Interculturalité dans et avec le conte.  

La communauté belge est par définition interculturelle.  Entre les Vikings et les Mongols, l’Europe s’est dispatchée, puzzelée, constituée et rassemblée.  l’histoire ne fait jamais que se remodeler dans sa continuité.

A Soumagne où j’habite, l’immigration italienne nous apporte une cuisine riche et diversifiée, un esprit latin qui se marie à merveille à l’esprit de Liège dont nous sommes la banlieue.

Le vingtième siècle a vécu à toute allure dans le bien comme dans le mal. Des gens de partout sont venus chez nous attirés par la paix et la bonhomie du peuple.

Nous les conteurs participons activement à cette mutation de société.  Nous sommes des José Bovet (j’suis pas sûre de l’orthographe) aussi indispensable que nécessaires.

Le conte, le mythe, l’imaginaire, restent et demeurent universels, n’en déplaise à Mr Le Pen.  Ils sont l’ADN de la constitution de la personne humaine.

Un conte africain sera reconnu à Arlon dans sa version ardennaise et sera découvert asiatique par un ami coréen.

Chaque fois qu’un conteur s’intéresse à un conte d’origine “étrangère”, il doit redéfinir son propre système de pensées de valeurs intrinsèques:
- qu’est-ce qui est important à mes yeux dans ce conte ?
- que représente-t-il aux yeux du peuple d’origine ?
- que m’apporte-t-il ?

Le conteur se réapproprie le conte, comme d’habitude, mais en plus, il sait qu’il va le transmettre à un public généralement d’origine belge. On ne comprend que ce qu’on ressent dans son coeur et dans ses tripes.

Il est donc nécessaire de raccrocher ce conte à des éléments de la culture occidentale et à des références actuelles, tout en respectant l’esprit et la culture d’origine.

Alors seulement, la rencontre conte/conteur/public sera simple, riche, heureuse.

 (Michelle Troupin, de Parole Active)