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Le
porc et la princesse
Un vieux et une
vieille sont tristes de ne pas avoir d’enfant. Elle demande
à son mari de lui rapporter le premier être vivant rencontré.
Il revient avec un porcelet. Ils l’élèvent et
s’attachent à lui comme à un enfant.
L’empereur donnera sa fille à l’homme capable de
construire un pont d’or avec des pierreries, des arbres et des
oiseaux, de la maison de l’homme au palais. Ceux qui se présentent
ne réussissent pas et ont la tête tranchée.
- “Mon père, je ferai le pont en or.” Les vieux
sont étonnés d’entendre parler le porcelet. “Allez
dire à l’empereur que votre fils construira la pont.”
Discussion des deux vieux. Le vieux et le cochon arrivent jusqu’à
l’empereur. - “S’il ne réussit pas, c’est
ta tête à toi, vieux, qui sera coupée. Des gardes
t’accompagneront chez toi.” - “S’il réussit,
je compte sur l’arrivée de la princesse, selon votre
promesse.”
Au petit jour, le cochon monte sur la fenêtre. De ses narines
roses jaillit un pont d’or avec des pierreries, des arbres,
des oiseaux. Les vieux se réveillent dans un palais plus beau
que celui de l’empereur.
L’empereur voit le pont. Il n’ose pas organiser de noce
et envoie sa fille pour s’informer.
La princesse admire le palais, voit le cochon, reste pantoise, réfléchit:
“Il faut voir un peu plus longtemps les choses avant de les
juger.” Elle commence à organiser le palais, la journée
passe vite.
La nuit, dans leur chambre, le cochon quitte sa peau de bête,
apparaît en prince rayonnant. Joie de la princesse. Au matin,
le prince reprend sa peau de cochon. Ainsi passent quinze jours.
La jeune femme va voir ses parents, sans le cochon pour ne pas être
la risée de tous. Elle dit tout à ses parents. L’empereur
la félicite d’avoir un mari aussi puissant. La mère
lui conseille de brûler la peau pour qu’il soit prince
tout le temps.
Ce que fait la princesse pendant que le prince est endormi. Celui-ci
se réveille, catastrophé.
- “Tu as attiré le malheur sur nous !” La pauvre
princesse a la taille enserrée dans un cercle de fer. Ce cercle
ne se brisera que quand je porterai la main sur ton ventre. Adieu,
je m’en vais. Si tu veux me revoir, j’habiterai le Monastère
de l’Encens et mon nom est Fat Frumos.”
Il disparaît dans les éclairs. Disparaissent aussi le
pont d’or et le palais. Les vieux retrouvent leur cabane délabrée,
la princesse est en guenilles. Elle ne veut pas être à
charge et s’en va à la recherche du Monastère
de l’Encens. Long voyage dangereux et épuisant pendant
un an.
La princesse arrive chez Ste Mercredi, qui ne connaît pas le
monastère, lui donne une quenouille en or.
L’année suivante, elle arrive chez Ste Vendredi, qui
lui donne un brin de basilic et un dévidoir en or.
L’année suivante, elle arrive chez Ste Dimanche. Là
une mésange bleue connaît le monastère. Elle en
vient,
elle y a été blessée. Ste dimanche lui demande
d’y retourner et d’y conduire la princesse;. La mésange
finit par y consentir. Ste Dimanche donne un magnifique plat en or.
Long voyage difficile. La princesse porte la mésange, la mésange
l’élève dans les airs, suivant les nécessités.
Elle arrivent au Monastère de l’Encens,. Y trouvent le
pont d’or, le palais. Fat Frumos y est gardé par une
sorcière, la mère du diable.
En échange de la quenouille en or, la sorcière accorde
à la princesse une nuit auprès de Fat Frumos, qu’elle
a eu soin de droguer et qui ne s’aperçoit donc pas de
la présence de la princesse.
Une deuxième nuit en échange du dévidoir. La
princesse ne réussit pas non plus à réveiller
le prince.
Troisième nuit en échange du plat. Un domestique du
prince a entendu les lamentations de la princesse, il avertit son
maître. Fat Frumos jette la boisson droguée.
Le prince fait mine de dormir. La princesse se lamente, raconte tout
ce qu’elle a fait pour le retrouver. Il est ému, touche
le ventre de la princesse. Le cercle de fer se brise et il leur naît
un enfant. Le mauvais sort est brisé.
La sorcière est attachée à la crinière
d’un cheval et périt.
Fat Frumos et la princesse vont chercher les deux vieux, l’empereur
et sa femme.
Mariage en même temps que baptême.
D’après
un conte moldave, in Les contes du Roi-singe, d’André
Voisin, Club de la femme, Paris, 1969.
Voilà
une histoire sur le thème déjà repris dans L’ours
et la jeune fille, publié en septembre. Je vous avouerai que
j’ai beaucoup de sympathie pour la princesse. Un beau caractère
à mettre en oeuvre. Je note aussi une belle phrase: le vieux
parle de son fils adoptif en le nommant l’enfant de notre âme.
Je vous en promets un autre en novembre, qui nous vient de Polynésie,
où l’homme a revêtu une peau de serpent.
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