Nuits
La nuit est un lieu de mystères, d'émerveillements, mais aussi de peurs et d'angoisses. Nous y devinons quelquefois la face obscure de nous-mêmes, celle aussi de notre humanité.


Splendeur nocturne

Cette lune irréelle
Qui s'offre si belle
A son lever
Epanouit dans l'atmosphère
Ses pâleurs éphémères
A en pleurer

Splendeur nocturne.


Vent de nuit.

Froid de ce vent
Qui glisse sur la plaine immense,
Insiste, s'apaise,
Renaît, se relève,
Envahit l'espace,
Obscurcit l'atmosphère
Couche les herbes,
Frémit les rivières,
Retient les hommes
Aux âtres de pierre,
Appelle la nuit,
Hâte le soir,
Ancestral et maudit,
C'est le grand vent barbare.


Torpeur
Langueur
De trop frémir
De trop vomir
Ces millions de corps
Crucifiés sans remords
De Tréblinka
D'Hiroshima
Un chant mortel
Gerbe cruelle
S'élève, s'abat
Crève et s'en va
Ridicule flambeau
Rideau!
Zodiaque.

Longue est la route
Loin l'horizon
Courbe est la voûte
Où les saisons
Sans cesse
Caressent
Le sort

Froide est l'ivoire
Blanc l'étendard
Faux le regard
Quand vient le soir
Où blessent
S'agressent
Les corps

Dure est la chaîne
Sourd est le vent
Glacée la haine
Le prix du sang
Quand presse
S'empresse
La mort.


Ephémère
Trop amère
Eternelle
Trop cruelle
Cette vie
Assouvie
Dans l'instant
Comment faire
L'innocent
Sombre
S'effondre
Vulgaire
Amas
D'air.


Bonsoir !
Voici la nuit profonde
Le monde entier s'est endormi
La lune veille...

Bonsoir !
Voici la nuit féconde
Du pardon qui s'offre au mépris
C'est la merveille...

Bonsoir !
Voici la nuit absconse
De ceux qui souffrent l'inouï
Qu'elle est cruelle...

Bonsoir !
Voici la nuit des ombres
Abandonnées à leur oubli
Soyez rebelles...

C'est le bonsoir
Aux nuits sans nombre
Peuplant nos terres d'armures
D'univers sombres
Fantasmagories dures
Illusions vagabondes.






Lointaine à mon coeur une aurore
En cette nuit je veille
Guetteur de rêve et de sommeil
Cueilleur de larmes et de remords
Stridentes sirènes
Dans la nuit blême
Traversée d'éclairs blafards
Tes yeux cherchent un regard.


Pour Etty.

Petite soeur
De mes nuits insomniaques
Coeur pensant de la baraque
Baume versé sur tant de peurs
Reçoit l'offrande dérisoire
De ces mots comme un rempart
Au mépris de nos enfers.


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