|
|

Un véritable
projet d'éducation aux médias
Vivre le média pour le comprendre.
L'éducation aux médias en six dimensions.
A) Vivre le média
pour le comprendre...
"L'enfant d'aujourd'hui vit
dans un monde où les moyens de communication se sont fortement développés. Malgré
cela, la communication pour beaucoup reste difficile. Certains même se sentent isolés.
Moyens de communications de masse privilégiés, les médias sont partout. Ils occupent
une place importante dans la vie, les jeux, les conversations de l'élève, et font partie
de sa culture.
Si cette culture est largement façonnée par la télévision, le monde des médias c'est
aussi la B.D., le journal, l'affiche, la radio,... Cependant, tous les enfants ne sont pas
égaux face à elle et l'impact du milieu familial qui peut, ou non, aider à
l'appréhender est important.
L'intégration de cette culture mosaïque va permettre à l'enfant de mieux saisir son
environnement, d'approcher le fonctionnement du monde des médias et de structurer des
informations, des compétences acquises hors de ses murs.
Réaliser dans les classes un projet d'éducation aux médias, c'est permettre à chacun
de devenir critique et autonome face aux médias. C'est aussi leur permettre de les
comprendre en les manipulant et en les "vivant" de manière concrète et
fonctionnelle.
"La communication audiovisuelle permet de multiples possibilités d'intégration.
(.../...) Elle se vit à la fois comme soutien à un objectif pédagogique dans des
projets pour lesquels l'enfant doit acquérir des savoir-communiquer et, comme objectif en
soi. Elle permet communication, autonomie et co-responsabilité." (Extrait du
Programme Intégré)
Créer une radio d'école est une
merveilleuse manière de confronter directement les enfants aux médias. L'outil
pédagogique mis en place est un support idéal parce qu'il est une source intarissable
d'approches fonctionnelles permettant d'apprendre et de comprendre les médias. De plus,
il permet à chacun de mieux maîtriser la langue tant écrite qu'orale.
Un projet de ce type va tout d'abord permettre aux enfants d'entrer dans une toute
autre dimension médiatique. Grâce à lui, de simples auditeurs passifs et gavés des
programmes diffusés, ils deviennent de véritables acteurs. Il s'agit d'une dynamique
prise en main d'un canal de diffusion ou chacun est co-responsable de ce qui est produit
sur antenne.
Afin de manipuler au mieux l'outil, il faut le maîtriser et donc, avant toute chose,
chercher à le comprendre.
Ainsi, par exemple, de manière fonctionnelle, les enfants comprennent l'importance
d'adapter son langage au public qui écoute (une des bases de la notion de communication).
Lors de la préparation des séquences, chacun doit veiller à être clair et à utiliser
un vocabulaire spécifique compréhensible de tous. Pas question de dire n'importe quoi,
n'importe comment...
On s'en doute, il n'est pas simple pour les enfants d'adopter un langage radiophonique. Il
est donc nécessaire de passer par une phase d'observation et d'analyse de production
professionnelle.
La radio, comme les autres types de médias, est un outil de communication. Il est, à ce
titre, un langage à part entière qui possède ses codes, son écriture. Il est donc
important de sensibiliser chacun à ces codes et d'aider à les déchiffrer.
Par le biais de leurs
productions, les enfants sont amenés à utiliser et à analyser de nombreux types de
langage. Ils découvrent que l'on ne rédige pas et que l'on ne dit pas tout de la même
façon. Chaque type de texte a sa propre structure et son propre langage. La manière de
présenter une interview (tant à l'oral qu'à l'écrit) est, par exemple, loin d'être
similaire à celle utilisée pour un texte informatif.
Dans leur travail, les enfants sont confrontés au système de production et de diffusion
auquel est soumis n'importe quel document médiatique. Ce système implique des
contraintes et des enjeux dont ils doivent tenir compte. A chaque instant, la construction
d'une séquence compréhensible et captivante représente un réel défi à relever. Pour
la simple rédaction des textes, il faut, par exemple, tenir compte de nombreux aspects
tels que la durée de la séquence, l'objectif poursuivi, la clarté des propos tenus, la
justesse des informations données et la nécessité d'apporter des informations claires
et complètes. La diffusion des émissions est également source de nombreuses
contraintes. On notera l'importance de respecter les délais fixés afin d'être prêt
dans les temps, la nécessité de lire correctement afin d'être audible, l'intérêt de
se concerter avec les autres responsables du projet, et l'obligation de maîtriser le
matériel technique qui va permettre la diffusion du programme.
Vivre concrètement les médias
permet aux enfants d'être plus critiques sur les productions extérieures.
Progressivement, ils réalisent une écoute plus intelligente et plus attentive de ce qui
leur est proposé, ils apprennent à mieux décoder les messages, ils développent un
esprit critique et sont mis en garde contre certaines mises en scène qui peuvent
influencer leur jugement.
"En matière d'Education aux
médias, il y a là un travail de déconstruction et de reconstruction du média qui
permet ensuite à l'élève de ne plus écouter de la même façon... son propre choix
radiophonique. Loin de chercher à le dégoûter de ce qu'il aimait et que
nous jugerions peut-être désuet, il s'agit de le former à une écoute active qui le
mobilise sur les effets ressentis et la réceptivité affichée aux messages."
(Extrait d'un document intitulé "Média Animation - Médialogue: outils de formation
2000").

B) L'éducation aux médias en six dimensions...
a) Introduction
Ici, nous évoquerons le cadre
référentiel devenu classique, en Education aux Médias, des six dimensions d'approche de
toute situation médiatique : les langages, les technologies, les représentations, les
typologies, les publics et les producteurs.
Chaque composant revêt un caractère particulier qu'il est bon de ne pas négliger car il
influencera directement le message qui sera diffusé.
Avant de conquérir les ondes, mieux vaut prendre le temps de s'interroger sur les
possibilités et les priorités qui seront celles de la radio que l'on veut proposer.
b) Le langage
Tout média utilise un langage
pluriel spécifique. Ce langage a une incidence directe sur la compréhension et
l'interprétation du message.
Parce qu'il est indispensable de préparer ce que l'on va dire à l'antenne, tout commence
par une phase de production d'écrit. Cette étape nécessite déjà un effort
d'adaptation et de mise en situation pour le rédacteur (l'écrit devant avant tout être
un support à l'expression orale).
Chaque canal de diffusion possède ses propres spécificités. Le vocabulaire, par
exemple, devra être adapté au langage utilsé. Il est donc bon de le connaitre et
de l'utiliser à bon escient.
Le langage radiophonique, s'il se veut compréhensible, se doit de respecter certaines
règles. Ainsi, une intonation et une prononciation adaptées au contenu et à la
situation d'élocution permettront à l'auditeur de mieux décoder le message..
A la radio, d'autres constituants langagiers sont à prendre en considération.
Ainsi, après avoir maitrisé leur rapport avec le micro, les
animateurs devront veiller à réaliser un enchainement adéquat des rubriques et proposer
un habillage sonore spécifique de qualité (jingles, disques, périodes de silence,...).
Animer, c'est sans cesse voyager parmi une grande variété de styles et de niveau
de parole. Chaque sujet nécessitant une communication adaptée...
De quelle manière allons-nous
dire les choses ? Sur quel ton allons-nous le faire? Ce ne sont
là que quelques unes des questions à se poser avant de se lancer sur les ondes. De
la réponse à celles-ci découlera un message médiatique approprié.
c) La technologie
Un émetteur, une antenne, une
fréquence, une puissance, un studio, une table de mixages, un lecteur CD, ...
sont divers éléments importants qui influencent le produit final.
Le choix du mode de diffusion et du contenu des émissions sera fonction des possibilités
offertes par les spécificités technologiques dont dispose l'établissement.
Pourquoi dire bonjour aux auditeurs de toute la Belgique si je n'émets que dans un rayon
de 3 kilomètres ? Pourquoi diffuser sur les ondes des messages uniquement
destinés aux élèves de l'école alors que de simples diffuseurs placés dans chaque
local et reliés entre eux par des cables suffisent ?
Même si l'aspect technique peut paraitre quelque peu rébarbatif, il est important
d'attirer l'attention des élèves sur ce point. Il est bon que chacun prenne
conscience qu'il existe des règles à respecter et que, par exemple, les radios ne
peuvent pas émettre plus fort que la puissance qui leur a été attribuée.
Réaliser des émissions nécessite un certain matériel que les enfants apprendront à
découvrir. Ils le manipuleront et l'utiliseront de manière concrète.
d) La
représentation
Parler à la radio, c'est
bien... mais encore faut-il savoir ce que l'on va y dire...
Avant tout, il est bon de se fixer des axes thématiques liés au contenu des émissions
que l'on va proposer.
Quels seront les sujets principaux ? A qui va-t-on s'adresser en priorité ?
De quoi est-il préférable de ne pas parler ?
On ne dit pas les choses de la même manière quand on veut qu'elles fassent rire ou
qu'elles fassent pleurer... Pour éviter toute ambiguïté, autant se définir
au préalable ses intentions et adapter son message à celles-ci...
e) La typologie.
Le paysage radiophonique est
très diversifié. Alors que certains médias ne sont là que pour diffuser de la
musique, d'autres ont choisi de s'orienter vers l'information ou le
divertissement. Là où diverses radios ont opté pour un programme local,
d'autres se sont tournées vers des productions nationales.
Quelle radio ferons-nous ? Quelle sera notre priorité ? (La musique ?
Les potins de notre école ? Des informations d'ordre pédagogique ?)
Quelles valeurs voulons nous faire passer ?
Desdécisions qui seront prises dépendra le contenu et le mode de communication
utilisés.
f) Le public
Si on fait de la radio, c'est
pour être entendu... Mais, encore faut-il définir à qui on veut
s'adresser... La direction, les autres classes, les parents, le monde (via Internet) sont
autant de possibilités qui amèneront à adapter les différentes composantes
médiatiques.
g) Le(s) producteur(s)
Les orientations qui
seront prises quant aux priorités médiatiques seront le résultat de ceux qui font la
radio. Autant donc se demander qui nous sommes réellement et quelle image de
nous-même voulons-nous montrer aux autres.
Et puis, ne le perdons pas de vue, faire de la radio, ce n'est pas que parler dans le
micro. Il existe beaucoup d'autres tâches (technique, coordination, responsable du
studio, trésorier, ...) et par conséquent beaucoup de responsabilités à se partager...
Pour pouvoir
émettre, il faut respecter certaines contraintes administratives (autorisations diverses)
et financières. A nouveau, parce qu'elles sont parties intégrantes du
projet, elle ne doivent pas être négligées. Même si c'est à des niveaux divers,
chaque acteur (les élèves y compris !) doit en avoir connaissance.

|