de rendement imposées
aux A.O.C. (Appellation d'Origine Contrôlée)
et aux V.D.Q.S. (Vin Délimité de Qualité Supérieure).
Il est important d'adapter les
techniques culturales, notamment le mode de conduite,
au cépage et à la région considérée
afin de pouvoir élaborer un vin ayant beaucoup
de caractère.
Malheureusement, au cours de
ces dernières décennies, des impératifs économiques,
notamment de mécanisation, ont fait perdre de
vue un certain nombre d'éléments indispensables
pour aboutir à des vins de grande originalité.