Traversées
Ce sont quelques-uns des textes écrits en 2002. Ils n'ont pas vraiment de thème commun. Le titre s'est imposé un peu par hasard...



Aller
Sa route
Et passer
Fugitive
L'embrasure
Des villages
Assoupis
Liserés
De vie
Boréale

Depuis combien de temps
N'ai-je plus entendu
Le bruit des feuilles mortes
Tomber de branches en branches
Jusqu'au sol engivré ?
Et la brume du soir
Elever ses volutes
Entre les plis de la vallée ?
Et le soir identique
Epaissir la forêt
En un seul tronc obscur ?
Et l'éclair du chemin
Trouer le corsage nocturne
D'une folle espérance ?
Depuis combien de temps
N'ai-je plus abandonné
La rassurante étrangeté
De la ville ?

L'aube
enlumine
La froidure
D'une parure
De givre
Et de miel

Tendresse
Du soleil
Aux lisières
Et aux champs
Reposés.

La lune rieuse
Regarde la forêt
Entrer dans la nuit

N'être en la pénombre
Qu'un souffle nocturne
Aux ramures
Accordé.

Prodigieux dialogue
Où fuse
Inaltérée
La ressemblance.

Le puits creusé
Découvre la nappe
L'immensité
Pressentie éclate

Ton corps s'éveille
A la fraîcheur
Et au signe
Aquifère.

La nuit descend
Sur le val ombré
Entre tes seins blancs
Rondes collines
Où s'écrient les engoulevents
Descendez !
Descendez auprès de l'abîme !
Descendez,
Et gouttez-y l'adoubement.

Enseigne-moi la nuit
Passionnée
Alanguie
Dévidée
La nuit saline
Au puits ludique
La nuit divine
Au cri lubrique
Enseigne-moi
Ta nuit sacrée
Sous la tunique.

Ta voix
Une mélodie
Qui berce
Le temps
Souvenir
D'un flamboiement
Ravivé
Grand large
Qui m'appelle encore
A marée basse.

Le livre ouvert
La page offerte
Comme un écrin
Et ta main posée
Non pas tendue
Non pas fermée
Juste un peu lasse
Par tant de vie
Parcheminée.

Les ombres passent
Sur l'île incurvée
De ton visage

Creusent
Aux replis ourlés
La sente du temps

Laisse
Venir la fatigue
T'enclore en ses paupières.

Virginité du ciel d'hiver
Lisse et pâle à l'infini
Parchemin diaphane et clair
Où tout se pare d'inédit
Autres couleurs, autres parfums,
Autres saveurs, autres destins
Prends-moi la main
Enroule-toi autour
Grimpe au tronc de mon bras
Ecris-en les contours
Et laisse tes pas nous irriguer
Au long printemps de leur sentier.

La sylve échancrée
Silhouette encore
Un croissant de ciel clair
Il prend son temps le jour
Dépose là ses armes
Pousse un dernier respir
D'oiseau endormi
Laisse enfin s'agrandir
A mes oreilles écarquillées
Le tout premier silence
Du crépuscule.


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