HISTORIQUE DU COR D'HARMONIE
L'usage des instruments à vents s'est probablement
répandue dès l'apparition sur terre de l' "Homo Intelligens".
En effet, on peut imaginer qu'un très lointain jour
un homme ou une femme a eu l'idée de souffler dans un morceau d'os ou de corne et a été
le
premier surpris (ou la première surprise) d'entendre un son autre que les sons naturels ordinaires:
voix humaine, cris d'animaux, pluie, orage etc...
Les os long ont donnés naissance aux instruments du genre "flûtes", les os
courts aux sifflets.
Les cornes aux trompes et cors.
Remarquons que les os
utilisés ont une forme cylindrique et les cornes une forme conique.
A l'origine des trompes, cors et trompettes on peut imaginer des tubes de forme quelconque
et de perce grossièrement conique destinés à modifier le timbre ou à
amplifier le son
de la voix.
Par la suite, l'instrument fut fabriqué en écorce, bois, terre cuite, verre et
différents métaux.
voir La busine.
Néanmoins, ce fut le cuivre qui l'emporta.
De nos jours les bons instruments sont en cuivre, cuivre rouge ou maillechort (alliage de cuivre et de nickel
et de zinc imitant l'argent).
Vers le 20° siècle avant J.C. on trouve des cors en corne décorés de motifs de
bronze
(alliage de cuivre et d'étain).
On a découvert à Lund (Suède) un cor en bronze, sans embouchure permettant
déjà
d'obtenir des sons différents.
L'Australopithèque employe un type d'instrument qui ressemble à la fois au porte-voix
et à la trompe.
La trompe en bois, en bambou ou en fruit de calebassier est encore employée en Afrique
équatoriale, en Asie Australe et chez les Indiens d'Amérique.
Des cors en bronze (LUUR) ont ete trouvés dans les marais de Scandinavie.
Un cor celtique en bronze à été découvert à Nice.Ces instruments
ont la forme d'une défense
de mammouth.
Des cors de cette époque du bronze, mais fabriqués en poterie ont été
trouvés à Numance, ville de l'ancienne Espagne.
Le cornu (latin) était un instrument en forme de G et dont le pavillon figurait souvent
une tête d'animal monstrueux.
Il en était de même pour le carnyx des Celtes et le Keren hébreux.
Dans ses Odes, Horace parle du "bruit" menaçant des cors.
Les cors antiques étaient sourtout emplyés par des soldats et
servaient d'appel aux armes ou à la clémence des dieux.
Ils étaient parfois énormes comme le cor d'Alexandre le grand.
La corne ou
l'olifant (Hirschruf-appel du cerf) ne pouvait donner que quelques sons.
Les cors des Alpes étaient et sont encore de longs tuyaux en bois qui
peuvent monter jusqu'au 16° harmonique.
Il existait dès le 12° siècle un nombre considérable d'instruments.
Mais sauf dans des usages épisodiques, fanfares de défilés ou de tournois
ils n'étaient que des auxillaires ou des succédanés de la voix.
Leur emploi n'était jamais spécifié, on se servait de ceux que l'on avait sous la
main.
Sauf pour l'orgue, on ne trouve que dans le courant du 15° siècle des indications encore
très rares de tel ou tel instrument, presque toujours en cuivre, auquel était
destiné une des parties
de la polyphonie.
Il faut attendre la fin du 15° siècle. Les instruments commencent alors à être
désignés exactement.
La "partition de cor" qui nous semble si naturelle et indispensable
n'existe donc en réalité que depuis quatre siècles.
Il ne faudrait pas s'imaginer un défilé militaire romain avec les musiciens de la fanfare
jouant
et lisant une partition.....
C'est durant la première moitié du 17° siècle que, de Huchet et Trompe,
s'allongeant et se recourbant puis
s'enroulant sur lui même au fur et à mesure de cet allongement, il prit sa forme
définitive:
celle qui persiste dans notre actuel cor de chasse naturel en ré.
Le tube de cet instrument avait 4,5m de long mais malgré ses 3 octaves ne donnait qu'une
échelle discontinue des sons
Il est voué à accompagner les chasses. Louis XI ordonne que la statue qui
s'érigera sur sa tombe le représente vêtu
en chasseur avec la trompe de chasse en bandouillère.
On trouve l'instrument pour la première fois à l'orchestre en
1639: "Les Noces de Thesis et Pelee" de Cavalli
1664: "La Princesse d'Elide" de Lully
N'oublions pas non plus que jusqu'au début du XVIII° siècle les cor, instrument des
enchantements et des opérations d'envoûtement
(c'est son rôle dans la chasse) est resté en Allemagne suspect aux yeux des
autorités religieuses et civiles.
En 1711 encore, une ordonnance princière interdisait d'en jouer en dehors de certaines
fêtes de la Cour alors que les instruments de cuivre
tels que les trombones, clarines et trompettes jouissaient de la plus large popularité.
Le cor jusqu'à lépoque de J.S. Bach n'était pas admis dans la
Stadtpfeifferei.
Deux découvertes importantes ont marqué l'évolution du cor à cette
époque.
Tout d'abord on vit apparaître un instrument qui depuis l'embouchure jusqu'au pavillon
avait une forme tronc-conique.
C'est le comte Von Sporken qui l'introduisit en Allemagne vers 1700 et il
reçut le nom de "Waldhorn". Nom qui désigne encore de nos jours le cor outre
Rhin.
C'est un cor en mib à enroulement plus serré qui détrône le cor en
ré.
Ce cor fut entendu chez "La Pouplinière" et au concert spirituel en 1748 et 1749 pour
l'exécution des "Symphonies pour 2 cors de chasses" de Guignon
puis en 1751 dans les Symphonies pour orchestre de Stamitz.
Outre le cor en mib, on vit apparaître des cors en ut, mi, fa et sol.
La deuxième découverte de cette époque fut le "ton de rechange".
On appelle tons de rechange des tyaux mobiles dont la longueur est calculée de façon
à amener respectivement des allongements de la colonne d'air
primitive d'où résultent des abaissements successifs de 1/2, 1 ou 1 1/2 ton.
Le ton de rechange s'intercalait ordinairement entre l'instrument et l'embouchure, chaque ton de
rechange produisait une nouvelle série d'harmoniques.
On employait jusqu'à 16 tons de rechange.
En France, l'introduction du cor d'harmonie à l'Opera date de 1751:
Rameau fit entendre le nouvel instrument dans l'Ouverture "Acanthe et Sephese"
En 1751, Marech corniste de la Chapelle de l'Impératrice Elisabeth de Russie forma un
orchestre composé uniquement de
64 cornistes jouant sans tons de rechange et employant un cor spécial pour chacune des
tonalités employées. (Quel bruit!)
L'instrument n'avait aucun moyen de s'accorder au diapason en usage. On y parvenait plus ou moins
en fixant l'embouchure à des profondeurs différentes.
En 1753, l'allemand HAMPELL imagina de fixer dans le milieu de l'instrument des tuyaux
coulissants qui permettaient d'accorder l'instrument de façon valable.
Hampell découvrit également une façon d'atténuer la
discontinuité des échelles.
Elle consistait à boucher avec la main le pavillon de l'instrument, soit à demi ce qui
baissait d'un demi ton le même son ouvert soit complètement ce qui élevait
ce dernier d'un demi-ton.
Ainsi en alternant sons naturels (ouverts) et sons bouchés on pouvait obtenir presque tous les
intervalles chromatiques
de l'étendue du cor
Le "cor à main" tel que l'on appela l'instrument fut joué par de véritables
virtuoses dont le premier fut un parisien nommé
Rodolphe!
De nos jours, malgré l'invention des pistons, les cornistes employent parfois le son
bouché pour donner une sonorité plus lointaine, comme un écho.
Ou alors pour faire cuivrer leur instrument et donner un effet particulier à la
musique.
D'après Eugène VIOLLET le DUC (1858 - 1875)
dans le "Dictionnaire raisonné du mobilier".
COR, s. m. Instrument à vent plus petit que la busine et
plus grand que l'olifant.
Le cor se distingue de la busine, de la corne, du cornet,
de l'olifant, de la trompe et de la trompette.
Cependant les poètes le confondent parfois avec l'olifant,
qu'ils appellent un cor d'ivoire.
Mais ce qui distinguait particulièrement le cor de l'olifant, c'est
que le premier était très recourbé, de façon à ramener le pavillon
par-dessus l'épaule.
Voici un passage de Joinville qui le prouve :
" Avec le prince (d'Antioche) viendront quatre menestriers de la grande
Hyerménie, et estoient frères ; et en aloient en Jérusalem en
pelerinage, et avoient trois corz dont les voiz (les pavillons) des
corz leur venoient parmi le visage. Quand il encommençoient à corner,
vous deissiez ce que sont les voiz des cynes qui se partent de
l'estanc ; et festoient les plus douces mélodies et les gracieuses,
que c'estoit merveilles de l'oyr1 "
On disait cors grelloiier pour cors sonner.
Les cors très recourbés, étaient faits de laiton.
Dans les châteaux, on annonçait les repas au son du cor : c'est ce qu'on appelait corner l'eau, c'est-à-dire prévenir les convives qu'ils eussent à se laver avant de se mettre à table. Les guetteurs n'avaient pas de cors, mais des cornes ou des olifants
C'est en 1813 qu'apparaîtra pour la première fois le système des pistons inventé
par les Silésiens
STOLZEL (1722-1844) und BLUHMEL.
A l'origine, il s'agissait de 2 pistons placés sur la pompe d'accord.
Plus tard, Schuster de Karlsruhe fixa les pistons sur le corps même de l'instrument.
En 1826, le corniste Meifred de Paris construisit un cor à 3 pistons, de même que
Mûller de Mainz, Statler (Leipzig) et Halany (Paris).
La forme même des pistons subit diverses variations: de carrés au début, ils
devinrent tubulaires. Divers types d'instruments
furent présentés à 3,4 et même 6 pistons.(A. SAX)
Quelle est l'utilité de ces pistons?
Le premier baisse le son d'un ton
Le deuxième baisse le son d'1/2 ton
Le troisième baisse le son d'1 et 1/2 ton
En 1860 le corniste Vuillermoz imagina un nouveau système dit du troisième piston
ascendant, celui-ci élevant la note au lieu de l'abaisser. C'est à dire racourcissant la
note au lieu de l'allonger.
Un cor Selmer, avec 3° piston ascendant
Quelques cornistes employent encore cette technique du cor ascendant, mais c'est
majoritairement la technique du cor descendant qui est employée actuellement.
Malgré l'apparition réellement révolutionnaire des pistons, il fallut
longtemps avant que les musiciens ne les adoptent.
Les compositeurs s'obstinèrent pendant plus d'un demi-siècle à bouder le cor
chromatique et à employer le cor simple.

cor double fa/sib Alexander 1003
Le cor double moderne est en fa/sib. La plus grande longeur est 4m.
On joue joue sur le ton de sib ou sur le ton de fa, mais majoritairement, on continue à
entendre le son "en fa".
Quelques cornistes entendent et parlent en "ut" (tonalité concert).
Plus de documentation et toutes les photos en français et en néerlandais
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Last Update: 10/04/2004