Impressions
Pas plus que l'instant, une impression ne se laisse facilement capturer et traduire en mots... Mais faut-il renoncer pour la cause à tenter l'aventure ?


Senteur de pluie
Par la fenêtre ouverte
Plongeant au coeur de la nuit
Dans la ville offerte.



Couleurs
Jetées
Pêle-mêle
Giclées
Rebelles
Formes
S'allongent
Se fendent
Prolongent
L'attente
Clarté
En gerbe
De lierre
Baisers
En bouquets
de lumière
Clairière.
Prisme de lumière
Qui révèle
Les sentiments de l'aube
Transparence pâle
Froides rougeurs
Doux flamboiement
Fontaine
Gerbe
Brassée
Splendeur cachée.

Courbe lente
Pareille aux vagues de mer
Qui dispersent dans le jour clair
Leur violence

Ombre douce
Piquetée de lumière
Au milieu des papillons de pierre
Des herbes poussent

Fulgurance rouge
Et sans en avoir l'air
Par je ne sais quel mystère
Un coquelicot bouge.
Etendue grise
Etincelante
Et polaire
Miroite et brise
L'ensorcelante
Ardeur solaire.

Pâleur orange
Evanescente
Intemporelle
Couvre et dérange
L'opalescente
Ove du ciel.

Frisson liquide
Ruisselant
Cristallin
Reflète et ride
L'enchantement
Des dieux marins

Ruissellement
D'un marbre
En fleur
Qui s'épanche
Jusqu'à donner
Au regard
Du soleil
Un éclat
D'outre-porte
Ouverte
Au chant
De l'absence
Et de l'effroi.

Dépouillement
D'un arbre
En pleurs
Qui se penche
Jusqu'à frôler
Le miroir
Du ciel
Où se noie
La feuille morte
Offerte
Au temps
Du silence
Et du froid.







Rugueuse écorce sous ma main,
Aussi douce que la peau d'une femme,
C'est cela seul qui me retient
A cette vie gonflée de larmes

Terre grasse entre mes doigts,
Comme une matière d'enfantement,
C'est seul à seul de toi à moi
Que s'accomplit l'affrontement

Fraîcheur de la pierre sous mes pieds,
Ainsi qu'une fontaine de jouvence
C'est la seule assurance que je sais
Dans ce monde en transhumance.




Voûtes
Sans doute
Avez-vous vu
D'innombrables
Silhouettes
Passer
Au gré
Des siècles
Insondables
Et des brèves
Destinées.

Routes
Sans doute
Avez-vous su
Conserver
Dans vos sables
Les traces
Des nomades
Qui passent
Au rythme
Des troupeaux
Et des étés

Poutres
Sans doute
Avez-vous dû
Supporter
Votre poids
D'hommes
Exténués
Par les labeurs
Où les amours
Où les horreurs
Et demeurer.

Serpentent
Les remparts
De la ville
Basse
Autour des places blanches
Où le chant
Des grillons
Devient
Ruissellement
De fontaine,
Et le soupir
De la brise
Bruissement
De platanes

S'écarlate
Ton visage
Au soleil
De plomb
Quand le recoin
D'un balcon
Dissimule
Au froissement
Des regards
Le baiser
De nos lèvres.


Blanche
L'aube
Qui emperle
Ton regard
De rosée
Et couvre
D'un voile
De pudeur
L'automne
De ton chagrin.

     

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