Lu pour vous
"Crinières de jade"
de Stéphane et Véronique Bigo
aux éditions Belin
" Crinières de Jade ", ou 2500 kilomètres en Orient
Tout commence pour Stéphane et véronique en mars 1999, par une
semaine à Hong Kong pour l'obtention d'un visa de six mois pour la
Chine. Hughes les rejoint à Beijing (Pékin) d'où ils partent en
train pour Urumqi avec leurs deux cents kilos de bagages: voyage qui
dure trois jours!
En avril, à Urumqi, grâce à un jeune professeur d'anglais kazakh,
ils achètent deux chameaux (à l'abattoir de la ville) et rencontrent
dans les environs de la ville une sympathique famille, kazakhe
également, qui les accueille le temps de fabriquer, à l'inspiration,
deux bâts pour leurs porteurs de bagages. Là, pas de chevaux
convenables. Ils partent donc pour les Tian Shan, Monts Célestes,
où ils trouvent enfin des montures dignes de ce nom chez un éleveur
kazakh vivant dans une yourte à 3.000 mètres d'altitude.
En mai, départ de Balguntaï et traversée longitudinale des Tian
Shan par les hautes vallées où une herbe rase mais très nutritive
alimente yaks, moutons et chevaux. Les immensités froides se
déroulent devant la caravane, dans un décor grandiose d'où l'arbre
est complètement absent. La neige et le vent sont par contre au
rendez-vous. Ce sont les bouses qui servent de combustibles aux
nomades qui hantent ces régions.
Les voyageurs sortent de ces vastes paysages par un tunnel de
deux kilomètres; ils s'apprêtent à descendre vers le Takla Makan
lorsque Hughes fait une chute de cheval grave qui l'oblige à un
rapatriement d'urgence. Véronique l'accompagne tandis que Stéphane
prend en charge la caravane de cinq animaux pour la convoyer seul
jusqu'à Kuqa où Véronique le rejoindra. Sur la route, un berger lui
vole ses affaires, jusqu'à ses lentilles de contact! Grâce à la
police chinoise, il récupère heureusement le tout deux jours plus
tard.
A Kuqa, Véronique revient. Hughes a quatre vertèbres tassées,
trois côtes cassées et un décollement de la plèvre. Sonnés, Stéphane
et son épouse rallient Aksu en juin pour retrouver Ralph, qui
restera avec eux jusqu'à la fin du voyage. 260 km de désert grisâtre
et venteux. Les chevaux n'ont pratiquement rien à se mettre sous la
dent mais ont l'habitude des privations. Les chameaux, en revanche,
se régalent avec tous ce qui pousse d'épineux et d'amer. Les oasis
des haltes sont habités par des Ouïghours et de plus en plus de
Chinois.
En juillet et août, c'est la remontée dans les Tian Shan qui se
prêtent beaucoup plus que le désert au voyage avec des animaux,
cette fois dans une région peuplée de Kirghizes. Il fait beau et
frais, l'équipe est parfaitement rodée, le voyage trouve ses grands
rythmes. Ses hôtes sont en général aimables et accueillants. Descente
ensuite vers la mythique Kashgar, carrefour de cultures et étape
majeure sur la route de la soie. Les cavaliers y reprennent des forces
et reconstituent leurs provisions avant d'affronter la Karakorum
Highway qui les emmènera jusqu'au Pakistan par le célèbre col du
Khunjerab, à 4.800 mètres d'altitude. De majestueux patriarches
enneigés regardent l'équipe cheminer du haut de leur presque huit
mille mètres d'altitude, dans un décor époustouflant.
Une fois au Pakistan, Stéphane et Véronique décident d'arrêter
le voyage en caravane et réussissent à placer leurs compagnons de
route dans de bonnes conditions. Une page se tourne. Ils resteront
cependant encore trois mois en Inde, le temps de terminer leur
mission: réunir les éléments photographiques et culturels qui leur
permettront d'élaborer les programmes d'animations pédagogiques
qu'ils mettent au point après chaque voyage, dans le cadre de leur
association " Planète et Connaissance de l'Homme ".
Christel et Jean-Louis BARBE
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mise à jour le 13 mars 2002