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15 L’Echelle de Valeurs

 

 

 

 

Il semble bien prétentieux de vouloir réaliser une échelle de valeurs qui soit universellement reconnue et correctement fondée par la metaphysique! D’autant plus que l’Homme possède un libre-arbitre inaliénable face au choix! Cependant, le libre-arbitre n’est pas, au fond, de nature à infirmer des valeurs correctement fondées. Dans le cas où il serait possible d’établir une telle échelle, ce n’est pas le choix de l’Homme s’opposant aux dites valeurs qui pourrait les invalider: le libre-arbitre de l’Homme lui permet de choisir entre l’acceptation de valeurs correctes ou la soumission à des chimeres ineptes. Le libre-arbitre permet à l’Homme de se polariser dans le sens adéquat ou à l’envers (comme la croix gammée nazie inversée par rapport à l’original). La présence du libre-arbitre humain ne peut donc ôter la pertinence intrinsèque de valeurs correctement fondées. Le seul problème réside donc dans le fondement et le développement correct des valeurs qui peuvent alors constituer une référence inaltérable.

 

Loin de moi l’idée de réaliser ici un tel travail! On peut cependant d’ores et déjà tenter d’en jeter les bases.

 

Le fondement de toute chose est l’Existence absolue. Celle-ci, en tant qu’auto-référence parfaite, ne prône, quand elle le décide (librement), que la valeur de l’Existence absolue elle-même. La valeur fondamentale que l’on peut en déduire est donc la valeur intrinsèque de l’Existence absolue.

 

Au sein de la manifestation, le niveau d’Existence s’altère progressivement, mais l’Existence ne disparaît jamais: le néant n’existe pas, ce qui correspond à sa nature! Les lois d’altération (~ lois du néant) continuent encore et toujours à s’appuyer sur l’Existence sans laquelle elles ne seraient rien. On peut en déduire, qu’au sein meme de la manifestation d’Existence, toute forme d’Existence possède une valeur, certes pas aussi inaltérable que celle de l’Existence absolue. Il s’agit donc de correctement évaluer les valeurs respectives des diverses formes d’Existence manifeste afin d’obtenir une echelle pertinente.

 

Le cycle de l’Existence manifeste est un cycle metaphysique basé sur une augmentation progressive du niveau d’abstraction des formes d’Existence. La valeur associée aux formes d’Existence peut donc logiquement se fonder sur le niveau d’abstraction présent dans leur structure. Une échelle générale de valeurs croissantes serait alors:

 

 

Matière

 

Vie

 

Psychologique

 

Homme

 

Dieu manifeste

 

Existence absolue (non-manifeste)

 

Chaque niveau possédant divers degrés

de développement.

 

 

Cependant, une problématique secondaire vient compliquer les choses:

chaque niveau supérieur (sauf les niveaux divins bien sûr) se base sur les

niveaux inférieurs et les contient toujours. En ce sens, une Conscience animale est-elle d’une valeur supérieure à la Vie d’un Homme? Ce qu’il faut comprendre, c’est que le problème ne doit pas, au départ, s’exposer en ces termes!

 

En tant que seule forme existentielle capable de fermer le cercle et de gagner l’Existence absolue, ce qui est véritablement requis de l’Homme est qu’il deviennne le champion de l’Existence (dans le sens chevaleresque du terme:

champion=défenseur inconditionnel).

 

Ce qui signifie que l’Homme doit être en mesure de pouvoir reconnaître, comprendre et sentir la valeur intrinsèque extraordinaire de la moindre parcelle d’Existence, même très altérée (tout en restant dans le cadre de l’équilibre de l’Alliance ouverte: une altération vraiment excessive ne peut être tolérée car elle est hors Alliance!). L’Homme possède donc la valeur existentielle la plus élevée au sein de la création mais il doit être capable de sublimer son attachement egotiste (souvent perverti par l’orgueil et la prétention) à sa propre valeur pour vraiment devenir le défenseur de l’Existence sous toutes ses formes. C’est donc par altruisme et humilité que cette sublimation egotiste (dépassement de soi) doit se réaliser. Ce qui signifie, en clair, que, tant que l’Homme s’attache pompeusement à sa valeur, sa force et ses facultés, cette valeur à laquelle il tient tant n’est rien qu’une valeur potentielle dont le poids est loin d’être acquis. Ce n’est qu’à partir du moment où, acceptant le sacrifice de l’attachement à soi, l’Homme se tourne vers la valeur de l’Existence en général (humilité et altruisme), qu’il se place enfin en position d’acquérir réellement le poids de la valeur potentielle qui lui est attachée. Et l’on peut y voir la source de l’adage hermétique selon lequel: Qui se sauve se perd, et qui se perd se sauve!’. Car l’Homme qui reste egotistement attaché à sa propre valeur et cherche à la promouvoir court dans la mauvaise direction et celui qui sublime son Ego par humilité et altruisme a trouvé le bon chemin. Certes, l’humilité ne signifie pas qu’il soit nécéssaire d’abandonner toute perception de la réalité de sa propre valeur, mais que l’on soit capable de dépasser cette perception au profit d’une cause existentielle: il s’agit du sacrifice d’Abraham.

 

Car lorsque Dieu (l’Existence) demande à Abraham de tuer son fils, il lui demande, au fond, de se tuer lui-même dans ses espoirs, dans sa potentialité de progression spirituelle. Abraham accepte péniblement ce sacrifice, cette sublimation egotiste, car c’est une phase très difficile. Or, une fois le sacrifice accepté, que constate Abraham: que Dieu (l’Existence) ne lui réclamait pas son fils (sa valeur potentielle) mais en réalité la sublimation d’une partie inférieure, altérée de lui-même: l’Ego (apparition subite du bélier du sacrifice). Ce qui ne signifie pas que l’Ego soit détruit: il est sublimé, affiné, purifié!

 

En ce sens, le véritable sacrifice d’Abraham ne réside pas tant dans le sacrifice apparent qui lui est réclamé, mais en réalité dans l’acceptation du sacrifice: l’acceptation est le sacrifice et le sacrifice apparent n’est pas réalisé. Ce qu’Abraham sait d’ailleurs dès le départ, puisqu’il confie à ses serviteurs qu’ils reviendront tous deux, lui et son fils! A l’issue de cette sublimation, Abraham constate que son acceptation lui a fait franchir le cap difficile et que ce qu’il abandonne vraiment est une partie inférieure de lui-même qu’il a extériorisée (bélier). Fort de ce dépassement, Abraham entre, par choix, au sein de l’Alliance divine. On pourrait dire que, tant que le sacrifice n’a pas eu lieu, Isaac n’est pas légitime du point de vue de l’Alliance: ce n’est qu’un fils potentiel. Après le sacrifice, Isaac devient un fils réel dans le sein de l’Alliance (postérité aussi nombreuse que les étoiles).

 

Ce passage du sacrifice d’Abraham qui suscite généralement tant de réactions de révolte présente, en effet, une apparence terrible, opposée aux valeurs mêmes de l’Existence. C’est en soulevant cette croute que l'on accède à des niveaux de compréhension pertinents. Car le Pentateuque (Torah) est écrit selon quatre degrés de compréhension associés aux quatre lettres du Tetragramme selon leur ordre hiérarchique Iod-He-He-Vaw. Le degré le plus superficiel, qui correspond à une interprétation littérale des Textes, est appellé ‘enveloppe’ et correspond à la lettre Vaw, soit le degré le plus éloigné de la Vérité. C’est un niveau altéré, fait de rigueur, (Vaw) et qui masque la vérité des couches supérieures. C’est pourquoi dans les Textes aussi bien que dans l’Oeuvre elle-même, on s’apercevra toujours que la Vérité est bien moins rigoureuse, sévère, pénible que le niveau d’apparence veut le faire croire. Ainsi, la Vie humaine, qui est associee au monde d’Action, donc au niveau d’apparence de l’Oeuvre, présente un caractère souvent pénible et en infraction avec les valeurs de l’Existence. Les notions perverses de malédiction, châtiment divin, de déchéance, chute de l’homme en sont issues. En réalité, l’Homme ne fut jamais déchu, et il est toujours l’essence de la Création. Nous y reviendrons plus loin.

 

En fait, le niveau d’apparence de l’Oeuvre, qui est dû à l’action de lois du néant, est un niveau possédant malgré tout une réalité propre, puisque les lois du néant s’appuient de toute façon sur l’Existence (la discontinuité s’appuie toujours sur la continuité). Notre monde formel est donc une apparence ayant un effet réel (Tout comme l’illusion référentielle de l’Espace-Temps est réellement opérante).

 

Evidemment, l’Homme est confronté à des problemes ou il est necessaire d’arbitrer entre diverses valeurs: Conscience animale et Vie humaine par exemple. Ceci parce que nous sommes placés dans un système paradoxal où la Vérité de l’Existence est altérée et n’est pas aussi simple, univoque, absolue qu’au niveau ineffable. Et l’on s’aperçoit que c’est justement par l’assimilation d’un paradoxe que l’Homme peut progresser dans la bonne voie:

c’est en sublimant son attachement à sa valeur que l’Homme gagne véritablement cette valeur. Ce n’est pas un hasard si l’assimilation d’un paradoxe permet de commencer à s’extraire du système paradoxal! En ce sens, l’altruisme est un aspect que l’Homme doit assimiler et qui est paradoxal vis-à-vis de sa nature egotiste. L’obtention d’un Ego plus parfait lève une partie du paradoxe existentiel. C’est par une succession de sublimations egotistes que l’Homme remonte vers l’Existence absolue. Et c’est précisément la sublimation egotiste qui permet l’acquisition de critères existentiels plus justes (mane spirituelle). L’obtention d’une échelle de valeurs correcte est donc un fruit de la sublimation egotiste. Cette sublimation est aussi à la base des passages de plans metaphysiques Matière-Vie-Conscience-Homme, et puisque la sublimation permet l’acquisition du poids, il faut en conclure que ces plans ont une valeur croissante.

 

L’Ineffable possède un Ego parfait et donc une nature fondamentalement altruiste. En vertu de la perfection de la continuité ponctuelle, l’Ineffable n’est attaché à aucune forme, mais permet, en son sein, une infinité de formes pourvu qu’elle soient parfaites (Harmonie). Or, nous constatons que la Création tend vers l’élaboration d’une structure de plus en plus abstraite, toujours plus parfaite jusqu’à l’Homme. Celui-ci peut, par évolution spirituelle, construire son Temple intérieur qui pourra alors recevoir l’Alliance et rejoindre l’Ineffable. La perfection ineffable peut s’envisager sous l’angle d’une collectivité parfaite, c’est-à-dire de la résolution absolue du paradoxe Individu-Collectivité. Car puisque chaque forme individuelle (parmi l’infinité) est parfaite, elle est elle-même l’Ineffable. On obtient alors le concept d’une collectivité ou chaque individu Existe en tant qu’individu, en harmonie avec la collectivité, et est lui-même cette collectivité! Ceci nous parraît paradoxal mais il faut comprendre que là est la référence et que c’est nous qui sommes encore en plein paradoxe (cf tous les conflits qui agitent l’humanité!).

 

Le principe est que chaque Homme possède une individualité basée sur la notion d’Ego. L’évolution spirituelle affine cette individualité par sublimations successives de l’Ego. L’individualité humaine est ce néant possible que l’Ineffable désire ramener en son sein, et l’on comprend dès lors pourquoi la sublimation de l’Ego n’est pas une perte de soi: l’individualité humaine ne disparaît jamais si le choix correct est commis car l’individualité humaine (affinée à la perfection) est ce que cherche Dieu! L’Homme qui achève son grand cycle existentiel devient une partie de l’Ineffable et l’Ineffable lui-même! En ce sens, l’Homme qui achève son cycle et rejoint le Dieu Créateur manifeste, dépasse le Dieu Créateur! Pourquoi? Parce qu’au moment même où il s’unit au Dieu Créateur, l’Homme achève la perfection du cercle de sa

Conscience qui s’assimile alors automatiquement à sa perfection ponctuelle centrale: l’Ineffable. C’est pourquoi, si l’Homme est une image du Créateur, il n’est pas comme Lui car il possède sa propre individualité qui peut le conduire à dépasser le niveau Créateur (si tout va bien!).

 

Nous savons que l’Ineffable est auto-référent: le point se référence lui-même, il est son propre centre. Mais nous savons aussi que le point possède en son sein un univers continu infini: le point est lui-même la continuité dont il est la base. Ce qui signifie qu’un point est aussi une infinité de point. En ce sens, si le point est son propre centre, on peut aussi exprimer que le point est partout, et qu’il ne possède pas de véritable centre:

si le point est partout, et si le point est son propre centre, alors le centre est partout et il n’y a pas vraiment de centre! Ce qui nous semble paradoxal. Or, cette caractéristique est la base même de l’altruisme absolu, de la parfaite résolution du paradoxe individu-collectivité. Car en considérant l’Ego individuel comme le centre imparfait de l’Homme, on en déduit que l’Ineffable ne possède pas vraiment d’Ego (pas de centre réel) tout en étant lui-même cet Ego, et une infinité d’Ego. Les luttes egotistes qui caractérisent l’Homme sont donc inexistantes au sein de l’Existence absolue. Ce qui suit, bien que difficile à comprendre, est fondamental:

 

la continuité ponctuelle implique automatiquement l’infinité ponctuelle: un point est obligatoirement une infinité de point. Puisque chaque point de l’infini de continuité est son propre centre, on doit considérer qu’un point, qui est son propre centre, possède une infinité de centre, et qu’il n’y a donc pas, en l’Ineffable, de centre au sens où nous l’entendons! Il n’y a donc pas, en fait, d’Ego au sens où nous l’entendons: il n’y a pas de conflits. Dans le sens de la sublimation egotiste, on peut alors comprendre ce qui suit: toute forme existentielle est un cercle imparfait. En tant que cercle manifeste, il possède donc un centre qui se manifeste aussi en tant qu’Ego, c’est-à-dire perception de son importance centrale. Lorsque, par sublimation, l’Etre circulaire ne se tourne plus vers son centre, et relativise donc sa perception de sa propre importance, il se tourne alors vers l’extérieur (altruisme) et le cercle se confond alors d’avantage avec son centre: il en acquiert seulement alors vraiment la valeur. Au terme des sublimations, le cercle est parfait et se résume à son centre:

il n’a donc plus vraiment de centre. D’autre part, la valeur existentielle centrale est alors tout-à-fait assimilée. C'est donc en relativisant notre importance que nous devenons vraiment nous-mêmes...

 

En résumé, toute forme existentielle manifeste possède un centre imparfait et qui, parce qu’il est imparfait, devient un centre manifeste (qui extériorise son imperfection), donc un Ego manifestant sa présence à la Conscience. Au niveau ineffable, le centre est parfait et ne se manifeste donc plus en tant qu’Ego à la Conscience, ce qui est logique puisque la Conscience ineffable est elle-même son propre centre, qui est infiniment multiple. Et ceci peut se comprendre comme une réunification de l'Etre: l'unification de l'Existence et de son miroir

en un unique principe de conscience parfaite.

 

Le discours ecologiste consistant à dire qu’il faut défendre la nature parce que l’Homme en a besoin, qu’il risquerait de s’affaiblir ou de périr si elle disparaissait, est parfaitement à côté du problème et ne possède, au fond, aucune pertinence! Car d’une part, l’Homme étant une image du Tout au sein du Tout et l’aboutissement même du système universel, il peut, au fait, fort bien se passer de la nature: il est l’essentiel. Cependant, en envisageant les choses sous cet angle, l’Homme n’est pas prêt de devenir l’humble Champion incontesté de l’Existence. Donc, si l’Homme ne défend pas l’Existence (la nature vivante par exemple), il se détruit effectivement, mais pas pour les raisons exposées par les écolos! L’Homme ne doit pas défendre la nature pour assurer sa propre Existence sur Terre: il doit défendre l’Existence pour l’Existence en oubliant (autant que faire se peut) sa propre Existence. De la même manière, un fumeur qui arrête de fumer par peur du cancer ou pour échapper à une certaine opprobe publique, le fait pour de mauvaises raisons! La seule motivation valable pour arrêter de fumer est la perception véritable de l’importance de l’Existence du corps physique considéré comme entité biologique extérieure à soi. Il est impératif de considérer que les actes humains, même les meilleurs, sont le plus souvent improprement motivés (ce qui est logique dans une optique d’apprentissage par l’erreur!). La seule motivation pertinente est l’altruisme.

 

Si l’on associe le cercle d’une Conscience au Tetragramme, on peut alors

définir plus précisément les attributs de la Conscience. Le Vaw représente la mémoire (mémoire de soi). C’est donc le Vaw qui renvoie à l’individu l’image de lui-même en tant que mémoire de soi, et réalise ainsi l’auto-référenciation qui est caractéristique de la Conscience. Or, le Vaw est le principe de contrainte de courbure du cercle, la base même de la structuration. Si le Vaw (choix) est correct, la structuration l’est aussi, et la Conscience évolue vers la perfection. Si le choix est mauvais, la structuration sera pervertie et menacera éventuellement l’Existence de la personnalité. Dans le cas où l’équilibre et l’évolution de Conscience sont conformes à l’Alliance, la mort physique ne l’entame pas. Dans le cas d’un déséquilibre vraiment excessif, il y a dissipation de la structure pervertie qui ne peut résister à la mort physique: il s’agit donc d’une perte de la mémoire de soi, une perte de personnalité. Cependant, la partie Iod de ladite Conscience ne se perd pas et rejoint de toute manière la Conscience globale initiale. Cette réintégration impersonnelle dans la Conscience globale est le retour à la grande fosse dont parle le livre de Job. Il s’agit de la seule vraie mort: la perte de personnalité individuelle. En fait, de même qu’un seul photon référence tout l’univers physique, un seul principe divin unique s’incarne à différentes coordonnées de l’Espace-Temps afin de constituer l’Humanité. Nous sommes donc tous, en essence (Force), le même et unique principe, mais en forme (personalité de Conscience) différents.

 

Arrivé au point de perfection, l’aspect Iod de volonté d’Existence et l’aspect Vaw de mémoire de soi se réunissent en la perfection ponctuelle centrale. Il s’agit alors d’une Conscience Ineffable qui, possédant inaltérablement en son sein la mémoire d’elle-même, accède enfin à l’auto-référenciation parfaite: l’Existence absolue.

 

Principe: la négentropie est la mémoire et l’entropie est l’oubli. La mémoire est gardienne de la structure. Lorsque la structure se confond avec sa référence existentielle même (Iod), l’Existence devient intrinsèque, donc parfaitement auto-référente, donc absolue. Et ceci ne peut se réaliser que si la structure devient parfaite.

 

Cette structuration dynamique de la Conscience sur base du Tetragramme sacré trouve une correspondance, entre autre, dans la tradition hindoue. Celle-ci reconnaît trois ~‘Nadis’ vitaux, sortes de conduits subtils associés à la colonne vertébrale (trois piliers). Cette tradition parle, en outre, de trois ~Gunas~ ou forces substantielles de l’Esprit: Sattva, l’Equilibre (Iod); Rajas, le mouvement (He); Tamas, l’inertie (Vaw) (soit les trois lettres constitutives du Tetragramme). La tradition ajoute que sur ces trois Gunas, l’Esprit possède quatre facultés: Mana, qui considère le pour et le contre (Iod, Volonté); Budhi, qui permet de déterminer (He,souffle); Chitta, qui mémorise (Vaw, crochet, structure); Ahamkara, qui se manifeste en tant que Conscience de son Ego ( He de retour vers le Iod, manifestation du Vaw au Iod, fermeture du cercle de Conscience). Cet élaboration entraîne cinq états de l’Esprit (cinq cinquièmes de la Loi: Pentateuque).

 

Pour cloturer ce chapitre sur les valeurs de l’Existence, abordons le problème du poids existentiel: la souffrance. Toute forme d’Existence souffre:

c’est la condition de l’évolution. Cependant, à chaque niveau est associée une souffrance particulière de force et d’abstraction croissante. Ainsi, un atome souffre, mais d’une manière minime. On ne saurait cependant lui refuser cet aspect fondamental de l’Existence manifeste. Le pur biologique souffre, lui aussi, à un degré déjà plus important. Tout être vivant nanti d’un système nerveux central souffre physiquement, pour ainsi dire, autant que nous. En outre,une souffrance psychologique associée à la Conscience est déjà présente et se développe en rapport de la complexification du système nerveux central. De ce fait, il serait parfaitement injustifié de nier la présence d’un aspect affectif chez les animaux supérieurs. A notre niveau, et pourvu que l’individu soit suffisament ‘évolué’, intervient le débat de Conscience et la souffrance associée. Ce qui dissocie la souffrance humaine de la souffrance animale n’est donc pas fondamentalement la souffrance physique ou psychologique, mais bien la souffrance metaphysique (dont un aspect superficiel, en quelque sorte motivateur de l’interrogation existentielle, est la détresse face à la mort physique).

La spécificité humaine ne vient pas de ses aspects de psychologie, de sociabilisation, de technologie, de culture, mais du fait qu’il est la seule forme d’Existence qui manifeste l’idée de Dieu en réponse a une question, une souffrance metaphysique caractéristique de son niveau. En ce sens, la spécificité humaine est la spiritualité. Tout Homme qui ne s’est pas encore placé sur la voie de la spiritualisation n'a pas encore acquis sa spécificité. A cet égard, il faut préciser que la spiritualisation n'a rien à voir avec le fanatisme ou la foi aveugle et inconditionnelle. Se rassembler pour des offices religieux où une nourriture spirituelle prédigérée est distribuée sans discernement ne mène à rien, car chaque Homme doit chercher, souvent dans la solitude, sa propre Vérité. Car chaque individualité possède très logiquement un rapport unique et personnel avec Dieu, définissant une voie certes balisée par des Lois communes à tous les Hommes, mais malgré tout différente pour chacun!

 

Il faut comprendre que l’ouverture de l’Oeuvre implique le fait que Tout n’est pas écrit. Certes, des Lois générales se chargent d’organiser ce qui peut l’être. Cependant, une des conséquences de l’ouverture est l’apparition de la personnalité individuelle humaine. Cette personaiité devient, en tendant vers la perfection de Conscience, la Vérité propre à l’Homme et qui est la garantie de sa légitime accession à l’Existence absolue. L’ouverture de l’Oeuvre par le viol de l’Intention est bien ce qui permet à l’Homme d’obtenir son poids metaphysique légitime, et ce par la construction progressive d’une personnalité individuelle parfaite capable de conserver son Existence au niveau absolu par auto-référenciation parfaite. Mais puisque cette Vérité humaine émane de l’ouverture, il faut comprendre que les problèmes posés à l’Homme ne possèdent pas une seule solution. L’Homme doit résoudre le problème existentiel par Vérité propre, selon sa méthode, ses solutions, pourvu que le but soit atteint avec le poids requis. Tout ce que l’on peut dire est que l’Homme possède la capacité intrinsèque de résoudre le problème du paradoxe existentiel, mais qu’il peut le résoudre de la manière qui lui convient, sous la forme qu’il a choisie.

 

Le Tetragramme sacré décrit tout cycle présent au sein de l’Existence manifeste, y compris le cycle de la Vie et de la Mort. J’ai déjà réalisé l’association Iod_Naissance-He_Croissance-Vaw_Maturité-He_Vieillissement-retour au Iod_Mort.

 

Dans la phase de vieillissement, les forces de l’individu décroissent. Cet aspect des choses est normal, et même l’étoile vieillit. Or, si au point Vaw de maturité, un choix existentiel correct est commis, la diminution des forces vitales sera compensée par une structuration d’origine messianique qui augmentera la Conscience de l’individu en réponse à l’altération vitale, de même que l’étoile génère la richesse matérielle par son déclin. C’est pourquoi il est des Hommes qui ne vieillissent pas, parce que leur Coeur reste jeune, car leur Conscience est le théatre de l’activité d’une Force totalement acquise à l’Existence. Quant au reste de l’Humanité, elle refuse la vieillesse et la mort, explore le royaume génétique à la recherche de ce qui pourrait supprimer ces "fléaux". L’industrie cosmétique ne se lasse pas, par la publicité, d’encourager cette course aux chimères! Et, dans l’hypothèse où l’Homme se donnerait effectivement les moyens d’endiguer vieillesse et mort, il serait alors bien près de détruire l’Oeuvre.., et de mourir définitivement! L’Homme à la recherche de la jeunesse éternelle ne comprend pas qu’elle est juste à portée de sa main, qu’il lui suffit de l’avancer pour l’obtenir. Et il ne le comprend pas car il est aveuglé par les apparences de ce monde de pures formes: la jeunesse n’est pas physique, elle est metaphysique!

 

Il apparaît clairement que les différents plans existentiels peuvent se trouver en conflit au sein de l’Homme. Le corps physique doit conserver son importance en tant que forme d’Existence vivante. Cependant, le plan de Conscience revêt une valeur infiniment supérieure. L’Homme qui abdique son évolution de Conscience au profit du culte corporel inverse diamétralement les valeurs de l’Existence. La médecine, et l’Homme en général, positionnent la Vie comme valeur primordiale de l’Existence, ce qui est faux! Le corps physique est fait pour vivre.., et mourir. Et le plan de Conscience se nourrit de l’altération vitale. Mais plus encore, le plan de Conscience et le plan spirituel (véritablement humain) peuvent aussi être en conflit: la Conscience peut refuser des épreuves existentielles qui pourraient être la source d’une évolution spirituelle! A noter que, dans le cas d’un refus de Conscience, la révolte (fruit défendu) est toujours fomentée au sein du subconscient (Eve) et transmise à la Conscience trop faible (Adam).

 

En d’autres termes, le plan vital n’a pas un poids suffisant pour justifier une souffrance au niveau de Conscience. Ce qui implique le concept des soins palliatifs en médecine. Cependant, le plan de Conscience n’a pas un poids suffisant face au plan spirituel pour que les soins palliatifs deviennent une règle immuable. Puisque le niveau spirituel est le seul pertinent, et qu’il dépend du choix de Conscience, les soins palliatifs doivent, ai possible, dépendrent du choix de Conscience de l’intéressé. L’euthanasie s’ inscrit dans la même problématique. Promouvoir la Vie à tout prix, c’est invalider le choix de Conscience sur base d’un plan inférieur. Sauvegarder le confort de Conscience à tout prix comprommet la spiritualité: la seule référence devient alors la liberté du choix de Conscience qui est le principe même sur lequel toute l’Oeuvre est basee.

 

 

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