Chapitre 4 : Promenade à travers la Tongres gallo-romaine.
I. Le musée provincial gallo-romain.
Le musée
provincial gallo-romain n’a pas toujours été tel qu’il est aujourd’hui.
Au siècle dernier, des découvertes archéologiques avaient lieu quotidiennement à Tongres. De ce fait, on comptait parmi la population, de nombreux amateurs d’antiquités. C’est grâce à ceux-ci qu’en 1854, un premier musée fut inauguré et ouvert au public. Les divers objets étaient, à cette époque, exposés derrière des vitrines au deuxième étage de l’hôtel de ville.
La collection du musée voyagea beaucoup jusqu’au 3 septembre de l’année 1994 où un musée moderne fut inauguré. Celui-ci possède une façade formée d’une grande paroi vitrée qui donne un apparçut de l’intérieur du musée.
Le musée est organisé en couches, ce qui représente la stratification archéologique de la ville de Tongres. Les objets les plus anciens, ceux de la préhistoire, sont exposés au sous-sol tandis que le niveau supérieur est réservé aux Gallo-romains.
En descendant au sous-sol du musée, on pénètre dans le monde du dodécaèdre. L’atmosphère mytérieuse que l’on rencontre en entrant dans cette pièce a été réalisée par
Stijn Coninx et Niek Korteklass. Le décor représente, à droite, un morceau de coque de bateau et un théatre italien délabré et, à gauche, les gradins d’un théatre romain. Sur ces gradins gisent statues, machines à écrire, conserves, livres déchirés,… Une coupe horizontale du dodécaèdre est suspendue au-dessus de nos têtes.
Plusieurs vidéos sont disposées au sol et au plafond.
Pour finir, on peut découvrir le vrai dodécaèdre disposé dans une vitrine.
2. Qu’est-ce qu’un dodécaèdre ?
C’est en 1937 que le dodécaèdre pentagonal fut découvert à Tongres, plus précisémment dans une parcelle à l’extérieur de l’enceinte médiévale.
En fait, on a découvert, jusqu’à présent, septante-six dodécaèdre sur des sites totalement différents (camps militaires, tombes, théatre,…) mais toujours sur le territoire des Celtes.
Tous les
dodécaèdre connus sont très différents autant par leur hauteur, qui varie de
40 à 85 mm, que par la taille de leurs ouvertures. Les similitudes sont leur
forme géométrique et la présence d’ouvertures et de petites boules placées
à chaque angle. En fait, ces boules ne sont pas tout à fait sphérique :
elles sont plutôt ovale et mesure environ 4.4mm sur 5.35mm. Aussi, elles ne
sont pas soudée par apport de matière.
Actuellement, on ne connait absolument pas la signification du dodécaèdre. Etait-il un pommeau de septre, un jouet, un objet de culte, un chef-d’oeuvre ou un symbole religieux, un bougeoir… ? Mais nous n’en sommes réduits jusqu’à présent qu’à des hypothèses. Peut-être qu’avec le temps, les archéologues y verrons plus clair et qu’ils élucideront le Mystère du Dodécaèdre.
C. Emplacement des Gallo-romains au musée.
La pièce
consacrée aux Gallo-romans est divisée en quatre parties par deux axes
perpendiculaires invisibles qui rappellent la construction des villes romaines.
Ceux-ci séparent la vie de la mort et la ville de la campagne.
Dans la partie « ville », les bijoux et parures féminines et masculines sont exposés derrière des vitrines. Plusieurs reconstitutions de tombes dans des socles de verre évoquent les coutumes de l’inhumation et de l’incinération*.
De l’autre côté, on trouve les principaux outils et produits de l’agriculture et de l’élevage. Les tumuli y sont aussi présents dans d’énormes vitrines.
Tout au long de l’axe qui sépare la ville de la campagne, on peut admirer des statues de pierre représentant des dieux romains ainsi que des pierres tombales et un sarcophage d’enfant*.
C’est un itinérarium ou borne kilométrique du Iieme ou IIIeme siècle. Un itinérarium indique des noms de lieux. Les distances y sont indiquées en « leugae » (mesure gauloise égale à 2222m).
Celle-ci concerne les trajets le long du Rhin dans la région de Champagne et dans le nord-est de la France.
A. Ambiorix.
* Cette partie est dévelloppée plus profondémment dans le chapitre 3.
C’est au centre de la Grand Place que trône la statue d’Ambiorix, roi des Eburons, don’t je vous ai longuement parlé dans mon premier chapitre.
Cette statue fut érigée à Tongres en hommage aux actes héroïques du plus courageux des Gaulois. Sculptée dans le bronze par Jules Bertin en 1866, à un moment où la Belgique, nouvellement crée, se cherchaient des héros nationaux, elle est posée
sur un socle en pierre de 3 mètres de haut, représentant un dolmen.préhistorique.
Cette
promenade de 4.5 km de long vous conduira, par des balisages au sol en clous de
bronze, le long de sites et monuments, expliqués par des panneaux sur place.
Avec ou sans guide, munis d’une carte et d’une brochure, vous admirerez entre autre la statue d’Ambiorix, la Basilique Notre-Dame, le beguinage, les murailles romaines et encore bien d’autres monuments qui vous ferons traverser le monde romain et le monde médiévale.
Des 4 km de la première enceinte, vous pourrez encore voir 1200 m du mur, atteignant 4 m de haut à certain endroit. Une grosse partie de la deuxième enceinte est encore visible près de la partie sud de la Basilique ainsi que la base d’une tour de fortification.
D. Les fouilles archéologiques.
Régulièrement,
des fouilles sont entreprises à Tongres par l’Institut du Patrimoine
Archéologique et par l’archéologue attitré de la ville.
Tous les objets trouvés lors de fouilles au sein même de la ville sont remis au musée de telle sorte que tout ce qui fait partie du patrimoine tongrois reste dans la ville.
Près de la Basilique, on peut admirer le site archéologique du Vrijthof. Bientôt d’autres sites seront ouverts au public.
E. Les tumuli.
Les tumuli sont des tertres funéraires de l’époque romaine.
Une grosse partie des tertres existant à l’époque romaine ont été nivelés ou détruits au cours du temps. (Lorsqu’un propriétaire manquait de terres et qu’un tumulus se trouvait sur son terrain, il le détruisait).
Ces tumuli sont principalement implantés le long ou à proximité des chaussées telles que Bavay-Cologne et Cassel-Tongeren. La plupart sont isolés.
Près de Tongres
ont été découverts :
la « Tombstraat » en 1697 ;
le lieu-dit « Cockaert Tomme » en 1385 ;
le lieu-dit « Onder die cleen Tomme » en 1514 ;
les deux tumuli de Koninksem ; un autre est encore visible à Peringen-Tongeren, au pied du Beukenberg et, fouillé en 1772.
C’est
une déclivité artificielle qui, sur une distance d’environ 5 km, relie les
sources de Widooie à Tongres. Il fut élevé fin Ier – début Iieme siècle.
Cet aqueduc acheminait l’eau jusqu’à la ville probablement à l’aide d’un
canal en bois. A lendroit où celui-ci rencontre le mur de la ville, on remarque
un pont en pierre qui l’enjambe. L’acheminement de l’eau et son mode de
distribution vers les habitations de la ville ne nous est pas connu.
Les Tongrois s’approvisionnaient aussi en eau a différent puits également construits par les Romains au fil du temps et les habitants de la ville basse pouvait naturellement se servir dans le Geer.
b) Le temple.
Le temple romain représenté sur cette photo date de fin Ier – début Iieme siècle ap. J-C. Le mur de la terrasse côté ouest est encore partiellement conservé. A cette époque, le temple est un lieu de culte. Il est situé au point le plus haut de la ville et se poste à proximité de sources don’t la Fontaine de Pline. Pline l’Ancien (23-79 ap. J-C. évoquait la pureté et le bienfait de cette source.