Cris

 

 

Poursuivre encore et toujours le chemin sans retour et, s'infinir au point de chute.

Parce que

Rien ne commence, rien ne finit, tout se dilate, tout s'éclate en une clarté où nul oeil n'a sa raison d'être.

Le chant sidéral n'égrène pas de notes, il infinit sa vibrance sans espace et sans temps.

 

Demain ou après seras-tu, toi, grain minuscule des sables mouvants de la vie, libre d'engendrer des vagues?

D'hier déjà, l'écume frange la lame dévorante de l'oubli.

Le flux et le reflux te portent et déportent au gré des vents et les marées te submergent à peine éveillé.

L'éclat fracassant des lois inhumaines t'arrache des cris sans voix et l'ombre descend parfois sur la quiétude de ta promenade. Que dire alors des angoisses qui baignent ton coeur!

Retiens ce souffle qui émane du plus profond de toi et distance la peur qui en émerge.

Le soleil consume celui qui en approche mais la lune inspire celui qui s'en va.

Ainsi quand le jour décline rien ne meurt, la nuit suppose une attente consciente et l'aube retrouve l'inconscient nourri des choses essentielles.

Le chant s'élève alors lentement pour s'amplifier dans la clarté éblouissante des temps.

L'étoile qui brille au loin n'est pas de celles qu'on atteint, rien n'empêche pourtant de tenter l'impossible.

 

 

C'est pour quoi

Cette nuit des fenêtres sans volets m'ont apporté le jour, rayon qui luit distinct dans un éclat de lumière.

Tes carreaux ne sont jamais embués que par la joie. C'est pourquoi ils me désasphyxient.

Ta voix se perd en ma gorge et je l'ouïs en mes cordes.

 

Oh! Les saisons...

Avec

Le vent mouvant émouvant parfois quand il gémit.

Je t'aime

L'eau frémissante à sa caresse

Le feu brûlant qui s'étincelle à cet appel...

Ainsi tu goûtes à l'ivresse que tu verses en moi et je bois alors cette substance à tes lèvres

Pour te garder

C'est toi ma demeure

Et

J'y entrerai

Avec mon désir.

J'y entrerai non pour m'y reposer.

Pour y mourir peut-être puisque la mort n'est pas une fin mais un autre espace.

Ainsi je vivrai infiniment en toi.

 

 

C'est alors que l'appel retentit.

L'immense cri se répercute aux horizons suspendus de ce ciel aujourd'hui ouvert, béant.

Cri d'amour mille et mille fois ignoré, inentendu.

Et j'écoute transie d'espérance.

Mon coeur s'élance à ce déchirement, se morcelle afin d'en unir chaque parcelle à chaque son et d'en prolonger l'écho.

Les astres se rassemblent en une ronde luminescente, éclaboussant nos voix de rayons infiniment tracés renversant l'espace.

Un instinct me porte et je déchire les songes édulcorés qui ont bercé mes sens, moi qui t'ai trouvé aux portes interdites.

L'immensité nous accueille sans fards, tel un ventre chaud au sein duquel se baigne toute vivance.

Ainsi désitentifiées en lui les essences se fondent, se confondent à la sienne pour devenir l'Unique.

Revenus aux instincts primitifs des joies, que faire des mots qui restent comme des chaînes?

 

 

Maintenant tout dort. Et je veille. Le silence m'envoûte, je t'y palpe. Tu n'es pas loin.

Ta sauvage tendresse m'étincelle, le volcan s'éveille.

Ton goût s'irradie en mon interne et ta respiration se fait mienne, vibrante mais si douce aussi.

Oh! Toi né pour moi. Venu de nulle part pour m'y rejoindre.

Je t'ai henni comme une cavale et suis devenue louve à l'instant où ta fourrure m'a frôlée.

La magie des lieux où nous sourçons s'étend au-delà des fleuves.

Sur nos lèvres entrouvertes des perles lumineuses s'irisent.

Unis dans les vents.

La nuit compliçamment baisse les paupières. Retiens le gémissement qui monte avec ma vie.

Je naîs pour la première fois.

Je veux entrer en ta chair. Me liquéfier en tes entrailles. M'exhaler en ton souffle.

Etre toi, ne plus me savoir que de toi.

Vis-moi. Exalte-moi. Que ma folie devienne soleil.

N'est-ce pas là ton désir!

 

France