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Landes et rivages |
Ces textes ont pour origine mes randonnées de l'été 2002 : les monts du Wicklow pour les landes, la presqu'île de Howth en Irlande et la côte d'Opale dans le nord de la France pour les rivages... |
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Le crépuscule A pris soudain La couleur de ta chevelure Et la mer au loin Ses boucles d'écume et de ciel Cascadent à tes épaules En vrilles sauvages Impétueuses Amazoniennes |
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La côte Ondule Ses rivages Eblouis Bordures De nappes Terrestres Dérobe A mes pas Ensablés Leur hésitante Obstination. |
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Folle échappée A travers landes Tout gonflé D'un insaisissable Trop-plein Liberté diffuse Eclose Au vacillement du jour. |
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Je connais Un jardin caché Entre de hauts murs Une roseraie Un labyrinthe Une fontaine Et quelques nymphes Imaginaire Devenu sentier |
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N'éprouver Des sensations Que l'absence Et le manque Et le gris tout autour entourant Et la pluie tout autour asséchant Et l'étreinte, et l'effroi, et le temps Et la chute Entrevue Affolant. |
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La mer Eveille Au soir Un désir Plus grand Soulève Au loin Une houle Immense Déporte Au delà de lui Mon être Et l'égale à lui-même. |
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Pénombre ancestrale Cohorte invoquée De racines et de pierres La tombe est creusée Le ciel bas Le vent clair La vision au travers Le cercle est brisé. |
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Horizon semencé D'incertains repères Blocs erratiques Flancs de collines Creux de rivières L'haleine grise des tourbières Incise en contrepoint du jour La solitude Chape humide A la dérive Où je me perds Trouée Que la brume, En souriant, Esquive. |
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Parcourir en glissade La grande orbe du ciel De la rouille océane A l'obscur encrier Sous la garde apaisée D'Aphrodite Première éveillée. |
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Infinitude hospitalière La mer accueille La mer empaume La mer dépouille La mer embaume Mansuétude Entrecoupée Avant que la nuit tombe Et ne ferme la porte du ciel Avant que la nuit tombe Suspendre sa course Et rester dans l'offrande. |
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Geste aéré Les bras s'étirent La blouse vole Le corps exulte Invétéré Belle insouciante Aggrave en moi Ta nudité Menue oraison matinale. |
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Monde ouaté Où je m'avance Où je me terre Tout assailli De peurs anciennes Et de rengaines Sautant la crête Par bancs entiers Prendre refuge En la prière Comme un envers A mon angoisse L'isolement apprivoisé Et l'ignorance du retour. |
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Pelouse Jusqu'à la grève étendue Jusqu'aux galets Veloutés d'embruns Tu opposes A la morsure saline La douceur d'une lèvre Longue frange maritime. |
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Longue marche Patiente écoute Le souffle des vagues Et le bout de la route Au tonnerre intermittent Des galets roulés par les flots Vient se joindre mon âme en écho. |
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Chenal interminable Prolonge à la mer La douceur du matin C'est l'heure du festin De la vase encroûtée Où s'écrient les mouettes Bateaux échoués Filets délaissés Et ces premiers volets qui s'ouvrent A l'odeur du pain frais Font que dansent mes pieds Sur la route infinie Irrésistible et secrète Allégresse du chemin. |
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Le voile mouvant D'une froide buée S'avance sur lande Inexorable et tendre Couvrement Abrité sous la cape Assis sur le rocher J'attends que la pluie passe Et le temps dérobé |
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Le véritable ailleurs Est celui Que l'on ne peut atteindre Tu le connais, oui Tu le sais qui m'appelle Grand large Au risque du naufrage. |