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Une,
deux, trois,
la belle histoire que voilà.
L’histoire
que je vais vous raconter se passe il n’y a pas si longtemps de cela,
dans un endroit pas si éloigné que cela.
David
est un jeune garçon
qui a du mal à étudier ses leçons.
Il faut dire qu’il a beaucoup de soucis,
pas beaucoup d’amis.
Dans la cour de récré,
il ne regarde que ses pieds.
Pour rigoler,
on n’arrête pas de lui répéter:
“David Belles Godasses !”
“David belles Pompes !”
“David belles Santiags !”
Dans la cour de récré,
tout le monde lui rit au nez.
“J’en ai assez !
Arrêtez de m’embêter
!”
Comme je vous l’ai dit,
David a beaucoup de soucis,
pas beaucoup d’amis ...
Il a un secret.
“David belles Godasses ! David
belles ... !
David
se bouche les oreilles, court, court, bouscule, dérape, trébuche, se
relève, court,
court encore.
Il entre dans le corridor.
“Vite ! Vite !
Partir,
s’enfuir !”
Le
souffle coupé,
il dévale les escaliers.
“Tiens, je n’avais jamais vu cette porte avant “
David pousse la porte,
il n’avait jamais vu une pièce de la sorte
sombre, en désordre.
Les
murs couverts d’étagères n’ont pas une seule fenêtre.
“David belles ... !
Arrêtez ! Arrêtez
de vous moquer !”
David claque la porte, s’effondre sur le plancher
désespéré.
David a des soucis,
un secret aussi.
Dans ce fouillis
pas de fenêtres mais des étagères,
des cafetières
et des théières,
des pots,
un lavabo,
des flacons,
des bouchons;
des seaux,
des vieux manteaux.
David a des soucis
mais il se ressaisit.
Il se relève, enjambe raclettes
et carpettes,
ouvre la porte. Elle est
bloquée,
verrouillée,
condamnée,
cadenassée.
“Elle
est fermée !”
Il frappe, frappe encore ... elle reste close.
De rage,
David renverse une boite de cirage.
En touchant le sol, elle s’ouvre.
“C’est quoi, ce papier qui vient de tomber ?”
Il lit:
“Pour David. Sur tes
chaussures, passe-moi
trois fois,
ainsi toutes les portes tu enfonceras.”
En deux, en trois mouvements, David trouve un chiffon
entre deux cartons.
Il le trempe dans le cirage
et commence son comptage.
“Une fois, deux fois, trois fois !
“Une fois, deux fois, trois fois !
Il
prend son élan, court et lance son pied contre la porte.
Elle cède. “Ce
n’est pas possible.” Il
y a une autre porte. David
prend son élan, court, frappe de toutes ses forces.
La porte cède sa place à une autre porte
qui cède sa place à une autre porte
et une autre et encore une autre porte.
Découragé,
épuisé,
David se met à pleurer.
David a des soucis
et pas beaucoup d’amis,
il a un secret lourd à porter.
“David, n’aurais-tu pas oublié
de lire la dernière ligne,
tout en bas de la page
?”
Apeuré,
David n’ose bouger.
“Qui parle ?” “Eh
bien moi !”
David tourne la tête, voit une petite souris
debout sur un pied de lit.
“Alors,
tu as lu ?” Toujours
effrayé,
David sort de sa poche le bout de papier.
En tout petit,
il lit:
“Si, dans une pièce tu es enfermé
ce cirage ne pourra t’aider.”
David
se lamente: “Je n’ai jamais de chance, je suis enfermé dans
cette cave et le sortilège ne marche pas.”
La petite souris lui répond: “Crois-tu vraiment que c’est
dans cette pièce que tu es prisonnier ?”
David ne sait plus,
il n’en peut plus,
il se remet à sangloter, de plus en plus fort, la souris le fixe de ses
petits yeux
chaleureux ...,
de moins en moins fort.
David
a un secret
dont il est prisonnier.
Mais il a compris ce que veut dire la petite souris, il cesse de pleurer
pour tout lui raconter.
Petit
à petit, la souris
grignote
la porte.
Elle fait un petit trou
qui devient un gros trou,
qui devient un passage.
David
s’y faufile. “merci
la petite souris !
Merci
l’amie !”
David
monte les marche de l’escalier quatre à quatre, sort du corridor.
Il lève la tête vers le soleil qui fait briller
ses godasses bien cirées !
David
est un jeune garçon
qui a du mal à étudier ses leçons.
Il a beaucoup de soucis
et une amie,
une petite souris.
Une,
deux, trois,
la conteuse s’en va |