Un roi et une reine ont trois filles
très belles mais la plus jeune est d’une telle beauté
qu’elle éclipse celle de Vénus, au grand dépit
de celle-ci.
Vénus appelle son fils Amour. « Venge ta mère.
Rends Psyché amoureuse de l’homme le plus vil. »
Psyché est admirée comme une belle statue, personne
ne demande sa main, elle pleure sa solitude. Ses deux sœurs ont
épousé des grands rois. Le père consulte les
oracles: « Expose ta fille pour un hymen funèbre, un
monstre l’emportera. » Désolation. Psyché
est abandonnée sur un rocher. Zéphyr l’emporte
dans un lieu paradisiaque, près d’un merveilleux palais.
Psyché y entre. Elle entend des voix mais ne voit personne.
Bain, repas, concert, elle est somptueusement servie. Elle va se coucher.
Dans l’obscurité, un mari inconnu fait d’elle sa
femme et part avant le jour. Et ainsi jour après jour.
Une nuit, il avertit Psyché: « Tes sœurs vont aller
pleurer ta mort sur le rocher. Ne leur réponds pas ou tu seras
cause de malheur pour moi et de catastrophe pour toi.. Psyché
se lamente d’être privée de contacts humains, le
mari consent à ce qu’elle voie ses sœurs et leurs
fasse des cadeaux. De plus, si elle essaie de voir la figure de son
mari, cela causera sa perte. Psyché veut garder son bonheur
plus que tout au monde.
Zéphyr transporte les sœurs au palais de Psyché.
Au cours de plusieurs visites, elles insistent pour savoir comment
est son mari. Psyché invente et s’embrouille dans ses
mensonges. Les sœurs repartent chargées de cadeaux. Elles
sont dévorées de jalousie. Leurs maris sont vieux et
avares. Les sœurs interprètent mal tout ce que dit Psyché
et décident de la punir.
Le mari avertit Psyché des mauvais desseins de ses sœurs.
Psyché est enceinte. Si elle garde le secret, son enfant sera
dieu, si elle le révèle, il sera mortel.
Les sœurs ‘révèlent’ à Psyché
que son mari est un serpent monstrueux qui la dévorera elle
et son enfant. Elles l’incitent à prendre une lampe et
un rasoir pour le tuer. Cette nuit-là, lorsque le mari est
endormi, Psyché sort une lampe et voit le dieu le plue délicieux,
l’Amour. (longue description poétique) Au pied du lit,
carquois, arc et flèches. Psyché prend une flèche,
se blesse un doigt. La voilà amoureuse de l’Amour. Une
goutte d’huile chaude tombe de la lampe sur l’épaule
d’Amour. Celui-ci s’éveille, s’envole. Psyché
s’accroche à ses jambes, va jusque dans les nuages, retombe
à terre. D’un cyprès, le dieu lui parle: «
J’ai manqué aux ordres de la mère, j’ai
préféré l’amour avec toi. Mais tu as cru
tes sœurs et m’as considéré comme une bête
malfaisante. Je me vengerai de tes sœurs et toi, je te quitte.
»
Psyché part à la recherche d’Amour. Elle arrive
au pays où une de ses sœurs est reine. Elle lui dit que
son mari est merveilleusement beau, qu’il la rejette et veut
épouser cette sœur. La sœur se rend droit au rocher,
appelle Zéphyr, s’élance dans le vide …
et s’écrase sur les pierres. Même jeu avec la deuxième
sœur.
Amour est blessé. Sur terre, il n’y a plus de beauté,
d’unions, d’amitié, de piété filiale.
Psyché erre sur la terre. Elle rencontre Vénus. Celle-ci
lui ordonne de réussir une série d’épreuves.
Psyché réussit toutes les épreuves grâce
à des fourmis, un roseau, l’aigle de Jupiter. Vénus
lui ordonne alors d’aller demander à Proserpine de mettre
un peu de sa beauté dans une boite. Psyché ouvre la
boite et tombe dans un profond sommeil.
Amour, guéri, vient au secours de Psyché, demande l’intervention
de Jupiter. Verdict du dieu: qu’Amour jouisse du bonheur dans
les bras de Psyché, qui boit une coupe d’ambroisie et
devient immortelle.
Psyché et Amour ont une fille nommée Volupté.
D’après
l’Âne d’Or ou les Métamorphoses, d’Apulée
(125-180)
|