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C'était
il y a belle lurette
et pourtant c'était hier
C'est aujourd'hui
et ce sera demain
A l’orée
d’un bois, il y avait un homme dont la femme était morte.
Il y avait aussi une femme dont le mari était mort.
Cet homme avait une fille.
La femme aussi avait une fille.
Les deux fillettes se connaissaient et jouaient ensemble.
Or, un jour, la femme (mielleuse) dit à la fille de l’homme :
« Ma chère petite, dis à ton père que je voudrais l’épouser.
Nous formerions une nouvelle famille, tu serais ma nouvelle fille.
Tu aurais du lait pour te laver et du vin pour boire.
Ma propre fille n'aurait que de l'eau pour se laver, de 1'eau pour
boire. "
(candide) La fille de l'homme court chez son père:
"Papa, Papa, la femme là-bas, elle voudrait t'épouser. Nous
formerons une nouvelle famille, je serais sa nouvelle fille. Et j'aurais
du lait pour me laver, du vin pour boire. Sa fille n'aura que de l'eau
pour se laver, de l'eau pour boire. "
`Ma chère petite, le mariage est sûrement une grande joie mais il peut
également être un grand tourment. "
II réfléchit, hésite, tergiverse ... Ne
sachant que décider, il retire sa botte. Sa botte est percée, un trou
dans la semelle. Il la tend à sa fille:
`Monte ait grenier Suspends cette botte au gros clou remplis-la d'eau
claire. Si la botte retient l'eau, je reprendrai femme, si elle fuit, je
ne nie remarierai pas. "
La fille prend la botte, elle remplit un broc à eau Elle monte ait
grenier, elle suspend la botte elle verse 1 'eau. Aui contact de l'eau
le cuir se resserre Pas une goutte d'eau ne coule de la botte.
C'est comme ça que la décision s'est prise
Et que l'homme s'est marié avec la femme
Le
lendemain des noces
au pied de son lit, la fille de l'homme trouve une bassine pleine de
lait pour se laver, sur la table un bol de vin pour boire.
Et la fille de la femme trouve au pied de son lit, une bassine d'eau
pour se laver sur la table un bol d'eau pour boire
Le matin
suivant
au pied de son lit, la fille de l'homme trouve encore une bassine de
lait pour se laver sur la table un bol de vin pour boire.
Mais la fille de la femme trouve également au pied de son lit une
bassine de lait pour se laver sur la table un bol de vin pour boire.
Le troisième
jour
au pied de son lit, la fille de l'homme ne trouve qu'une bassine
d'eau pour se laver sur la table un bol d'eau pour boire.
Et la fille de la femme trouve au pied de son lit, une bassine de lait
pour se laver sur la table un bol de vin pour boire
Et
les choses restèrent comme cela.
C'était
il y a belle lurette
et pourtant c'était hier
C'est aujourd'hui
et ce sera demain
Chaque jour
qui passe, la nouvelle belle-mère déteste plus intensément que la
veille cette belle-fille (se moquant) si jolie, si gentille, si aimable,
si parfaite. (hargneuse) Celle-là qui a toute les qualités, alors que
sa fille à elle collectionne les défauts il faut bien l'avouer (à
aparté de la conteuse)
Cette femme, cette femme jalouse s'ingénie à jouer des tours à sa
belle-fille.
Un jour, elle taille une robe dans un grand sac de papier. Elle
l'interpelle: "Viens ici, toi, mets ça sur ton dos et va me
chercher des fraises. "
"Des fraises, ma mère, mais ce n'est pas la saison, il gèle à
pierre fendre , la neige recouvre tout. Cette robe de papier laissera
passer le froid glacial... "
"On ne répond pas à sa mère, fais ce que je te dis. Ne reviens
que quand ton corbillon déborde de fraises. "
La fille de l'homme part dans
la forêt, vêtue de sa robe de papier, son corbillon au bras.
Elle marche, elle cherche Elle marche, elle cherche malgré le froid
mordant Elle marche, elle cherche malgré le vent piquant Elle marche,
elle cherche malgré le gel coupant Elle marche, elle cherche Elle ne
trouve pas la moindre petite fraise rouge sur le tapis blanc mais elle
marche encor, elle cherche encor'
Elle arrive à une maisonnette Par la fenêtre de leur maison trois
petits hommes la regardent approcher. (elle leur fait signe) Elle
s'approche, toque à la porte. « Bonjour, puis-je me réchauffer
près de votre feu ? Je dois chercher des fraises pour ma marâtre, je
suis gelée. " "Bin sûr", dit le plus vieux Elle ouvre
son pique-nique de pain dur "Vos vlez bin partager vosse pain avé
nous ? "dit le plus jeune "Bien sûr. " "Vos vlez
balayer la neige devant nos't' porte ?" dit le troisième
"Bien sûr. "
Elle balaie.
Les trois petits hommes causent dans leur patois d'homme des bois
...
C'es't one pove pètite, èle est bin djintiye
Fwârt serviyabe avec ça
Fwârt jènèreûse co 'bi n!
Moi, dju va lui donne ldon d'et' chake djou pu belle: dit le plus jeune
Et chaqu parole quèle dirèt, one pîce d'or tomberèt de sa boutch:
dit le plus vieux
Et one rwé vienrè qui po la mariyé: dit le troisième
La belle ne
se doute de rien, balaie, et surprise, surpris ..., elle trouve des fraises sous la neige Elle salut les trois hommes, les
remercie, rentre chez elle, le corbeillon débordant ... "Voici
vos frises, mère: djiling ... une
pièce d'or sa demi-sœur accourt "où qu't'as trouvé ça, voleuse
?" (stupéfaite) "Je ne sais pas." Djiling ... une
pièce d'or. Elle raconte son histoire et les djiling djiling djiling
pleuvent de sa bouche.
La demi-sœur
part dans les bois, emmitouflée dans un gros manteau de fourrure. elle
se rue chez les petits hommes sans les saluer, ne partage pas son
plantureux pique-nique, n'accepte pas de balayer la neige: `Y 'suis
pas vot' servante, faut pas croire ... " Elle reçoit trois dons des petits hommes.
Moi dju va lui donner ldon d'et' chaque djou u laide: dit le plus jeune.
Chaqu' parole quèle dirèt, one crapaud tomberè de sa bouche: dit le
plus vieux.
Elle aurèt one mwârt tèripe: dit le troisième.
La fille
rentre chez elle "Maman, je n'ai pas trouvé vos fraises"
croaa un crapaud saute de sa bouche. "Ma pauvre fille, que t'est-il
arrivé ?" elle raconte son histoire, les croaa croaa croaa
envahissent la maison.
Chaque jour
que Dieu fait, la fille de l'homme embellissait et sa fille à elle
enlaidissait la marâtre devenait folle de jalousie.
Un jour, elle
envoie sa belle-fille rouir du fil dans la rivière gelée La fille y
va, brise la glace avec sa hache, trempe le fil. Un carrosse s'arrête
à sa hauteur ...
Un roi en descend "Ma
pauvre enfant, que faites-vous là par ce froid ? Je rouis du fil pour
ma belle-mère, djiling. " Veux-tu venir avec moi pour lui échapper
?" "Avec joie, Majesté, djiling. Le carrosse les emmena au château
Comme ils s'aimaient, ils se marièrent ...
Comme ils s'aimaient, un an
après un poupon mignon fit son apparition.
Mais
l'histoire n'est malheureusement pas finie ...
La marâtre
et se fille apprennent la nouvelle est viennent en visite de courtoisie.
La jeune reine les accueille dans sa chambre d'accouchée. (la conteuse)
... moi,
j 'les aurais jamais laissé entrer. Mais elle, elle est douce et bonne
comme une oie blanche. Elle les laisse entrer ...
Ce qui devait arriver
arriva. La fille et la marâtre prennent la reine, qui par la tête, qui
par les pieds, et hop, balancée par la fenêtre dans les douves du château.
Le bébé pleure. La méchante fille s'installe dans le lit royal. Quand
le roi veut voir sa trendr'épouse, la marâtre s'interpose "Elle
est bien fatiguée, Majesté. " Le lendemain, le roi monte voir sa
femme consternation !! Elle est devenue bien laide, de sa bouche sortent
non pas de jolis djiling djiling djiling mais des vilains croaa croaa
croaa La marâtre explique: "C'est la fièvre, roi, prenez
patience... "
C'était
il y a belle lurette
et pourtant c'était hier
C'est aujourd'hui
et ce sera demain
Cette nuit-là
le château entier dort ... à l’exception d’un petit marmiton dans
la cuisine
Il voit sortir des douves du château une belle oie blanche
il l’entend chanter: (chant)
Roi, mon roi, dors-tu ou veilles-tu ?
Roi, mon roi, dors-tu ou veilles-tu ?
et mes visites que font-elles ?
le marmiton répond:
Il dort tout blond dans son berceau rond.
Alors l’oie reprend sa forme humaine, c’est la jeune reine.
Elle monte allaiter son enfant
borde ses draps avec amour
se retransforme en oie
La nuit suivante
le marmiton voit à nouveau l’oie et il l’entend chanter: (chant)
Roi, mon roi, dors-tu ou veilles-tu ?
Roi, mon roi, dors-tu ou veilles-tu ?
et mes visites que font-elles ?
Elles dorment d’un profond sommeil
Et que fait donc mon enfançon ?
Il dort tout blond dans son berceau blond.
A ces mots, la reine reprend forme
humaine, nourrit son bébé, le borde avec amour reprend sa forme
d’oie.
La troisième nuit, la reine
interpelle le marmiton: (chant)
Marmiton, marmiton,
va chercher notre bon Roi
Qu’il prenne sa grande épée de bois
Et fasse trois tours au-dessus de moi,
marmiton, marmiton, va chercher notre bon Roi.
Le marmiton réveille le roi
le roi apporte son épée de bois
fait trois tours au-dessus de l’oie
la reine apparaît devant le roi
Le roi est fou de joie mais il cache sa femme dans une chambre secrète
pour confondre les deux mauvaises.
Le dimanche suivant, après le baptême du poupon, il demande à la
vieille:
“Dites-moi, Madame, quel sort mérite celui qui précipite un autre de
son lit dans l’eau ?”
La marâtre très sûre d’elle:
“Eh bien, il mérite d’être mis dans un tonneau hérissé de clous
et d’être précipité du haut d’une montagne dans le fleuve.”
“Tu viens de prononcer ta propre condamnation” dit le Roi.
Et cela fut fait ainsi.
La marâtre et sa fille furent clouées dans un tonneau, précipitées
du haut de la montagne.
Le tonneau roula du haut de la montagne
jusque dans le fleuve.
A mauvaise
vie, mauvaise fin
Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse,
C’est parfois difficile d’être une bonne mère, c’est souvent
douloureux d’être belle-mère.
C’était
il y a belle lurette
C’était hier
C’est aujourd’hui
Et ce sera demain
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