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Entre chien et loup |
Ces textes furent écrits sur l'espace d'une année et procédent d'une seule inspiration. Un voyage
en Irlande et l'émotion profonde de deux découvertes : la sensualité de la mer et l'âpreté des
landes marécageuses. Deux lieux se rattachent à cette expérience : la presqu'île de Howth et les monts du Wicklow. |
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Ecoute la mer Frémir son ventre immense Aux alizés Elle offre aux falaises blanches L'interminable paresse De ses baisers Ecoute la mer Gémir son écume tendre Sur les rochers Elle achève à la marée montante Les noces païennes Des corps abandonnés |
Caresse De la brise Sur ton corps Etendu La nonchalance du jour Peut s'éteindre à l'horizon L'océan s'enflammera de ton regard Où je lis ce nom Qui me fait tienne. |
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Accueillir L'inattendu De ta venue Au point du jour Comme un merle avant la pluie Une bourrasque avant l'orage Ouvrir le coeur à ton passage En impromptu. |
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Ton corps se dessine Dans le miroir entrouvert De nos serments Ton nom s'écrit Dans les méandres courbés De nos enlacements Délicate et fragile Tu as recouvert La nuit de nos passions D'un voile translucide D'acquiescement. |
Ample respiration du monde La brume monte de la vallée Lorsque seul, à la nuit tombée Je veille. Couché au flanc de la montagne Je regarde s'agrandir La houle grise et m'engloutir L'ouate sourde du silence. |
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Maigre collier De souvenirs Au fil Décomposé Fragments épars De fulgurances Au gré de rêves Délibérés Vous peuplez Mes somnolences D'arabesques Brisées. |
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Communier A la douceur Du crépuscule S'envahir Des parfums De chênes verts Au soir tombant Sur la colline Jubiler A l'intérieur D'une infinie reconnaissance Recevoir En cette heure tardive L'apaisement. |
Vomissure, vomissure Sentiment immense Atrocité Verbissure, verbissure Angoisse intense Aspérité Gerbissure, gerbissure Flasque arrogance Exorbitée O meurtrissure Inguérissable Humanité. |
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S'illumine A nouveau La ville En milliers De lucioles blanches Où je devine Les traits esquissés De ton visage Endormi. |
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Sentir Le poids De tes yeux Sur mes épaules Nues Surprendre L'émoi D'un sourire Par mégarde Attendri Cueillir L'épuisement Du jour Dans la fraîcheur De ta main Sur ma hanche Appuyée. |
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Mais tu n'auras jamais Pèlerin de bohème Que l'appétit des ogres Pour te rassasier La grimace d'un pantin Pour te dérider L'abîme de la langue Pour te balbutier... |
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Folle Danse Des esprits Dans la pénombre Tournoyante Tombent Les corps Aux pieds Des tambours Echevelés Coule La sueur Luisante Sur les peaux Anthracites Sombrent Les consciences Obscures Dans la nuit Déchirée. |
Long ruban gris Jusqu'à l'horizon La route s'étire Incertaine Entre les débris de lande Et les forêts sans nom A la poursuite obstinée D'un autre bout de monde. |
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Elargir Le temps Dilater L'horizon Défier Les présages Durer Au delà du présent Désespérément |
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L'oiseleur Du langage oublié A capturé les mots magiques Qui font danser les étoiles Dans les yeux Des enfants endormis. Le brocanteur Des mélodies perdues A réveillé les notes enfouies Qui font chanter les fontaines Dans les songes Des bambins étourdis Enchanteurs de l'imaginaire Vous avez passé au cou De la princesse Laura Un collier de paroles Plus précieuses Que les perles de l'innocence. |
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Quand les pleurs Et les bruits S'éteignent Quand la peur Et la nuit S'étreignent Renaissent Les cauchemars Nacrés Cendres froides De nos sourires Figés. |
Arbres morts A l'écart de la route des hommes Silhouettes tordues D'anges déchus Enchaînés à la terre Et maudissants le ciel Vos os blanchis Aux gifles De la bruine Se dressent Sur la Fagne Assoupie En gardien douloureux De toute solitude. |
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Je voudrais suspendre les mots Au fil mouvant de l'invisible Au fil ténu de l'indicible Et dans l'instant saisir parfois L'éternité rejointe en moi Je voudrais surprendre les mots Murmurer l'étrange histoire Du monde en leur miroir Et dans l'éclair Chanter sans voix Leur mystère rejoint en moi Je voudrais rendre à ces mots Leur poids perdu de sensation La joie de nous redire le nom De celui qu'ils portent caché Dans leur écrin d'ambiguïté. |
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Audace peureuse Tendre Fauve Eprise Leurs lèvres ne se touchent Leurs doigts ne se frôlent Leurs corps ne se joignent Qu'imperceptibles Au poignard des autres Croissant de lune Ombre chinoise Cambrures de femme Amour gibbeuse... |
Etoile filante A mon horizon Confidente d'un soir Je resterai Dans l'ombre de ta destinée Le mendiant De ton regard. |
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S'enfuient Les nuages De septembre Au sommet Des collines Grises Abandonnées A la garde Des anciens Tour à tour Bergers Sentinelles Fossoyeurs Des tombes De pierre Et de soleil. |
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L'argile De ta candeur Esseulée Embaume A l'ombre Des feuillages Et l'onde fraîche Qui coule S'enroule Déboule De vasque En vasque Revêt Ta nudité D'un corsage De transparence Fluide Et la rivière De mon désir Sourd Aussi claire Obscure Qu'un cristal D'albâtre. |
Pleurer Des larmes de sang Sur ton sexe endormi Après la douceur de la pluie La marée, l'océan Et la plainte aussi. Glisser l'une en l'autre Et puis T'ouvrir un univers béant Fondre entre tes bras transis C'est bon d'être en tes mains le fruit C'est bon d'être ton corps aussi. S'aimer encore, Sans bruits, sans cris, Enlaçant nos nuits d'azur Abandonnant nos murs Que j'aime le bruit du vent Et le goût de ta peau Et le poids de ton dos, Et l'étreinte Et tes mots aussi. |
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Il y a des paysages Qui demeurent dans nos regards Des falaises, des torrents Des plages. Et puis, Un sourire perdu, Une mèche de tes cheveux Rebelle entre mes doigts, Tes yeux. Il y a des souvenirs Qui se rappellent à nos espoirs Des montagnes, des forêts Des îles. Et puis, Une blouse entrebâillée, La pression de ton bras A ma taille, Ta voix. Il y a des passages et des mourir, Des aller, des revenir Des lâcher, des retenir Il y a toi, Et l'oubli lent à venir. |
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Epuisé de moi Lassé d'effroi Je t'ai offert L'image d'un miroir Brisé Sarcophage Abandonné Aux bras tordus D'un fleuve géant Jusqu'aux portes De la mer. Cette page a été reprise avec de belles illustrations sur le site suivant : La poésie que j'aime" |
Rideau tiré De grand matin Sur un ciel clair. Parfum saisi Au détour d'une haie D'aubépine. Jubilation Passagère D'un instant A mots couverts. Chemin de sous-bois Ecrasé de chaleur Et de silence. Tapis de jonquilles En pelouse En myriade. C'est le vol d'une mésange Messagère D'un printemps A corps ouverts. |