II.
ETAPES DE L'ELABORATION D'UN VIN ROUGE
Le vin est une boisson
résultant de la fermentation du raisin frais (avec
ou sans rafle) ou du jus de raisin frais.
Par fermentation, on
entend fermentation alcoolique (transformation du sucre
en alcool éthylique) suivie de la fermentation malolactique
(transformation de l'acide malique contenu dans le moût
en acide lactique et en acide carbonique). Cette deuxième
fermentation, de nature purement biologique, se produit
sous l'action de certains micro-organismes et est une désacidification
permettant l'assouplissement et l'affinement du vin à tous
les points de vue.
Un vin terminé (c'est-à-dire
stabilisé) se compose de trois éléments
:
· alcool ("squelette" du
vin),
· eau (85 à 90
% du total),
· extrait sec (17 à 30
g/l, c'est "l'âme" du vin).
On peut schématiser
le processus d'élaboration d'un vin rouge par la
succession de quatre étapes :
· la mise en œuvre
de la matière première,
· la fermentation
en cuvaison,
· l'écoulage
et le pressurage
· l'élevage
A. Mise en œuvre
de la matière première
Afin d'éviter
toute oxydation indésirable, un goût de rafle
désagréable, un départ en fermentation
prématuré et, éventuellement, une
clarification difficile, mieux vaut éviter toute
manipulation pouvant provoquer, avant l'arrivée
dans la cuve, l'éclatement du grain de raisin. L'air
est, d'une façon générale, l'ennemi
d'une bonne vinification.
Ensuite, il convient
d'utiliser des matériaux qui, une fois en contact
avec les vins, vont se dissoudre ou lui céder une
partie de leurs constituants. On se préserve alors
de modifier l'aspect et la saveur du vin ainsi que d'une
désacidification indésirée.
L'objectif de la mise
en œuvre de la matière première est de mettre
en contact les parties solide et liquide du raisin en faisant
intervenir le foulage et l'égrappage.
Remarque
· On distingue la
vinification en rouge de la vinification en blanc suivant
le moment ou le pressurage est effectué : dans
le premier cas, il se produit après la fermentation
du moût tandis que dans le second cas, cette opération
se fait le plus tôt possible sur la vendange fraîche.
· Les vins rosés
sont assimilables par leurs techniques d'élaboration
aux vins blancs, excepté pour la technique dite "par
saignée" où, suivant la durée d'encuvage
et la température, une légère macération
peut se produire (comme pour les vins rouges). Toute
la couleur d'un vin se trouve dans la peau : pour obtenir
du vin rouge, il faut donc mettre les peaux avec le jus
dans la cuve de fermentation. Un cuvage trop court donne
une dissolution insuffisante des matières colorantes
et des produits d'excrétion de la levure.
1. Foulage
C'est la première opération
que subit la vendange. Déjà, le poids de
la récolte entassée provoque une première
coulée de jus de raisin. Le foulage consiste à poursuivre,
par une pression douce, l'éclatement des baies
et non leur écrasement afin de ne pas dilacérer
les parties solides (pépins et rafles) qui libéreraient
alors dans le futur vin des constituants non recherchés
(acide, mauvais tanins, potassium...).
Autrefois, des chants rythmaient
l'effort des vignerons qui foulaient le raisin de leurs
pieds nus. De nos jours, le pittoresque de ce rituel
a cédé le pas à du matériel
mécanique (plus efficace).
2. Égrappage
ou éraflage
|
Pour certains
vins de qualité et de garde, tels les bordeaux,
les bourgognes, les côtes du Rhône
et bien d'autres, le foulage est précédé de
l'opération d'égrappage (appellée
aussi éraflage) qui a pour but d'éliminer
tout ou partie des rafles (squelettes des grappes)
car celles-ci risqueraient de communiquer au moût
un goût incompatible avec la qualité et
la finesse recherchées. On utilise pour
se faire un simple cylindre rotatif.
|
|
B. Fermentation
en cuvaison
Après le foulage,
la vendange, égrappée ou non, est placée
dans la cuve où se déroulera la fermentation
alcoolique.
Les pelliculés,
de même que les pépins et les rafles, contiennent
des tanins, substances amères mais qui, présentent
en quantité modérée, constituent un
des composants essentiels du vin. C'est le tanin qui donne
aux vins rouges les arômes corsés et la charpente
que l'on attend d'eux. De plus, ils favorisent la conservation
des vins de gardes. Pour éviter l'excès de
tanins, on égrappe le raisin, en éliminant
la rafle qui renferme des tanins amers particulièrement
astringents.
Figure 8 : Vinification
en vin rouge
1.
Fermentation alcoolique
La fermentation alcoolique est
une sorte de combustion dégageant du gaz carbonique
de manière intense. C'est une phase essentielle
dans la naissance d'un vin : le sucre naturel du raisin,
sous l'action des levures de fermentation (présentent
naturellement dans le moût ou ajoutées par
le vigneron) va se transformer progressivement en alcool,
en gaz carbonique... et en chaleur.
La fermentation alcoolique est
une réaction chimique dont l'équation est
:
| C6H12O6 |
|
2 C2H5OH
|
+
|
2 CO2
|
+ |
Q
|
| 1 molécule
de sucre |
|
2 molécules
d'alcool éthylique
|
+
|
2 molécules
de gaz carbonique
|
+ |
chaleur
|
| 180 g |
|
2 x 46 =
92 g
|
+
|
2 x 44 =
88 g
|
+ |
33 kcal
|
| |
|
|
|
|
|
|
Cette réaction est exothermique
(libère de l'énergie) et produit un volume
important de gaz carbonique (44.8 litres), ce qui explique
:
· le bouillonnement
qui se produit dans le moût en fermentation (une
cuve de cent litres libère, avec un moût
de 12° d'alcool en puissance, 450 m³ de CO2),
· l'augmentation
de la température de la cuve,
· la nécessité d'une
part, de ventiler les cuves et les caves afin d'éviter
les risques d'asphyxie dus au CO2 et d'autre part de
prévoir des dispositifs de réfrigération
pour maintenir la température des cuves.
Cinq semaines sont nécessaires
pour que le sucre des raisins se transforme en alcool.
Pendant toute cette transformation, c'est l'effet combiné de
la chaleur et de l'alcool en formation qui extrait les
pigments et tanins des peaux de raisins noirs.
Remarque
· Si on veut obtenir
un vin rouge léger et fruité à boire
jeune, les producteurs filtrent les peaux après
une semaine, parfois moins, et terminent la fermentation
dans une autre cuve. Pour des vins plus charpentés,
destinés à la garde, ils laissent les
solides plus longtemps.
· Afin d'éviter
tout risque d'oxydation ou d'altération microbienne
de la matière première, le vinificateur
agira sur la température du milieu (± 20 °C)
pour avoir un départ rapide en fermentation.
2. Macération
carbonique
La macération carbonique
est une méthode originale de vinification. Elle
convient à l'élaboration de vins rouges
légers, fruité et très aromatiques,
faits avec tout le grain. La grappe est laissée
entière et déposée dans la cuve
de fermentation saturée en gaz carbonique. Bien
entendu, une partie des grains vont être écrasés
au cours du remplissage de la cuve et libéreront
une certaine quantité de jus dans laquelle interviendra
une fermentation alcoolique classique : le moût
en fermentation au fond de la cuve dégage du gaz
carbonique chaud dans lequel baignent les grains non éclatés,
ainsi la pulpe fermente à l'intérieur du
grain de raisin, ce qui produit des arômes délicieux,
extrêmement fruités et d'une couleur intense,
tout en donnant très peu de tanins.
Cette méthode présente
un intérêt particulier qui est de créer
les conditions de la macération carbonique (suite à la
fermentation par dégagement de CO2 et de chaleur).
La base même de cette technique (apport du raisin
entier dans la cuve) était le fondement des vinifications
traditionnelles. En effet, le viticulteur se contentait
de mettre le raisin dans la cuve, sans foulage mécanique,
en tassant simplement au pied la vendange. Il créait
alors les conditions de ce que l'on appelle la semi-macération
carbonique. La durée de macération et le
foulage au pieds effectués régulièrement
créaient ensuite les conditions d'une vraie fermentation
alcoolique. Ce procédé permettait une régularité de
la fermentation alcoolique par libération progressive
du jus.
3. Contrôle
des températures et de la transformation des sucres
a) Températures
La température de la cuve
doit se situer entre 25 et 28 °C. A la température
du raisin encuvé, s'ajoute la température
de fermentation alcoolique du moût. On a calculé que
pour une production de 3° d'alcool, la température
s'élève de 7 °C. Au bout de trois
jours, l'élévation serait de plus de
20 °C s'il n'y avait pas de perte de chaleur. Compte
tenu de l'étalement dans le temps de la fermentation,
du dégagement gazeux et de la dispersion thermique,
l'élévation de température n'est
pas aussi importante que pourrait le laisser craindre
cette théorie. Néanmoins, il faut faire
attention à ce que la température critique
de 32 °C ne soit pas dépassée car
alors, les levures seraient détruites et des
arrêts de fermentation, des accidents microbiens
tels que la piqûre lactique ou acétique
seraient possibles.
On peut également, par
suite d'effets climatiques indésirables, obtenir
des températures de fermentation trop basses
et donc une fermentation trop lente. L'opération
d'éraflage provoque une élévation
de température pouvant atteindre 5 °C. La
température critique (32 °C) peut donc être
atteinte alors qu'elle ne l'est pas pour une même
vendange non éraflée.
Il est donc essentiel que le
vinificateur suive de près la fermentation et
procède régulièrement (deux fois
par jour) à la mesure simultanée de la
température et de la densité du contenu
de la cuve.
Remarque
· Autrefois, la
cuvaison en petits récipients de bois permettait
naturellement un contrôle de ces températures.
Actuellement, avec l'augmentation de la capacité des
récipients de fermentation (surface de diffusion
thermique plus faible par rapport au volume vinifié),
les échanges thermiques deviennent de plus en
plus faibles et nécessite parfois d'être
augmentés à l'aide d'un écoulement
d'eau froide sur les parois extérieures de la
cuve. (l'utilisation de circuits réfrigérants à l'intérieur
de la cuve ou le passage du moût dans un refroidisseur
externe à la cuve permettent d'obtenir un même
résultat).
· Le chapeau de
marc va rendre encore plus difficile la diffusion du
rayonnement thermique : les températures maximales
se rencontrent au centre de la cuve de fermentation.
C'est pourquoi une homogénéisation de
la répartition des parties solides dans la cuve
aboutit également à une meilleure régulation
thermique ( cfr remontage).
b) Transformation des sucres
Le viticulteur s'assure de la
transformation des sucres par un calcul de densité (appareil
de mesure = mustimètre) . La densité est
le rapport entre la masse d'un corps et celle d'un
même volume d'eau (densité de l'eau =
référence = 1). Un liquide sucré tel
que le moût est plus lourd que l'eau, il a donc
une densité plus élevée.
Au départ de la fermentation,
la densité du jus s'établit entre 1.080
et 1.110. Le travail des levures fait disparaître
peu à peu le sucre (transformé en alcool,
de densité moindre que l'eau). La densité du
moût diminue donc progressivement jusqu'à atteindre
un chiffre entre 0.993 et 0.995 à la fin de
la fermentation.
Figure 9 :
Courbes de fermentation
Le vinificateur note régulmièrement
sur une courbe l'évolution de la densité et
de la température des cuves. Cette courbe permet
de suivre l'évolution des fermentations
Remarque
Lorsque le mustimètre affiche
une densité de 0.994 environ et que l'analyse
chimique du vin (faite en laboratoire) évalue
sa teneur en sucre à moins de deux grammes par
litre, la fermentation alcoolique peut être considérée
comme terminée.
c) Propriétés
du soufre (SO2)
Le soufre a des propriétés
antioxydantes, antiseptiques et antifongiques. Il protège
donc le vin de l'action néfaste de l'oxygène,
empêche le développement des bactéries,
inhibe certaines souches de levure et évite
l'apparition de moisissures.
Plus précisément,
la vendange, une fois mise en cuve, est traitée
au soufre afin d'inhiber l'action de certaines enzymes
présentes dans le raisin qui pourraient décolorer
le vin. Le soufre retarde également le développement
des bactéries lactiques qui ne doivent intervenir
qu'après la fermentation alcoolique. Au cours
de cette dernière, le soufre disparaît
en se combinant avec l'alcool formé par les
levures.
Remarque
La présence de levures
et de gaz carbonique empêche le développement
des bactéries. L'action antibactérienne
du soufre est donc inutile.
d) Levures
Agents biologiques de la fermentation
Les levures sont des champignons
microscopiques qui transforment naturellement le sucre
du raisin en alcool. Ces micro-organismes ont une anatomie
extrêmement simplifiée (êtres unicellulaires).
Buts et effets du levurage
Ajouter des levures adéquates
et en plaine activité à la vendange permet
de provoquer, par leur multiplication dans la masse
du moût, la fermentation alcoolique.
Le sulfitage stoppe momentanément
l'action des ferments apportés par la vendange,
c'est pourquoi, un apport de levures extérieures
permet d'obtenir :
- un démarrage rapide
de fermentation,
- une régularité et
un achèvement normal de fermentation,
- une fermentation complète
(légère augmentation du degré alcoolique),
- une meilleure conservation
(absence de sucres résiduels dans le vin).
Mécanismes d'intervention
naturels des levures
- Les levures présentes
dans et sur le sol sont déposées sur
la baie par le vent et les insectes.
- Leur nombre et leur répartition
dans les vendanges varie d'un vignoble à l'autre
et d'une année à l'autre (en raison
des conditions climatiques et des effets inhibiteurs
d'éventuels pesticides).
e) pH du vin
En plus de l'acidité totale
d'un vin (somme des acides exprimée en grammes
de H2SO4 par litre), il faut tenir compte de la force
des acides : le pH (celui-ci varie pour les ions entre
2.8 et 3.8). Deux acides différents, représentant
chacun une même quantité de H2SO4, n'ont
pas nécessairement la même force.
Ainsi, une solution renfermant
7.5 g d'acide tartrique par litre soit 4.9 g de H2SO4
/l, aura un pH de 2.19. Tandis qu'une autre solution
de même acidité de titration, mais faite à partir
de 9 g d'acide malique par litre, aura un pH de 2.40
donc une force plus faible.
La notion de pH intervient
dans :
- La résistance des vins
aux maladies ou fermentations secondaires (ou aux
troubles ferriques). La fermentation malolactique
est, par exemple favorisée par un pH élevé.
- Le goût du vin
- La couleur. Elle est plus
intense pour des pH bas.
- Le pouvoir antiseptique du
SO2 (qui augmente lorsque le pH diminue).
- La clarification. Par collage,
elle est très difficile à réaliser
pour des solutions de pH bas.
4. La phase
de macération
La macération se déroulle
paralèllement à la fermentation alcoolique
lors de la cuvaison. Cette étape de la vinification
consiste à mettre en contact les pellicules qui
forment le chapeau de marc et le jus pour assurer au
vin coloration et richesse tanique.
a) Le remontage
L'émanation de gaz carbonique
due à la fermentation alcoolique provoque une
remontée des parties solides (peaux, rafles,
pépins). Celles-ci vont s'accumuler à la
surface et forment ce que l'on appelle le chapeau de
marc.
Les peaux n'étant plus
en contact avec le liquide, , ne libèrent plus
leurs matières colorantes. Afin de faciliter
la diffusion des pigments, le vigneron effectue des
remontages du moût : à l'aide d'une pompe,
il prélève du moût dans le bas
des cuves pour le reverser à la surface et ainsi
permettre le redistribution des peaux au sein de la
cuve.
Figure 10 :
Evolution de l'intensité colorante et de la
teneur en tanins au cours de la vinification en vin
rouge
Remarque
· La présence
d'alcool et les hautes températures augmentent
la solubilité des pigments et des tanins dans
le jus.
C. Ecoulage
et le pressurage des vins rouges
Le vinificateur interrompt le contact
entre le marc et le vin quand celui-ci est assez coloré et
tannique. L'écoulage permet de recueillir le vin
de goutte. Le pressurage libère le vin de presse.
1.
Ecoulage du vin de goutte
Le vin occupe les deux tiers de
la cuve. Il est évacué par simple gravité par
un robinet : c'est le vin de goutte. Ce vin est aéré afin
d'éliminer les odeurs dues au manque d'oxygénation
du milieu fermentaire, de favoriser la diminution du
gaz carbonique et de renforcer la couleur et la révélation
des arômes.
Le vin de goutte est alors replacé en
cuve. C'est à ce stade qu'il subit une fermentation
malolactique (élevage).
2. Récupération
du vin de presse
a) Démarcage
Le marc tombe au fond de la cuve
après l'écoulement du jus. Le démarcage
consiste à sortir cette masse compacte de pellicules,
pépins et rafles hors de la cuve. Le marc (représentant
un tiers du volume de la cuve) est alors transporté jusqu'au
pressoir.
b) Pressurage du marc
10 à 20 % du volume du
vin est retenu dans le marc. Le pressurage permet de
le récupérer. Ce vin, appelé vin
de presse, est beaucoup plus riche en tanins et donc
en structure que le vin de goutte. Vu les fortes pressions,
l'amertume des vins de presse va en augmentant, ce
qui explique que l'on sépare souvent les jus
recueillis après chaque pressée.
Une fois pressé, le marc
peut être distillé et donner, par exemple,
de l'eau-de-vie de marc ou de l'engrais agricole.
c) Utilisation du vin de presse
La première presse peut être
incorporée au vin de goutte en quantité variable
selon le type de vin que le viticulteur désire
obtenir. Pour les rouges légers, on évite
d'utiliser ces vins de presse à l'amertume trop
prononcée.
D. Élevage
Cette étape de la fabrication
du vin comprend plusieurs phases : après la fin
de la fermentation, lorsque la séparation des moûts
s'effectue avant la dégradation de tout les sucres,
vient la fermentation malolactique. Celle-ci peut se déclencher
directement, après quelques semaines ou seulement
au printemps suivant. Ensuite, c'est la phase de l'élevage
proprement dit qui se déroule soit en récipients
totalement hermétiques (inox, acier, ciment...)
et inertes vis-à-vis du vin, soit en récipients
de bois (pièces neuves ou usagées).
1.
Apports de la fermentation malolactique
a) Désacidification
naturelle
La fermentation malolactique transforme
l'acide malique en un acide plus agréable qui
est l'acide lactique. Celui-ci atténue l'astringence
du vin et renforce la couleur des vins rouges.
b) Modification aromatique
Les arômes primaires issus
du raisin et les arômes secondaires produits
par la fermentation alcoolique s'atténuent voire
disparaissent. De nouveaux arômes apparaissent
comme le diacétyle à l'odeur de beurre
frais.
c) Stabilisation biologique
Après la fermentation
malolactique, le vin est moins sujet aux attaques bactériennes
et levuriennes qui pourraient l'altérer.
2. Conditions
de la fermentation malolactique
a) Agents de la fermentation
Les bactéries lactiques
responsables de la fermentation malolactique sont présentent
naturellement dans le moût. Lors de la fermentation
alcoolique, les levures et le soufre inhibent leur
action.
A l'issue de la fermentation
alcoolique, les levures meurent et les bactéries
lactiques peuvent alors se développer. Elles
consomment l'acide malique et rejettent de l'acide
lactique.
b) Conditions favorables à la
fermentation
La température du vin
doit être comprise entre 18 et 20° pour obtenir
une prolifération suffisante des bactéries
lactiques, tandis que le pH doit être compris
entre 3 et 3.6. Même si ces conditions semblent
réunies, le déclenchement de la fermentation
malolactique n'est pas systématique.
c) Départ et achèvement
de la fermentation malolactique
La fermentation peut commencer
quelques jours après la fermentation alcoolique
ou, si la température des cuves n'a pas pu être
maintenue, elle se déclenchera tardivement au
printemps.
Figure 11 :
Réactions chimiques de la fermentation malolactique
Figure 12 :
Evolution de certains constituants du vin au cours
de la fermentation malolactique
L'achèvement de cette
fermentation est déterminé par l'analyse
chimique (disparition des acides maliques). Tant que
le vin n'a pas fait sa fermentation malolactique et
n'est pas protégé par de l'anhydride
sulfureux, il reste fragile et sensible à tout
développement bactérien ou levurien.
3. Élevage
Au printemps, les vins jeunes et
peu complexes sont prêts à être filtrés
et mis en bouteille. L'ensemble des phases de fermentation
aura pris environ deux mois. Toujours à cette
même époque, les vins plus corsés,
destinés au vieillissement, sont transférés
dans des fûts de chêne. L'influence de cette
opération sur l'arôme du vin dépend
de la provenance du bois, du mode de fabrication du fût...
Le chêne neuf communique au vin un arôme
marqué de vanille, de bois coupé et ajoute
du tanin, ce qui renforce la complexité d'un bon
vin et le rend plus apte au vieillissement. Le vin peut
rester six à dix-huit mois dans les fûts
de chêne (si on n'oublie pas de fréquentes
opérations d'ouillage-remplissage pour compenser
l'évaporation avant embouteillage.
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