Accueil

Petites annonces
Forum
Chasse
Taxidermie
Fauconnerie
Tir-à-l'arc
Chiens


Gibiers

Le chevreuil


Le cerf

Le sanglier

Législation
St-Hubert
Contributions
Forum
Mail
Livre d'or

Liens


Le Cerf

Mammifère, ongulé, artiodactyles cervus, elaphus, hippelaphus...

Essayons de nous y retrouver dans le dédale des genres, familles et espèces qui forment les grandes catégories dans lesquelles les scientifiques regroupent les animaux. Bref faisons un peu (si peu) de systématique ou de taxinomie.

Un animal est toujours désigné, la précision l'exige, par trois noms latins : le premier se rapporte au genre, le second à l'espèce,le troisième à la sous-espèce. Tous les individus appartenant à la même espèce ont un commun un même patrimoine génétique (génome).

L'espèce cerf possède 68 chromosomes. Les individus qui font partie de la même sous-espèce ont aussi le même patrimoine génétique et partagent en outre le même phénotype : toutes leurs caractéristiques extérieures (physiologiques ou comportementales) sont identiques, déterminées qu'elles sont par les mêmes conditions du milieu. Le genre est une subdivision plus large, sorte de sous-famille, plus large encore l'ordre et le sous-ordre. Du plus englobant au plus pointu, les noms du cerf sont : ongulé (un ordre de mammifères dont les pieds sont terminés par des productions cornées), artiodactyle (un des 3 sous-ordres d'ongulés, groupant des animaux qui marchent sur le sol par un nombre pair de doigts) ruminant (super)famille qui groupe 5 familles dont celle des cervidés), cervus (famille qui comporte des sous-familles, des groupes et 32 espèces dont le muntiac, le chevreuil, le renne, l'élan, le daim, le sika, l'axis, le sambar, etc.), elaphus (le nom de l'espèce, il y en a 13) et enfin hippelaphus (une des 23 sous-espèces l'élaphe).

Les cerfs d'Ecosse (cervus elaphus scoticus) sont donc de la même famille que le nôtre, le même groupe (élaphoïde) la même espèce (elaphus) mais pas la même sous-espèce. Il en est de même pour les cerfs de Norvège (sous-espèce : atlanticus), d'Espagne (hispanicus)ou de Corse (corsicanus), par exemple. Par contre, les cerfs allemand, danois, polonais, tchèque, yougoslave, bulgare, roumain... français et belge ont les mêmes génome et phénome : ils sont parfaitement identiques d'un point de vue génétique puisqu'ils font partie de la même sous-espèce.

Cela voudrait dire que les différences de corpulence qui existent entre les cerfs de chez nous et les cerfs des pays de l'Est ne sont pas génétiques et que même le milieu (ou la loi de Bergmann) ne les expliquent pas. La seule explication possible est selon moi, cynégétique : les populations occidentales sont victimes d'une pression abusive de chasse et d'un tir antisélectif depuis des centaines d'années.

PHYLOGÉNIE DU CERF

Telles que nous les voyons aujourd'hui, les espèces sont en constante mutation. Leurs performances sensorielles, leurs aptitudes physiques mais aussi leur comportement et par exemple leur stratégie de reproduction, paraissent figées parce que nous les considérons à la minuscule échelle de notre perception du temps. Un foudroyant accéléré nous ferait découvrir les profondes mutations visibles seulement à l'échelle des millénaires et même des millions d'années. Prenons un exemple pour le cerf. Pour voir surgir le chandelier (considéré par Bubenik comme une adaptation à la vie en forêt), il faudrait attendre 100.000 années.

Mais toutes les autres performances sensorielles du cerf (ouïe, vue, principalement) comme sa stratégie au brame (le fait par exemple qu'il choisisse une place de brame bien dégagée ) sont encore marquées, surtout, par l'empreinte de la vie en plaine : 20 millions d'années, pas moins. A côté d'un tel bail, il est normal que le demi-million d'années de vie en forêt n'ait réussi qu'à entamer les mutations futures. Sur le plan comportemental, biosocial, ces mutations sont peut-être plus rapides que sur le plan physiologique. Et pourtant, certains comportements issus de caractères physiques éliminés par l'évolution, continuent à être utilisés après cette disparition. Ce que les Allemands appellent l'Eckzalndrohen (la menace de la canine) est une attitude typique du cerf qui illustre ce phénomène. L'animal relève le menton et exhibe une défense (le fameux crochet) qui n'est même plus visible depuis des centaines de milliers d'années ; cette simagrée de menace a persisté, preuve de son efficacité psychologique et de la profonde imprégnation du geste rituel dans la mémoire.

Sur le plan physique, les scientifiques s'accordent à relever au moins trois "caractères évolutifs-régressifs" chez le cerf, trois caractères condamnés à disparaître par l'évolution. Ce sont des reliques d'un passé peut-être glorieux mais qui n'ont plus d'utilité dans le présent en raison d'une inadéquation avec le milieu.

1) Le surandouiller, omniprésent chez les cerfs primitifs (depuis le dicocerus jusqu'à l'acoronatus) qui ne possèdent pas de chan- chandelier devient superflu, depuis "l'invention" du chandelier qui assure une meilleure prise lors des combats de brame. Le fait que cet andouiller casse plus souvent que les autres est-il un signe de cette disparition ? En tout cas les meilleurs cerfs, c'est-à-dire ceux qui se reproduisent, en sont souvent dépourvus, la sélection ne le retenant plus, naturellement, comme arme efficace dans la dynamique des combats.

2) Le "crochet" (coin ou fleur de lys), cette canine complètement patinée par des millénaires d'inutilisation, est encore présente chez tous les individus, mais condamnée, elle aussi, par l'évolution. Le chevreuil, cousin du cerf et cervidé comme lui, est plus avancé dans cette récession puisque la majorité des individus n'en possèdent plus du tout. Combien de millénaires ont-ils d'avance sur le cerf, de ce point de vue? Et pourquoi le muntjac (autre cousin encore en vie) en arbore-t-il encore de belles, bien visibles ? Tout est question d'adéquation par rapport au milieu, évidemment.

3) Les "os", ces deux doigts postérieurs, si haut placés sur la "jambe" du cerf qu'ils ne s'impriment plus qu'à la course et sur sol très meuble, eux aussi sont des caractères régressifs. L'évolution semble les condamner irrémédiablement. Leur tort est de ne plus servir ou pas assez: c'est là une tare rédhibitoire.

FORME ET COULEUR DES BOIS

Tout n'a pas encore été dit sur le bois du cerf, même si le spécialiste mondial du cerf A.B.Bubenik leur a consacré un livre entier ("Das Geweih"), très scientifique et pas (encore) traduit en français. On connaît aujourd'hui le mécanisme principal qui commande la chute et la repousse des bois, phénomène fascinant s'il en est. C'est l'hypophyse qui joue le rôle essentiel et elle est elle-même déterminée par la durée de l'allongement des jours enregistrée par le nerf optique. Des spécialistes ont étudié la formation des bois après castration à divers âges et aux divers moments de la croissance des bois. Le mystère de la couleur des bois est à peu près percé. Il faut une conjonction entre l'oxydation par l'air, l'ensoleillement et l'action colorante de certains sucs contenus dans la végétation (expérience de Seitz). A ce sujet, remarquons que les bois légers, poreux, sont en général plus sombres que les bois lourds. A la limite, le cas du "charbonneux" qui manifeste un défaut de calcification et présente des bois très noirs (surtout chez le chevreuil) est significatif de ce phénomène. Mais il y a déjà longtemps qu'un Allemand, Beninde, a déterminé le plan structurel de la croissance des bois : par division simple ou bifurcation (voir schéma). Cependant, ce plan schématique de division ne suffisait pas à expliquer l'orientation verticale du bois, car il devrait dévier totalement le bois vers l'arrière. C'est un autre Allemand, C. Hoffman qui a observé que si le bois conservait, en fait, l'orientation que nous lui connaissons, c'était grâce à une courbure compensatoire du merrain qui se situe immédiatement après la division. Le merrain rattrape en fait la déviation engendrée par la division grâce à une pliure équivalente. A l'endroit même de la division, on peut observer aussi un aplatissement latéral et un durcissement de la matière osseuse (une ossification plus forte) qui rend l'éclatement du bois rarissime à cet endroit (les brisures ont presque toujours lieu plus haut, au-dessus de la bifurcation). La courbure compensatoire dirige en outre la poussée reçue du bois vers cette région renforcée et dans un axe beaucoup plus naturel de la résistance du corps.

 
 

 

   
  envoyez-moi un mail