Chorale Les Baladins

WEEK-END A LA MARLAGNE 2000

Les Vamps de la Chorale

Gisèle :        Et comme çà, Lucienne, Vous partez encore ? Où est-ce que vous allez avec votre trésor ?

Lucienne :    Mais, Gisèle, c’est vendredi et je vais aux chants .

Gisèle :        Vous allez enterrer votre trésor dans un champ ! Vous vous prenez pour le riche laboureur de La Fontaine ?

Lucienne :    Non, non, je ne vais pas l’enterrer dans un champ. Je vais à la répétition de chants. Quand on a un bel organe comme le mien, il faut le soigner et l’entretenir. Et d’ailleurs, quand il aura bien travaillé, je pense même que je vais l’arroser un peu !

Gisèle :        Oui, vous pouvez être fière de votre organe de basse mais ce n’est pas pour çà que vous devez insinuer que moi, j’ai une voix de garage !

Lucienne :    Non non, Gisèle , sûrement pas mais je vous laisse, il faut vraiment que j’aille aux chants, c’est important pour ma culture.

Gisèle :        Votre culture, tiens, c’est nouveau çà, qu’est-ce que vous cultivez ?  Des légumes, des poireaux, des oignons …? Moi, mes légumes, je les achète chez Aldi et je vous assure qu’ils sont tellement bons, qu’à chaque saison, je crie Vive Aldi !

Lucienne :    Ah ah, vous êtes drôle, Gisèle, mais je m’en vais, autrement, je vais rater mes échauffements et mon organe ne fonctionne pas bien à froid.

Gisèle :        Des échauffements ? Vous n’allez pas me dire que vous en avez besoin, chaude comme vous êtes ! Rien que d’y penser j’en ai des bouffées de chaleur.

Lucienne:     Gisèle, je m’en vais, mon chef de chœur n’aime pas que les choristes aient du retard.

Gisèle :        Votre chef de chœur ? Ah, je comprends, le tout est de savoir comment on écrit cœur. Je ne suis pas naïve, moi, Lucienne et quand j’étais jeune, mon fiancé aussi avait toujours peur quand j’avais du retard, il croyait toujours qu’il m’avait mis un polichinelle dans le tiroir ! Avec vous, pourtant, il y a pas beaucoup de risque !

Lucienne :    Vous êtes jalouse et vous devenez méchante, Gisèle, maintenant je pars.

Gisèle :        Et bien oui, allez faire vos échauffements et soigner votre organe. Moi, quand j’allais à la chorale, c’était convenable.

Lucienne :    Maintenant aussi, Gisèle, c’est convenable mais il faut s’exercer parce que notre corps doit devenir une caisse de résonance.

Gisèle :        Une caisse de résonance ? J’ai plutôt  l’impression que chez beaucoup, il sert de caisse de bières !

Lucienne :    Ah ah, Gisèle, heureusement qu’on boit des blanches, si c’était des noires on en boirait 2 fois plus !

Gisèle :        Oui, je vois, Madame fait de l’humour de musicienne !

Lucienne :    Ne vous fâchez pas, Gisèle, cette fois-ci, je m’en vais.

Gisèle :        Oui, c’est çà, allez rejoindre votre Roi de Cœur dans les champs !

Lucienne :    Non, Gisèle, pas le Roi de Cœur, le Chef de chœur.

Gisèle :        Oh, vous savez, pour moi, le Chef de chœur ou le Roi Lion, c’est chou vert et vert chou. Il existe même du camembert Cœur de Lion !

Lucienne :    Cette fois je m’en vais et je dirai bonjour de votre part, ils vous aiment bien là-bas, Gisèle !

Gisèle :        Ah oui ? Et bien je, heu, enfin … Et ce sont toujours les mêmes ? Je veux dire, le p’tit Michel il a pas grandi ? Et Jean-Marie, ses discours sont toujours aussi longs ?

Lucienne :    Oui, Gisèle, ils sont tous comme avant, même que Micheline, elle rit toujours mais elle ne fait aucun progrès en espagnol et en allemand.

Gisèle :        Et Pierre, il sort encore parfois aboyer dehors quand il  a besoin de se défouler ?

Lucienne :    Non, il a perdu son excuse parce que le chien du home a disparu. Il regrette beaucoup de ne plus pouvoir aboyer dehors mais maintenant çà aurait l’air bizarre! Je me demande même qui est responsable de sa disparition, peut-être un des ténors qui était jaloux de sa voix.

Gisèle :        Vous voulez parler du grand agronome ou bien de Guy Tariste ?

Lucienne :    Ce n’est pas Guy Tariste, c’est Guy Dagnely, le mari de la petite Jacqueline qui joue dans un théâtre de marionnettes !

Gisèle :        Et le garde-chasse qui fait toujours pleuvoir sur le lac, il est toujours là ?

Lucienne :    Sur quel lac, Gisèle ?

Gisèle :        Sur le Lac de Lamartine tiens.
Ô Lac, l’année à peine a fini sa carrière
  et déjà le Coucou fait “maille maille”

Lucienne :    Gisèle , vous allez me faire rougir. Sans vouloir vous choquer, il y en a encore beaucoup d’autres qui vont voir le coucou faire maille maille, même des petites jeunes qui avaient l’air très sage : la petite Cécile, la petite Nathalie.

Gisèle :        Oui, elles savent bien maîtriser leur corps pour chanter mais pour autre chose, il n’y a plus aucune maîtrise qui tienne !

Lucienne :    Gisèle, vous êtes vraiment jalouse. Vous avez eu votre temps aussi pour faire des folies de votre corps et je me suis laissé dire que ce n’était pas triste !

Gisèle :        Taisez-vous Lucienne, on ne déballe pas son linge sale ici. Parlez-moi un peu des autres . Les cheveux de Nicole, par exemple, est-ce qu’ils ont poussé, vous pensez qu’elle pourra un jour faire un chignon ?

Lucienne :    Un chignon banane ? P’t’être bien dans 3 ans ! Mais, vous savez, Gisèle, tout le monde n’aime pas les bananes. Evelyne par exemple, elle aime mieux l’ananas et pour le moment, c’est sûr, elle a la pêche!

Gisèle :        Oh, vous me fatiguez Lucienne, avec votre salade de fruits, vous me donnez envie de dormir. Tiens, à propos, Jo, elle vient toujours faire dodo pendant les répétitions?

Lucienne :    Oui, elle vient toujours mais elle n’ose plus bien faire dodo parce que toute sa famille vient pour la surveiller  et sa petite fille Mélanie va tout raconter à son Pépé Jean-Claude, le motard. Oh, vous savez, Gisèle, le motard, il “frigote” avec les bonnes sœurs.

Gisèle :        Comment çà, il fricote avec les bonnes sœurs ? Je savais bien que ce n’était pas très catholique moi, toutes ces histoires.

Lucienne :    Non, pas il fricote, il frigote ! Il a remplacé le frigo de la chorale par un frigo des bonnes sœurs et il en a donné un autre aux bonnes sœurs qui n’y ont vu que du feu !

Gisèle :        Ah, c’est amusant çà et qui est-ce qui surveille le frigo maintenant que Marcel ne le fait plus ?

Lucienne :    C’est Béatrice, vous savez, Gisèle, la directrice du Forem.

Gisèle :        Ah, çà ne m’étonne pas çà, le meilleur emploi, elle l’a gardé pour elle et comme je la connais, elle fait ça très sérieusement et elle goûte sûrement chaque bière avant de la servir pour s’assurer qu’elle soit bien fraîche. Andrée, au moins, elle surveillait Marcel.

Lucienne :    Vous savez, Gisèle, il y a aussi des nouveaux qui sont très sympas : Rita, vous la connaissez déjà et la famille Melnik qui se spécialise dans le chant espagnol et puis Monique et puis 2 jeunes informaticiens , Sabine et Alain.

Gisèle :        Des informaticiens ? Ca chante ça ? Moi je croyais que ça communiquait seulement par e-mail. D’ailleurs, ce serait beaucoup plus malin de faire vos répétitions par e-mail, il n’y aurait plus de problème de langue ni de retard, ni de frigo, ni de local. L’e-mail , c’est l’avenir Lucienne mais vous n’auriez plus votre excuse pour partir tous les vendredis soirs.

Lucienne :    Oh Gisèle, vous me faites pitié mais vous avez votre petit chien Mozart pour vous tenir compagnie.

Gisèle :        Oh Mozart, Mozart, il ne rêve que d’une chose, c’est d’aller retrouver Missa Brevis, la petite chienne de la voisine qui est en chasse.

Lucienne :    La voisine est en chasse ? Une personne si distinguée et si convenable, un peu comme Anne-Marie à la chorale. C’est vrai que les apparences sont parfois trompeuses. A notre époque, on peut s’attendre à tout ! Je me demande même parfois si la petite Françoise … Ah ça, la voisine est  en chasse !

Gisèle :        Non, c’est pas la voisine qui est en chasse mais sa chienne Missa Brevis et justement, comme elle a eu une portée l’année passée, la voisine ne veut absolument pas que Mozart lui fasse encore une nouvelle portée cette année et Mozart, lui, ne rêve que de ça !

Lucienne :    Oh, mais qu’est-ce qu’il a Mozart ? Il n’a pas une tête d’amoureux, on dirait plutôt qu’il a mal aux dents.

Gisèle :        Mal aux dents, Mozart ? C’est vrai ça, Mozart ? Allez, ouvre la gueule … Venez voir Lucienne !

Lucienne :    Vous voyez que c’est bien vrai, là.

Viens voir la carie, viens voir la carie, la carie si méchante.

Je te le dis, je te le chante, je te le crie je te la montre.

Viens voir la carie, viens voir la carie, la carie qui le hante

Je te le dis, je te le chante, je te le crie je te la montre !

Marie-Thérèse et Roland Thomas

au Week-end Marlagne 2000

Mise à jour : 13 mars 2001