Barbara du Fays
Sur les pas du conteur
Approche anthropologique des
veillées de contes contemporaines
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mémoire
en vue de l’obtention du grade de licencié en Information et
Communication - année académique 2000-2001, Université de Liège.”
Entretien
Quelles
ont été les réactions des membres du jury ? Elles
ont été diverses. L’investissement
dans le réel, le travail sur le terrain ont été appréciés
positivement par certains. Ma
trop grande implication m’a été reprochée par d’autres. Quelle
est ton appréciation sur ton propre travail ? Il
m’a enrichie. Il répond
à des questions, il en suscite d’autres.
J’ai été mûrie par les contacts directs, les réponses, les
réflexions, les échanges. Certaines
des personnes interrogées sont devenues des amis. Il
existe beaucoup de travaux sur les contes,
pouvais-tu apporter du neuf ? Mon
point de vue est particulier puisque j’ai centré mon travail sur les
veillées contemporaines. (Ces veillées
ont lieu tout au long de l’année, à un rythme mensuel et en
soirée. Elles sont ouvertes
à tous, conte qui vent.) Le
sujet est volontairement limité, pour pouvoir le traiter.
J’ai procédé par entretiens directs, avec des questions
directes et approfondies. J’ai mis des extraits de ces entretiens dans
mon mémoire. Les réponses
ont été enregistrées, j’étais donc sûre de ce que j’avançais.
J’avais aussi envie qu’en plus des examinateurs, dont
certains n’ont jamais assisté à un spectacle de conte, j’avais
envie donc que d’autres personnes lisent mon travail. En
pratique, comment as-tu procédé ? J’ai
fait circulé un carnet sur lequel ceux qui voulaient collaborer
mettaient leurs coordonnées, conteurs spectateurs, organisateurs de
spectacles de contes. Je les
ai contactés ensuite et je leur ai présenté mes questions. Dès
le premier entretien, chez tous, ressortait le plaisir, la détente, la
rencontre. Ceci dit, je ne disposais pas d’un échantillonnage
scientifiquement représentatif. Je
n’avais pas non plus envie de faire un travail statistique. Penses-tu
aussi que la rencontre est primordiale et que le contenu des contes
passe un peu, beaucoup ? au second plan ? J’avoue
que ce point de vue m’a fort perturbée.
Je continue à penser que le choix du conte est important pour la
correspondance entre moi et
l’émotion qu’il véhicule, pour le message implicite, le travail préparatoire,
le mûrissement, l’envie de partager. La
communication m’a toujours parue importante puisque j’ai fait des études
dans ce domaine. Depuis mon
mémoire, j’éprouve l’envie de me recentrer sur la relation avec le
public et de l’approfondir. Qu’aimes-tu,
toi, dans le conte ? Le
plaisir simple ici et maintenait. Ce
plaisir, je le trouve en veillée, dans un spectacle intime, où se déploie
la magie du groupe. On
imagine tous ensemble.
Maquillage, costume, effets de spectacle, impressionnent le
public. Ils ne cassent pas
l’imaginaire, pourvu que soit sauvegardée une relation de proximité.
Ne pas voir tout le monde est un inconvénient majeur.
Tous les conteurs interrogés le diront, conteur et public
doivent se voir, échanger par le regard. Actuellement,
un nombre de plus en plus grand de conteurs présentent des récits de
vie. Qu’en penses-tu ? Je
pense que tout le monde peut conter, s’il en a vraiment envie.
Le récit de vie est une bonne porte d’entrée, si on veut dépasser
le trac, l’audace s’acquiert. Les
veillées sont une bonne occasion. Par
le récit de vie, le quotidien devient magique. Evocation
des choses quotidiennes accrochent certains, en braquent d’autres.
Les contes traditionnels aussi parlent des choses de la vie,
c’est pourquoi ils sont toujours là, paroles sur le fondamental. Mets-tu
de toi dans les contes que tu présentent ? Mes
personnages commencent à se connaître !.
J’aime le féerique, le féerique investi dans le réel.
Je choisis les contes où je peux regarder les choses avec ma
propre philosophie, ceux que je pourrai agréablement partager avec
d’autres. Tiens-tu
à ce que le public imagine les choses au plus près de ton imaginaire
à toi ? Mes
images sont très précises dans ma tête,
je cerne la personnalité des personnages, leurs réactions dans
telle et telle situation, je visualise le cadres, les décors. C’est
indispensable pour faire levier sur l’imaginaire n’en dis pas trop,
pour ne pas brider leur imaginaire, justement. Nous
sommes loin d’avoir parlé de tous les aspects de ton mémoire, qui
lui-même ne faisait pas le tour d’un sujet inépuisable.
Qu’as-tu envie d’ajouter ? Dans
le désordre: je suis très exigeante quant aux conditions dans
lesquelles je conte; je
choisis des contes simples, pas trop philosophiques, plutôt féeriques;
j’ai trouvé dans le conte un moyen d’expression qui me
convient, où je peux rester moi-même. Pour
finir, ta définition du conte ? Le
conte est une plume qui va se poser sur une épaule, puis sur une autre. Le conte est une parole en mouvement qui se charge au passage.
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