Cette rubrique reprend certains articles intéressants ou surprenants parus dans la presse nautique.

 

 

 

 

 

 

 

Le Global Positioning System créé au début des années 80 va devoir se préparer à la concurrence européenne. En effet, l'Union européenne travaille à un projet de navigation par satellites, le GALILEO. 19 à 36 satellites seront ainsi mis sur orbite d'ici à 2008. La couverture sera mondiale et contrôlée par des organismes civils. La précision attendue est de 5 mètres contre 50 mètres pour le GPS. La CE recherche encore les 30 milliards nécessaires au projet.

(Revue Neptune Moteur de février 2000).

 

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Interrogé par un expert judiciaire, Karun Mathur indique qu'il ne "pouvait rien faire".

Le capitaine de l'Erika, Karun Mathur, a été interrogé, les 29 et 30 décembre, par l'expert judiciaire nommé par le tribunal de commerce de Dunkerque, dans le cadre de la procédure opposant TotalFina au propriétaire du navire. Il a raconté, heure par heure, le naufrage du pétrolier, entre les premières inquiétudes, le samedi 11 décembre, peu après midi, et le sauvetage de l'équipage, le lendemain matin.

Le naufrage de l'Erika dans la nuit du 11 au 12 décembre, livre peu à peu ses secrets. Mis en examen pour "mise en danger de la vie d'autrui" et pollution maritime", le capitaine indien du navire, Karun Mathur, a été entendu à plusieurs reprises par la juge d'instruction parisienne Dominique de Talencé. Mais il a longuement été interrogé par l'expert judiciaire Jean-paul Christophe, nommé par le tribunal de commerce de Dunkerque dans le cadre de la procédure opposant TotalFina au propriétaire du navire les 29 et 30 décembre, dans les locaux du Comité central des armateurs de France, à Paris, en présence de la dizaine d'avocats représentant les sociétés impliquées dans la catastrophe. Il a livré un récit détaillé du naufrage.

L'Erika, ce jeune capitaine de trente-cinq ans l'avait découvert un mois et demi plus tôt, le 22 octobre à Sébastopol, en Ukraine Lors d'une première inspection, le 9 novembre à Novorossiysk, en Russie, il avait constaté une corrosion importante sur les bas de cloisons. mais aucune cassure n'était apparente Lors d'une nouvelle inspection, le 22 novembre à Augusta en Sicile, réalisée cette fois par le RINA, la société de classification italienne chargée de veiller à la conformité du bateau, une nouvelle zone de corrosion avait été découverte à l'avant du pétrolier. Rien que de très naturel, avait toutefois jugé le RINA.

Le 8 décembre, à Dunkerque, alors que commence le chargement des 30 000 tonnes de fioul lourd dans le pétrolier, tout semble bien se passer Les citernes sont remplies à 98 0/0 et les ballasts, ces réserves d'eau permettant d'équilibrer le navire, sont chargées conformément à la procédure. A 23h30, l'Erika sort du chenal de Dunkerque.

GITE PAR TRIBORD . Le vent d'ouest affiche force 7 et la mer est forte sur la Manche, ce 9 décembre.Les prévisions météorologiques sont mauvaises pour les jours à venir, mais le pétrol ier est habitué au gros temps. Le bateau passe Cherbourg. Le lendemain, il entre dans le rail descendant d'Ouessant, cette autoroute de la mer où défilent les cargos du monde entier, et poursuit sa route vers le sud, alors que le vent se renforce. A deux reprises, l'état de la cargaison dans les citernes ainsi que la hauteur des ballasts sont vérifiées. Aucune anomalie n'est découverte.

"Le samedi 11 décembre, vers 12h40, alors que je me trouvais à la passerelle avec le second lieutenant de quart, je fus le premier à constater que le navire prenait de la gîte sur tribord", déclare le commandant Mathur. Autrement dit alors que le temps s'est encore dégradé et que le vent du sud-ouest souffle entre force 8 et force 9, le pétrolier penche curieusement. Pressentant "quelque chose d'anormal dans les citernes", le capitaine envoie vérifier les niveaux. Dans les citernes arrières et centrales, ils paraissent normaux mais la gîte atteint à présent 15 degrés. "Je craignais un chavirement du navire", poursuit le capitaine. A 14 heures, tandis que la pompe vide progressivement le ballast

4, côté tribord, l'Erika envoit un message de détresse réclamant "une assistance immédiate". Deux cargos se trouvent à proximité.

Ils n'ont pas à intervenir car la gîte diminue. Le déballastage a eu un effet positif mais le pompiste a découvert une baisse du niveau dans la citerne centrale numéro 3. Le niveau du ballast tribord numéro 2 a lui monté considérablement et du fioul y flotte à la surface de l'eau. "Je suis aussitôt allé sur le pont pour constater moi-même et j'ai vu trois cassures et des f1ambements de tôle du pont au niveau de la citerne 2 tribord, raconte M. Mathur. Les cassures étaient brillantes sur toute l'épaisseur de la tôle, les déformations transversales en trois vagues parallèles." La faille la plus importante est longue de 2,5 mètres et large de 5 centimètres. Le capitaine n'hésite pas : "J'ai pris la décision de ne pas poursuivre le voyage, de prendre un cap qui éviterait d'embarquer des paquets de mer sur le pont et de gagner le port le plus proche."

TOTAL NE REPOND PAS . A 14h30, le pétrolier, qui s'est redressé, annule son message de détresse. Il annonce au Centre régional opérationnel de sécurité et de sauvetage (Cross) qu'il prend la direction de Saint-Nazaire, situé encore à vingt-quatre heures de mer. A 15h30, il informe également la société Panship, son opérateur italien, du changement de destination, en précisant que la coque semble indemne. A 18h30, il tente de joindre le numéro d'urgence de Total . "Personne n' a répondu et je n' ai pu que laisser un message." Le contact n'est établi qu'une heure plus tard, mais peu lui importe . "La situation était stabilisée."

Elle se dégrade à nouveau à partir de minuit. D'abord par une nouvelle gîte sur tribord. Les pompes à eau sont relancées dans les ballasts. "L'état de la mer se détériorait et le le navire embarquait, précise le capitaine. Les paquets de mer entraient par les cassures dans la citerne 2 tribord." A trois heures, il constate que les failles se sont élargies. Une demi-heure plus tard, des traces de fioul sont repérées partant à la mer depuis la citerne 3 tribord. Il envisage un transfert mais "toutes les autres citernes étaient pleines, je ne pouvais rien faire." Il est 5 heures. Une grande tôle se détache de la coque et se balance sur le pont. Le gouvernail ne répond plus. Karun Mathur envoie un nouvel appel de détresse. Au cross,il explique qu'il ne peut pas attendre quatre heures l'arrivée d'un remorqueur. A 7h15, un premier hélicoptère arrive. Mais son treuil tombe en panne après avoir chargé cinq marins.

Le navire vient de casser. Treize hommes embarquent dans un canot à la mer.

Six autres sont hélitreuillés à bord d'un second hélicoptère à 8 heures.

Sur la partie avant du navire, Karun Mathur, son second et un sauveteur de la marine nationale déposé sur le bateau afin de diriger les opérations attendront l'arrivée d'un troisième Hélicoptère, à 10 heures. Tous les hommes sont saufs. Mais des milliers de tonnes de fioul s'apprêtent à se déverser sur les côtes de Bretagne.

(Journal Le Monde du mercredi 12 janvier 2000 - article signé Nathaniel

Herzberg).

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