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«Le garçon qui n’arrêtait pas de se laver»

Rapoport J., Éditions Odile Jacob, Paris, 1991 ( 292 pages )

 

À sa sortie de presse en 1991, une interview de l’auteur, Judith Rapoport, dans une émission sur une grande chaîne française, a constitué le point de départ d’une campagne de sensibilisation progressive dans les média sur le Trouble Obsessionnel-Compulsif.

 

La première partie du livre est consacrée aux récits de ceux qui ont souffert de ce trouble et des parents qui s’efforcent d’aider leurs enfants à le combattre. La partie centrale de l’ouvrage est constituée du témoignage de l’auteur dans sa découverte du trouble et sa pratique médicale (Rapoport est psychiatre). Dans la dernière partie de son livre, elle se pose la question des limites entre le TOC et les superstitions et habitudes qu’on observe couramment dans la vie quotidienne de nombreuses personnes. Elle s’interroge sur la ressemblance entre les rites compulsifs de ses patients et certains comportements prédéterminés de certaines espèces animales. Elle réfléchit également aux implications philosophiques du TOC en abordant les thèmes du libre-arbitre et de la biologie de la connaissance. En annexe sont fournis une check-list des obsessions et compulsions, une grille de quantification de l’intensité du trouble ainsi que les critères de définition du trouble de la personnalité compulsive.

 

Il s’agit d’un livre lisible par un large public, riche en témoignages mais qui est un peu trop centré sur le traitement pharmacologique. Il ne permet pas au lecteur de se faire une opinion informée sur les principes et pratiques psychothérapeutiques indiqués dans le traitement du TOC. Il n’y a pas de références bibliographiques.

 

«Manies, peurs et idées fixes : les comprendre, les traiter»

Lamagnère F., Editions Retz, Paris, 1994 (160 pages)

 

Dans un langage accessible à tous, l’auteur décrit des cas cliniques de trouble obsessionnel-compulsif et leur traitement par les thérapies pharmacologiques et cognitivo-comportementales. Il présente de manière très concrète les différentes techniques comportementales utilisées : l’auto-enregistrement, l’exposition avec la prévention de la réponse ritualisée, l’exposition en imagination et l’arrêt de la pensée (assez curieusement, l’auteur semble porter une prédilection pour la technique d’arrêt de la pensée qui actuellement ne semble plus guère usitée). L’approche cognitive n’est pas négligée et 

Lamagnère expose de manière simple le modèle cognitif du TOC développé par Salkovskis.

 

L’auteur fait le lien entre certains traits de la personnalité obsessionnelle et le TOC. Il fournit à ce titre un petit questionnaire afin que le lecteur puisse évaluer la composante obsessionnelle de sa personnalité. Tout comme Rapoport dans son ouvrage, il présente également une check-list des obsessions et compulsions et une grille simplifiée de quantification de l’intensité du TOC. À la fin du livre, l’auteur nous propose un petit lexique des termes techniques et médicaux ainsi que des références bibliographiques.

 

« Vivre avec un malade ... sans le devenir « 

Fortin B., Néron S., Montréal (Québec ), Éditions du Méridien, 1991

 

Ce livre rédigé par deux psychologues s’adresse à quiconque est confronté un jour ou l’autre avec la présence d’une maladie chronique chez une personne importante de son entourage ( traumatisme crânio-cérébral, grave insuffisance cardiaque ou rénale, maladie d’Alzheimer, douleur chronique, agoraphobie, ... ). Les proches d’une personne ayant un trouble obsessionnel compulsif ( TOC ) y trouveront des informations intéressantes. En effet le TOC constitue en général un trouble chronique pouvant affecter profondément la vie de l’individu qui en souffre ainsi que celle de toute sa famille.

Souvent l’entourage désireux de remplir un rôle actif de soutien, est conduit à faire face à un réaménagement important de sa propre vie. Ceci peut parfois constituer une menace à la satisfaction légitime de ses propres besoins et, en fin de course, à sa santé, surtout psychologique.

 

Le premier chapitre du livre décrit le stress qu’exerce le rôle d’aidant sur l’état physique et émotionnel des personnes-soutien ainsi que sur leurs relations conjugales, familiales, sociales et professionnelles. Des exercices sont proposés afin que le lecteur puisse évaluer son stress et en dresser le profil.

Le deuxième chapitre invite le lecteur à identifier la liste des moyens habituels qu’il utilise pour faire face au stress. Il présente ensuite des techniques de gestion du stress. La collecte d’information, la résolution de problème, l’entraînement aux habiletés de communication, la gestion du temps, la mobilisation du support des gens de l’entourage, l’aménagement de l’environnement et le retrait constituent les stratégies dites « orientées vers les problèmes».

 

Parmi les stratégies «orientées vers les émotions», les auteurs décrivent le détournement de l’attention, la recherche du sens de ce que l’on vit, la prise de distance émotionnelle, la prise d’information sur ce que d’autres personnes vivent dans une situation semblable, l’expression des sentiments, l’auto-observation, la restructuration cognitive, la révision des critères d’évaluation de ses capacités, la relaxation. Les exercices proposés facilitent l’apprentissage de ces stratégies concrètes d’adaptation et ont pour objectif d’aider le lecteur à mieux remplir son rôle de soutien tout en ayant une vie plus agréable.

 

 

 

 

«Comment ne plus être en retard»

Burka J.B. et Yuen L.M., Editions Payot & Rivages, Paris, 2000

 

Il s’agit d’une réédition en français d’un livre anglais paru en 1983 et qui est devenu un véritable classique sur le thème de la procrastination. Dans la première partie de leur ouvrage, les auteurs, deux psychologues, analysent ce phénomène que l’on peut définir comme la «tendance à tout remettre au lendemain». Ils décrivent le cycle de la procrastination et passent en revue différents facteurs motivant cette remise continuelle au lendemain: la crainte de ne pas être à la hauteur ou de devoir assumer la réussite, le perfectionisme, le désir de s’opposer sans se laisser dominer, la peur de l’isolement ou, au contraire, de l’intimité. Le cadre familial est ensuite abordé car pour les auteurs, il constitue le milieu de formation idéal du procrastinateur. Divers modèles de familles d’origine sont ainsi décrits: la famille tyrannique, sceptique, dominatrice, possessive ou encore distante.

 

La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée aux stratégies et techniques de changement pour se libérer de cette tendance à remettre à plus tard. Le lecteur est invité dans un premier temps à bien cerner ses difficultés de procrastination et à les évaluer sous les trois angles de la pensée, du comportement et de l’émotion. Une liste d’activités est présentée pour l’aider à repérer ses activités problématiques. Des conseils sont fournis afin d’établir des objectifs réalistes. Les techniques de changement exposées peuvent se répartir selon trois grands axes: l’apprentissage de la gestion du temps, le développement d’un réseau de soutien et la gestion du stress.

 

Un dernier chapitre est destiné aux personnes dont l’existence est affectée par le comportement d’un procrastinateur ainsi qu’aux procrastinateurs désireux de connaître les retombées de leur comportement sur autrui. Lorsqu’elle n’entraîne que des conséquences anodines, la procrastination peut être bénigne mais elle peut devenir pathologique lorsqu’elle a des conséquences très néfastes. En outre, il est fréquent que des personnes présentant des tendances obsessionnelles et compulsives soient sujettes à la procrastination. La lecture de cet ouvrage (si elle n’est pas remise à plus tard) pourra les aider à maîtriser ce comportement qui leur rend bien souvent la vie impossible et finit par exaspérer les autres.

 

 

 

 

«Manuel d’accompagnement destiné à l’entourage d’une personne atteinte de trouble obsessionnel compulsif»

Timmermans J.-M. & De Gregorio A., Socrate Editions

Hôpital Vincent Van Gogh, Mont-Sur- Marchienne

 

Le TOC est un fardeau pour le patient, mais bien souvent aussi pour l’entourage. En effet, ce dernier se trouve souvent étonné, gêné, irrité, en colère par ces symptômes qui peuvent transformer profondément le patient et la vie de famille. Parfois, l’entourage manifeste un niveau de souffrance considérable. Ceci veut dire que le TOC, bien souvent on en sort ou l’on y reste en groupe! Les réactions les plus fréquentes se caractérisent par de l’opposition ou la participation pure et simple aux rituels, voire les deux. Or ces deux attitudes sont tout aussi contre-productives. Comment faire donc pour vivre avec une personne souffrant de TOC, comment l’aider au mieux?

 

Ce petit livre très accessible et peu onéreux est très utile tant pour le patient que pour l’entourage qui sont ensemble sur la route du TOC. Il rappelle les signes d’alerte du trouble, ses caractéristiques, le principe de la thérapie comportementale, ce que la famille peut faire, le tout illustré par de nombreux exemples cliniques très illustratifs.

 

 

 

 

 

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Dernière modification : 24 avril 2001