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La Sémiophonie
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Qui sommes-nous ?
Composée de logopèdes orthophonistes belges formés à la
méthode sémiophonique, notre association s'est créée en juillet 1995 dans
le but de défendre, promouvoir et faire connaître la sémiophonie. Elle
constitue un lieu d'échanges dynamiques entre praticiens.
La sémiophonie :
A qui s'adresse-t-elle ?
Aux enfants, adolescents et adultes.
Que rééduque-t-elle ?
Les troubles de la lecture (dyslexie), de l'orthographe
(dysorthographie) et du langage oral.
Comment rééduque-t-elle ?
Méthode non pédagogique, elle touche les racines du problème sans
s'attaquer directement aux symptômes ; la sémiophonie reconstruit
les phases d'élaboration du langage et permet des résultats durables.
Quel est son outil ?
Le lexiphone : appareil audio-phonatoire.
Visiteur depuis le 22 octobre 2003 :  |
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La Sémiophonie : qu'est-ce
en fait ? |
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     La rééducation sémiophonique est née de travaux de recherche du
Docteur Isi Beller pour les enfants souffrant du symptôme de "dyslexie",
à savoir environ 10% de la population scolaire. Mais qu'est ce que
la dyslexie ? D'où vient-elle ?
     De façon générale, la dyslexie est définie comme un trouble durable
d'apprentissage de la lecture. En ce qui concerne ses causes, il existe
de très nombreuses interprétations. Néanmoins, ces dernières années,
la plupart des auteurs s'accordent à incriminer l'immaturité de la
conscience phonologique et ce, quelles que soient les "formes cliniques"
du symptôme. Ils insistent sur le rôle central de la phonologie dans
la lecture. Citons Hillsdak, Erlbaum, conférence en 1977; citons également
Lecocq dans "Apprentissage de la lecture et dyslexie" 1991. Isi Beller
s'inscrit dans cette tendance : pour lui, la dyslexie s'enracine dans
des défaillances langagières archaïques conservées par le sujet (immaturité
de la conscience phonologique) et n'est donc pas un simple retard
d'acquisition de la lecture.
     La méthode sémiophonique permet de rééduquer en profondeur la
dyslexie en reconstruisant les automatismes élémentaires du langage.
Pour ce faire, le logopède-sémiophoniste utilise le "lexiphone". Les
automatismes dont il est question sont la composante de deux paramètres
: d'une part, la mise en place de l'articulation, et parallèlement
de la rythmique prosodique. La conscience phonologique réunit trois
aspects :
- la conscience phonémique, c'est-à-dire la capacité de synthétiser
ou segmenter des mots à partir d'éléments phonémiques ou
de syllabes.
- la conscience phonétique c'est-à-dire la sensibilité aux sonorités
et aux rimes.
- la conscience prosodique c'est-à-dire le rythme, l'intonation, les
pauses, la mélodie.
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     "Au début de sa vie, le bébé entend des sons. Il ne comprend pas
le sens des mots. Très vite, il découvre et joue avec sa voix. Il
se rend compte, peu à peu, que ses productions vocales provoquent
des réactions dans son entourage. Il apprend à s'en servir. Parallèlement,
il comprend que certains sons, dans ce monde sonore où il baigne,
ont un sens. Mais au départ, il y a un net décalage entre ce qu'il
comprend et ce qu'il réalise. Il va combler ce décalage. Les mots
qu'il utilise sont d'abord imprécis. En babillant et en vocalisant,
d'une part, il maîtrise le signifiant ("maman", "papa") puis le double
mot ("maman bobo"), d'autre part, il affine, par tout un travail phonétique,
la distinction entre les sons. C'est l'étape audio-phonatoire par
laquelle tout enfant passe et grâce à laquelle il distingue des sons
tels que "b/p", "an/on", etc. par le biais de la vocalisation. Ces
bases se consolident vers trois-quatre ans.
     Pour un raison ou une autre, l'enfant dyslexique n'a pas achevé
ce travail audio-phonatoire et n'a donc pas développé complètement
la structure cérébrale nécessaire à ce travail. Que se passe-t-il
alors ? Il comprend bien le contexte dans lequel le mot est utilisé,
mais il n'en a pas le sens précis. C'est ainsi qu'il va faire la différence
entre "bobo" et "dodo" par le contexte, mais sans faire la distinction
entre "b" et "d". Il va continuer à développer son langage - on pourrait
dire qu'il apprend à parler d'une façon globale - alors que le sens
précis lui échappe."
(Anne Prunière, orthophoniste.) |
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     C'est ici qu'intervient la méthode sémiophonique.
Elle vise une reconstruction des capacités linguistiques du sujet.
Elle se propose en effet de rééduquer directement les automatismes
élémentaires du langage.
     La méthode prend appui sur le principe structural
qui veut que les racines d'un trouble développemental du langage ne
se trouvent pas dans les superstructures cognitives et/ou linguistiques
mais dans l'insuffisance d'une ou plusieurs capacités de base dont
la défaillance de la conscience phonologique est le signe central.
D'où l'idée d'une méthode qui permettre d'échapper provisoirement
aux "superstructures" du langage, c'est-à-dire au sens, induisant
donc une "désémantisation" du langage.
     La méthode sémiophonique est un processus complet
de rééducation composé de plusieurs stades chronologiques, le patient
parcourant ainsi les différentes strates du langage.
     L'appareil, dit "lexiphone", relié à un micro-casque
placé sur les oreilles du patient permet d'intervenir sur la boucle
audio-phonatoire.
Le lexiphone
possède une fonction d'amplification-restitution audio-phonatoire.
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     "Une particularité essentielle de l'appareil
est la production de son paramétrique, inaudible à l'état basal, car
ultra sonique, et qui devient audible dans les aigus, tel un gazouillis
d'oiseau, en fonction de la fréquence et de l'amplitude de la voix
injectée dans le lexiphone, appelée pour la ciconstance son modulateur.
     Ainsi la paramétrie constitue la signature intonative
de la langue, oubliant dans un premier temps l'aspect sémantique.
Elle permet de confronter directement le sujet à l'une des dimensions
fondamentales du langage qui depuis le début de sa vie est devenue
inconsciente. Par ailleurs, le son paramétrique produit un effet renforçateur
sur la boucle audio-phonatoire (effet 'stabilo' par référence au trait
fluorescent placé sous telle phrase pour permettre une meilleure mémorisation,
plus scientifiquement 'repérage par indice' décrit par Gough, psycho-linguiste
dans "L'apprenti lecteur" aux éditions Delachaux et Niestlé en 1989)."
(Dr M. Dechamps, Namur 13/14/95.) |
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- La première phase de la rééducation va donc focaliser l'attention du
sujet sur la prosodie du langage.
- La deuxième phase permettra d'intervenir au niveau de
l'articulation. Une autre caractéristique du lexiphone est sa capacité
de couper, à intervalles réguliers réglables, la voix qu'il envoie dans
les écouteurs. Ce dispositif est nommé "alternance" et permet de
réintroduire progressivement des ébauches de signification. Vient
ensuite la phase "active" de la rééducation jusqu'à aborder, en fin de
parcours, la lecture et l'écriture.
- L'intermédiaire du lexiphone permet au rééducateur de ne pas être
perçu dans un rapport pédagogique. Cette méthode suscite et entraîne
chez le dyslexique une prise d'autonomie.
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     Dans de nombreux cas, des progrès apparaissent
rapidement : meilleure attention de l'enfant, intérêt pour la lecture,
diminution des inversions et confusions de sons, sans oublier l'effet
psychologique du déconditionnement par rapport au travail plus "classique"
qui a pu entraîner un certain découragement.
     Notons encore que la méthode sémiophonique pourrait
être également utilisée pour faciliter l'acquisition de la langue anglaise,
grâce à une batterie d'enregistrements qui suivent les mêmes principes
et la même progression. Des recherches prometteuses vont dans ce sens.
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