Le
conte et le corps
entretien avec Marie-Rose Meysman
M-Cl Desmette
Marie-Rose Meysman, vous qui avez gagné le Prix du Festival de Chiny 2003, quel chemin vous a mené au conte ? Un
long chemin détourné. Trois candis en médecine,
une licence en logopédie que j’ai peu pratiquée.
Depuis l’enfance, j’étais attirée par le
théâtre et la danse, et j’ai fait le Conservatoire
à Bruxelles. Mon reproche: tout pour le texte, rien pour le
corps. J’ai fait de la danse. Là, tout pour le corps,
rien pour le texte. J’étais intéressée
par le mélange expressif des deux. On m’a demandé
de tenir au Conservatoire une classe de mise en corps, travail corporel
relié au texte. Différence
entre conte et théâtre ? Au théâtre, le défi est plus proche du profond du texte, le conte vise le profond du thème. Le conte est plus lié à la relation, à la communication. Il n’a pas besoin de beaucoup de moyens. Je peux être créative à l’aise, je me pose moins de fausses questions. Pas
d’écrit En silence.
Je n’écris pas le texte. A un moment, je l’enregistre
sur mini-disque. Je travaille sans metteur en scène, je demande
l’avis de trois amies, une comédienne, une danseuse,
une psy. Leurs réflexions me font beaucoup progresser. J’enrichis,
je me corrige en m’écoutant. Quand je me vois et je m’entends,
je sais ce que je dirais si j’étais un oeil extérieur.
Coups
de coeur Elle
est encore à son début. S’y trouvent des livres
choisis et achetés, pas trop chers, dans lesquels je trouve
un accord avec moi. Prix
à Chiny J’avais
envie de rencontrer des conteurs, envie de public, d’un lieu,
besoin d’une échéance. Je me suis inscrite avec
“Nouvelles de l’Arrière-Pays”. Projets
? A court
terme, faire vivre “Nouvelles de l’Arrière-pays”,
faire de la prospection sur la lancée du prix du Festival. |