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Et il s'étonnait de voir les musiciens accorder les cordes de leur lyre, mais de laisser désaccordées les dispositions de leur âmes ; les mathématiciens fixer leurs regards sur le soleil et la lune, mais ne pas remarquer ce qui se passe à leur pieds ; les orateurs mettre tout leur zèle à parler de la justice, mais ne point du tout la pratiquer ; et encore les philosophes blâmer l'argent, mais le chérir par dessus tout.
A ceux qui disaient : « Tu es vieux, repose-toi », Diogène répliqua : « Pourquoi donc ? Si je courais au stade la course longue, faudrait-il que je me repose tout prés du but, au lieu de bander davantage mes muscles ? »
Ayant vu un jour un jeune enfant qui buvait dans ses mains, il sortit son gobelet de sa besace et le jeta, en disant : « Un jeune enfant m'a battu sur le chapitre de la frugalité ». Il jeta également son écuelle, parce qu'il avait vu de la même façon un jeune enfant qui, parce qu'il avait brisé sa gamelle, recueillait ses lentilles dans le creux de son petit morceau de pain ».
Un jour, il demandait l'aumône à une statue. Comme on l'interrogeait sur la raison qui le poussait à agir ainsi : « Je m'exerce, dit-il, à essuyer des échecs ». Demandant l'aumône à quelqu'un - car au début, il mendiait à cause de son indigence - il dit : « Si tu as déjà donné à quelqu'un d'autre, donne-moi également. Si tu n'as donné à personne, commence par moi ».
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