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Chapitre 1 : La conquête de la Gaule belgique par Jules César.

I. Situation de la Gaule belgique avant la conquête romaine.

A. Point de vue géographique.

Vers 58 av. J-C, la Gaule est une immense étendue de forêts parfois supplantées par des marais, des déserts de sable ou de rochers. Les animaux et les hommes évoluent donc où bon leur semble. A cette époque, la Gaule est divisée en trois parties :

la Gaule belgique, habitée par les Belges, s’étend entre la mer du Nord, la Seine et le Marne. elle comprend quelques 500.000 Belges répartis en une quinzaine de tribus dont les Morins, les Ménapiens, les Aduatiques,… et bien sûr les Héburons (an.1).

la Gaule celtique désigne la France actuelle.

la Gaule aquitaine occupait le sud de la France, entre la Garonne et les Pyrénées.

B. Point de vue social.

La hiérarchie dans chaque tribu est subdivisée en quatre classes distinctes :

le chef est choisi, lors d’un banquet, parmi les chevaliers de la tribu. Seul le plus beau, le plus fort, le plus grand et le plus brave est élu.

les druides « s’occupent des choses de la religion, ils président aux sacrifices publics et privés, règlent les pratiques religieuses ; les jeunes gens viennent en foule s’instruire auprès d’eux, et on les honore grandement… Les druides s’abstiennent habituellement d’aller à la guerre et ne paient pas d’impôts comme les autres : ils sont dispensés du service militaire et exempts de toute charge 1». Ils constituent une classe importante, dirigée par un chef absolu et chaque année, à la même date, ils se réunissent dans la forêt des Carnutes (an.2).

les chevaliers sont membres de l’aristocraties. Ils possèdent de grandes propriétés. Ils ont un grand rôle politique de la communauté. Ils exercent aussi un pouvoir sur le peuple qui est écrasé par les impôts et qui doit se lier aux nobles pour être protégés. « Ceux-ci, quand il le faut, quand quelque guerre éclate, prennent toute part à la guerre, et chacun, selon sa naissance et sa fortune, a autour de soi un plus ou moins grand nombre d’ambacts et de clients 2».

le peuple comprend les paysans et les artisans. Ceux-ci sont associés en coopérations. Ils constituent un groupe à part. Les agriculteurs et cultivateurs sont rassemblés dans de grosses fermes ou dans des villages.

II. César arrive en Gaule belgique : la conquête.

La conquête de la Gaule belgique débuta en 58 av. J-C. lorsque Jules César apprend, par ses espions, que les Belges complotent contre Rome.

Les Belges, en effet, se concertaient en vue d’une action préventive commune pour préserver leur territoire d’une éventuelle attaque romaine (an.3).

L’enthousiasme des Belges pour prendre les armes et défendre leur liberté menacée est immense. César décide alors d’agir et se dirige vers la Gaule pour éviter que les peuples belges ne se rassemblent, ils les combat isolément.

D’abord, il s’occupe des Suessions qui capitulèrent en vingt-quatre heures et les Bellovaques qui choisirent de se rendre après négociations.

Les Nerviens se révèlèrent autrement redoutables. Ils étaient des hommes rudes, d’une grande valeur guerrière, décidés à lutter. Le combat, mené dans la plus grande confusion pour l’armée romaine, fut gagné grâce à la présence d’esprit et l’énergie de César.

1 César, Guerre des Gaules, VI, 13-14.

2 César, Guerre des Gaules, VI, 15.

Pourtant, celui-ci a rendu hommage au courage des vaincus.

Ensuite, les Aduatiques sont attaqués dans leur forteresse. Effrayés par les machines de guerre romaines, ils proposent de se rendre. « Lorsqu’ils virent que nous construisions au loin une tour (…) quand ils virent qu’elle se mouvait et approchait des murs, (…) ils envoyèrent à César des députés (…). Les députés rapportèrent à leur peuple ces conditions, et vinrent dire qu’ils s’y soumettaient. Une grande quantité d’armes fut jetée du haut du mur dans le fossé qui était devant la place (…) les assiégés en avaient dissimulé environ un tiers 1». Finalemet, César remporte la victoire sur les Aduatiques. Après en avoir tué 4000, il en fit vendre 53.000 en tant qu’esclaves.

César entreprend alors de conquérir le territoire des Morins et des Ménapiens. Nous sommes alors en 56 av. J-C. Ne voulant pas finir comme les autres peuples gaulois, ils se retirent avec leurs familles et leurs biens vers les forêts et les marécages qui recouvrent leur territoire. Pendant que César et ses troupes construisent leur camp à la lisière de ces forêts, les Belges « bondirent de toutes parts hors de la forêt et chargèrent les nôtres. Ceux-ci prirent rapidemment les armes et les refoulèrent dans leur bois 2».

En 56 av. J-C., César entreprend la conquête de la Bretagne et passe le Rhin. pendant ce temps, il laisse des troupes d’occupation en Gaule pour y maintenir la paix.

III. Ambiorix se soulève.

A. Qui est Ambiorix ?

En 54 av. J-C., la région de Tongres est occupée par la tribu gauloise des Eburons « don’t la plus grande partie habite entre la Meuse et le Rhin 3».Cette tribu, d’origine germanique, est dirigée par deux rois : l’un se nomme Cativolcus et l’autre Ambiorix.

              1 César, Guerre des Gaules, II, 30.

2 César, Guerres des Gaules, III, 28.

              3 César, Guerre des Gaules, V, 24.

B. Ambiorix joue avec les Romains du début à la fin (an.4).

En 54, César a laissé des légions en quartiers d’hiver pour faire régner la paix chez divers

peuples gaulois, don’t les Eburons. Au début, les Romains sont bien acceuillies par les Eburons. Ambiorix leur laisse même le fort d’Atuatuca, endroit où se situe actuellement la ville de Tongres et apporte des vivres jusqu’au quartier d’hiver établi dans la région. Mais, c’est évidemment une ruse de la part du roi des Eburons car quinze jours plus tard, il attaque le camp.

C’est un échec total car lors de l’assaut des Gaulois, les Romains ont eu le temps de s’emparer de leurs armes et de lâcher la cavalerie. Les Eburons reculent et demandent audience. Par une autre ruse, il décide les Romains à quitter le camp. « On leur envoie pour cette entrevue Caïus Arpinéius, chevalier romain, ami de Quintus Titurius, et un certan Quintus Junius, Espagnol, qui déjà avait eu plusieurs missions de César auprès d’Ambiorix. Celui-ci leur parla à peu près en ces temes : « il reconnaissait qu’il avait envers César de grandes obligations à cause des bienfaits qu’il avait reçus de lui (…). En ce qui concerne l’attaque du camp, il agit contre son avis et contre sa volonté, il a été contraint par son peuple, car la nature de son pouvoir ne le soumet pas moins à la multitude qu’elle ne la soumet à lui. Et si la cité a pris les armes, c’est qu’elle n’a pu opposer de résistance à la soudaine conjuration des Gaulois. (…) tous les quartiers d’hiver de César doivent être attaqués ce jour même, afin qu’une légion ne puisse porter secours à ‘autre. (…) une troupe nombreuse de mercenaires germains avait passé le Rhin : elle serait là dans deux jours. A eux de voir s’ils veulent, avant que les peuples voisins s’en aperçoivent, faire sortir leurs troupes du camp et les conduire, soit auprès de Ciséron1, soit auprès de Labiénus2, qui sont l’un à environ cinquante milles, l’autre un peu plus loin. pour lui, il promet, et sous serment, qu’il leur donnera libre passage sur son territoire 3 ».

Après avoir hésité, les Romains s’exécutèrent. Evidemment, lors du passage de ceux-ci dans une vallée étroite, les Gaulois les assaillirent en les etourant ce qui mit les Romains dans une position fort désavantageuse pour combattre. En tout, deux légions romaines sont massacrées.

1 Ciséron commandait une légion sur le territoire des Nerviens 2 Labiénus sur celui des Trévires.

3 César, Guerre des Gaules, V, 27.

C. Disparition du chef des Eburons.

Quand César prend connaissance des évenements, il envoie ses troupes attaquer les tribus alliées d’Ambiorix. puis, il massacre les Eburons et saccage leurs fermes et leurs villages. César laisse aussi d’autres tribus gauloises et germaniques piller le pays des Eburons. « César envoie des messagers aux peuples voisins : il existe chez eux l’espoir du butin et appelle tout le monde au pillage des Eburons : il aimait mieux exposer aux dangers de cette guerre de forêts des Gaulois plutôt que des légionnaires, et il voulait en même temps qu’en punition d’un tel forfait cette grande invasion anéantît la race des Eburons et leur nom même. Des forces nombreuses accoururent bientôt de toutes parts 1».

Cativolcus, affaiblit par l’âge et fatigué de la guerre s’empoisonna avec de l’If.

De son côté, Ambiorix réussit à échapper aux Romains. On le signala, avec quelques-uns de ses compagnons, dans la forêts ardenaise. Lorsque les Romains leur tombent dessus, Ambiorix s’enfuit pendant que ses amis se faisaient tuer pour le protéger. Il vécut sans doute jusqu’à sa mort avec ses quatre compagnons don’t il ne se séparait jamais. Ainsi finit l’histoire d’Ambiorix, roi des Eburons.

1 César, Guerre des Gaules, VI, 34.

IV. Organisation de la Gaule belgique après la conquête.

A. Organisation géographique.

Après la conquête de la Gaule belgique par les Romains,

les quinze tribus belges conservèrent leurs territoires qui

se transformèrent en cités. Après la campagne de Germanie, Auguste rattacha à la Belgique les terres conquises en Germanie sur la rive droite du Rhin. Cette « nouvelle Belgique » est alors partagée en provinces, elles-mêmes divisées en civitates.

Ces civitas comprennent toutes un chef-lieu. La province « Belgica Prima » a comme capitale Trèves et n’occupe que la pointe du Luxembourg actuel. Par contre, la province « Belgica Secunda » est beaucoup plus grande. Elle occupe toute la partie nord-ouest de la Belgique actuelle. Sa capitale est Reims. Elle comprend notamment les civitates des Morins, des Ménapiens et des Nerviens. Les Tungri ont leur civitas en « Germanie Inferior » qui a comme capitale Cologne.

B. Organisation économique.

1. L’agriculture et l’élevage.

Les grands propriétaires commencent à déboiser et a planter des arbres fruitiers inconnus jusqu’alors tel que les cerisiers, les poiriers, les pommiers, les pruniers,… On commence aussi à cultiver le lin en Morinie et les céréales en Hesbaye. « On moulut le blé dans des moulins actionnés par des ânes ou des chevaux et on cuisit le pain dans des fours en brique 1».

L’élevage se développe :

en Morinie avec les oies ;

en Ménapie et en Nervie avec les cochons et les moutons ;

dans le pays des Tongres avec les chevaux.

1 Dorchy H., Histoire des Belges, Bruxelles, A. De Boeck, 1975, p. 26.

2. L’industrie.

Elle se perfectionne dans le domaine :

du textile : les Morins tissent le lin qu’ils cultivent tandis que les Ménapiens et les Nerviens fabriquent du drap avec la laine de leurs moutons ;

de la sidérurgie ;

du bâtiment : les Romains apprirent aux Belges à construire des maisns en brique et en pierre pourvues d’un chauffage central à air chaud appelés villae.

la verrerie se dévelloppe aussi.

C. Organisation sociale.

La société gallo-romaine est divisée en trois classes sociales distinctes :

les hommes libres qui sont les grands propriétaires et les marchands ;

les hommes semi-libres qui travaillent sur le domaine des précédents. Ils leurs doivent un impôt en nature et des corvées ;

les esclaves sont attachés à leurs terres et mènent une vie très dure.

D. Organisation religieuse.

Au Ier siècle av. J-C., l’Empereur Claude supprima le caste des druides et les sacrifices humains. Mais les Belges peuvent continuer à adorer leurs dieux celtiques en plus des dieux romains et orientaux.

Ils adoptèrent aussi le christianisme et ses pratiques religieuses tel que l’inhumation qui remplace l’incinération.

L’ensemble des découvertes archéologiaues faites dans la région de Tongres témoigne de cette organisation nouvelle : la Belgique est devenue gallo-romaine.

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