II.
TRAVAIL SUR LE VIN
A. Élevage
en barrique
Le vin y subit les heureux
effets de l'oxydation : l'oxygène qui passe à travers
le bois permet un premier épanouissement du vin.
A l'astreingeance et à la dureté, succèdent
la rondeur et le soyeux.
B.
Soutirage
Le vin, surtout le vin rouge
de garde, est soumis périodiquement à des
soutirages, c'est-à-dire des transvasements d'un
récipient vinaire à un autre. Les soutirages
permettent d'évacuer le dépôt de particules
au fond des cuves. L'oxygénation possible du vin
lors de ces opérations influence sa couleur et ses
arômes (il est toutefois souhaitable d'éviter
les excès).
1.
Effets bénéfiques du soutirage du vin
Les lies, particules qui
précipitent au fond des cuves, sont formées
de débris de raisin, de matières colorantes
précipitées, de tartre cristallisé naturellement
sous l'effet du froid, de bactéries et de levures.
Le maintien de ces lies au fond des cuves risque de transmettre
des goûts désagréables au vin. C'est
pourquoi il est intéressant de les éliminer.
L'aération éventuelle
du vin provoque la diminution de la concentration en
gaz carbonique issu de la fermentation alcoolique, la
formation des arômes du bouquet, la suppression
des odeurs des composés soufrés formés
par les levures et la décomposition des lies.
2.
Périodicité des soutirages selon le type
de vin rouge
Les vins rouges primeurs
ne subissent pas de soutirage à l'air pour ne
pas réduire leur teneur en gaz carbonique, base
de leur originalité.
Les vins rouges de garde
subissent deux à trois soutirages avec aération
pendant les trois premiers mois de l'élevage,
cela pour éliminer les particules précipitées
et réduire la teneur en gaz carbonique. Ensuite,
des soutirages sont réalisés tous les deux
mois pour les vins en cuve et tous les trois mois pour
les vins en barrique.
C.
Clarification
La clarification peut se
faire de deux manières différentes : par
collage ou par filtration. Ces deux opérations complètent éventuellement
les soutirages en recueillant les particules non précipitées
avant la mise en bouteille. Elles assurent au vin une meilleure
limpidité et préviennent les risquent de
dépôt en bouteille.
1.
Collage
Le collage a pour but
de clarifier le vin en y introduisant des substances
protéiques. Celles-ci s'agglomèrent au
contact des tanins du vin avec les particules en suspension.
Les flocons ainsi formés se déposent au
fond de la cuve. En général, les viticulteurs
préfèrent les colles aux effets lents et
doux, mais des colles plus brutales peuvent permettre
d'assouplir des vins trop durs en supprimant les tanins
en excès.
Avant de mélanger
la colle au vin, il faut la dissoudre, le plus souvent
dans de l'eau, pendant environ trente minutes (la colle
se présentant sous forme de poudre ou de liquide).
Et c'est par un soutirage que l'on va séparer
le vin clair des lies de colle.
Les collages présentent
de nombreux avantages :
- ils sont économiques
car ils ne nécessitent pas l'emploi d'un matériel
coûteux ou compliqué, - ils permettent
d'éviter les manipulations ou aérations
inutiles,
- ils accroissent la
stabilité du vin,
- ils assouplissent
les vins trop riches en tanins,
mais :
- ils ne réussissent
pas toujours s'ils ne sont pas effectués avec
soin,
- ils peuvent laisser
des lies importantes,
- ils amaigrissent les
vins délicats qui exigent souvent un repos prolongé.
Remarque
Le collage est effectué de
préférence l'hiver car le froid favorise
la précipitation des particules.
Tableau
4 : Différents types de colles utilisées
pour les vins rouges
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Type
de colle
|
Nature
du vin traité
|
Temps
de précipitation
|
Remarques
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Albumine
d'oeuf
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Vins
rouges
|
45
jours
|
Elle
est extraite directement d'oeufs frais ou se présente
en poudre, en liquide. C'est la colle la plus adaptée
aux vins fins.
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Gélatine
|
Vins
rouges
|
8
jours
|
Elle
diminue la rugosité des tanins des vins
de presse. Elle est déconseillée
pour les vins fins du fait d'un risque d'amaigrissement
du vin.
|
|
Albumine
de sang animal
|
Vins
blancs
Vins rouges
|
8
jours
|
Elle
est bien adaptée aux vins blancs, mais peut
entraîner une décoloration des vins
rouges.
|
2.
Filtration
De temps à autre,
faire un filtrage est nécessaire afin de clarifier
les vins en les débarrassant de leurs lies. Cette
opération s'effectue par filtration des liquides
sur des chausses des
toile ou de molleton. Très ancien, ce mode de
clarification présentait toutefois un inconvénient,
car le vin filtré passait dans des conduites de
métal qu'il attaquait. La filtration n'a donc
pris toute sa valeur qu'à partir du moment où le
matériel vinaire a été construit
dans un métal inattaquable par les acides du vin
garantissant ainsi un excellent nettoyage.
Les filtrages évitent
les attentes et les incertitudes dues aux collages. Ils
ne modifient pas la composition du vin, sont rapides
et apportent une certaine sécurité au viticulteur.
Par contre, ils fatiguent parfois certains vins qu'il
faut alors laisser reposer pour les remettre en état
et leur rendre toutes leurs qualités.
D.
Stabilisation
La stabilisation est réalisée
pour prévenir tout risque de développement
bactérien ou lévurien lorsque le vin sera
en bouteille. de plus, cette opération élimine
le tartre. Le vinificateur peut décider d'en effectuer
une avant la mise en bouteille.
1.
Pasteurisation
Ce procédé détruit
les micro-organismes par chauffage du vin quelques secondes à 80° ou
quelques minutes à 65°. Cette opération
est pratiquée en cuve avant l'embouteillage ou
sur les bouteilles pleines à l'intérieur
d'un tunnel chauffé.
La pasteurisation altère
le vin (oxydation, couleur), c'est pourquoi elle est
réservée aux vins de table ou à certains
vins moelleux pour empêcher une re-fermentation
des sucres résiduels.
2.
Stabilisation tartrique
Au cours de l'hiver, des
cristaux de tartre se forment naturellement dans les
cuves et se déposent sur le fond. Ces cristaux
ne nuisent en rien à la qualité du vin
mais s'ils surviennent plus tardivement, lors d'une exposition
au froid des bouteilles, on interprète souvent
leur présence comme la preuve d'un ajout frauduleux
de sucre dans le vin.
C'est pour éviter
ce genre de problème que le viticulteur provoque
délibérément une baisse de température
de la cuve et donc une cristallisation du tartre avant
l'embouteillage.
E.
Ouillage
L'air altérant la
qualité du vin, cette première opération
permet de maintenir les récipients aussi pleins
que possible. L'ouillage consiste donc à compenser
le vide, produit de l'évaporation du vin et de la
diminution du volume suite à un refroidissement,
par une adjonction régulière, faite soigneusement,
d'un vin de même origine. Les maladies dues à des
micro-organismes aérobiques et aux bactéries
acétiques sont ainsi évitées.
F. Élevage
en bouteille
C'est la phase terminale
de la fabrication du vin. Ici, c'est le phénomène
inverse de l'oxydation qui se produit. A l'abri de l'air,
des réactions de réduction vont développer
le bouquet, tout en lui donnant des nuances plus subtiles.
L'élevage en barrique et l'élevage en bouteille
sont deux actions qui se complètent.
C'est dans l'ombre calme
des caves que le vin poursuivra sa vie avant d'être
livré à la consommation. Enfin, lorsque son
destin sera fixé, le vin sera commercialisé.
A ce stade, le vin est élevé et c'est au
talent du futur consommateur, à son goût et à ces
connaissances, de parachever l'œuvre collective.
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