La plus
noble des boissons :
Le vin et sa place
dans la culture française
Introduction
-- Une journée sans vin est une
journée sans soleil.
Proverbe de Provence
Il se compose de 90% d'eau, se boit facilement, se réjouit l'âme des
hommes (et des femmes, on dit). Il est l'étoffe de légende, une chose liée
inextricablement à l'histoire de France. Il est le vin, un cocktail complexe
des nectars des dieux. « C'est miracle qu'en l'inventant, Bacchus, dieu des
Vignes, n'ait pas perdu son latin » (Geo, p. 100). Ce dossier va découvrir
l'histoire de vin, les régions viticoles en France, les contrôles sur le
vin, les méthodes de vendange, les attitudes des Français actuellement
envers le vin, et les règles pour harmoniser le vin avec les plats.
L'histoire du vin
-- Le vin réjouit le cœur des
hommes.
Psaumes, CIV, 15
Le premier recueil sur le vin se trouve dans la Bible. Noé, après avoir
survécu à l'inondation, s'est mis à planter des vignes -- et dans son
ivresse on en a profité sexuellement. C'est aussi dans la Bible qu'on trouve
des règles à propos de vin : Au Canaan, les vins réputés proviennent « de
plantes sélectionnées et cultivées avec soin, selon les méthodes établis par
la loi hébraïque » (Jobé, p. 11). La viticulture fleurissait en Égypte et en
Asie au temps de Jésus-Christ. Les anciens étaient de grands consommateurs
de vin mais ils étaient aussi connus pour leurs orgies. Dans la mythologie
grecque, le vin était vénéré par Bacchus, lui-même un dieu connu pour ses
excès. Mais grâce aux Grecs -- en particulier les Phocéens -- le vin a été
importé dans le Midi de la France il y a plus de 25 décennies.
Bien avant l'arrivée des romains, les Gaulois le cultivaient mais c'est
bien grâce à ces premiers qu'il trouva sa place dans la culture des gaulois.
« Les Gaulois, qui entre-temps avaient remplacé les outres vulgaires et les
fragiles amphores romaines par le chef-d'œuvre d'art roman qu'est le
tonneau, se révélèrent excellents viticulteurs » (Geo, p. 84). En fait, la
viticulture prospérait si bien que l'empereur romain Domitien a interdit la
culture de la vigne en l'an 92 en Gaule et a fait arracher tous les ceps. En
bref, le fait que les vins gaulois aient été meilleurs que ceux des romains
lui était agaçant. Il fallait attendre deux siècles le règne de l'empereur
Probus, qui a rétabli la liberté de plantation. A la fins du IIIè siècle, «
les vins sont rapidement replantés et s'étendent sur tout le pays » (« Le
Vin en France », p. 12). Quand l'empire romain avait sa chute, c'était
l'église qui a pris la relève. « L'évêque, maître de la cité, en était le
vigneron, le caviste. Il s'agissait non seulement d'assurer la production du
vin nécessaire à la communion, mais encore d'honorer les monarques et les
hauts personnages lors de leurs étapes dans la ville » (Jobé, p. 12). Le
monastère est devenu lieu de production des vins et ses moines les
producteurs (vignerons). Puisque l'église et le pouvoir municipal était
toujours entrelacé dans l'histoire de France, il ne fallait pas de temps
pour que les rois, les ducs, et les seigneurs féodaux mettent eux-mêmes à
leur propre production de vin. « La vigne avoisina le château comme le
monastère ou la cité épiscopale. Le vin conservait son antique prestige »
(Ibid., p. 12). Et grâce à cela, le vin et la viticulture s'élargissaient
sur l'Europe.
Au XVIè siècle, c'étaient les Hollandais qui élargissaient la
consommation et vente du vin. A partir du Moyen-Age, la viticulture a exercé
une grande influence sur le développement des communes: le souverain pouvait
accorder des droits, franchises, et privilèges aux collectivités de
producteurs. « C'est ainsi que l'histoire du vin est fréquemment liée à
celle des événements politiques » (Ibid., p. 13). En réalité, certaines
personnes qui avaient participé à l'insurrection de 1798 étaient des
négociants en vin qui espéraient voir l'abolition de taxes impopulaires qui
les empêchaient d'importer leurs vins dans la capitale. On serait tenté de
croire que le vin, pendant cette époque, était la boisson de choix. On
aurait tort: « Si l'on en buvait beaucoup dans les villes, et en particulier
à Paris, on en consommait peu dans les campagnes oùl'on buvait de l'eau,
parfois rougie, ou du cidre. Chez les vignerons, le breuvage ordinaire était
la piquette, obtenue en jetant de l'eau sur le marc fraîchement pressé » (Geo,
p. 85).
Au XIXè siècle, la situation s'est améliorée, les gens se sont mis à en
boire plus, et les prix et la qualité des vins ont augmenté. Mais au milieu
de ce siècle, en 1852, des fléaux sont arrivés, pour la plupart des
États-Unis. Le mildiou et le phylloxera étaient les deux les plus puissants.
Grâce à eux, la production de vin en France s'est presque complètement
arrêtée. « Mais le mal était venu avec son rem de: l'insecte parasitait sans
dommages les plantes américaines » (Geo, p. 86), en particulier les plantes
au nord-ouest d'Amérique. C'est vrai que nous les Américains avons presque
détruit la viticulture française, mais c'est nous aussi qui l'avons sauvée.
Il ne fallait que greffer des cépages sur ceux des Français et attendre
quelques années avant le recouvrement complète. Mais la variété des vins a
diminué. A la suite des épidémies désastreuses, par exemple, les
viticulteurs de Bordeaux n'ont conservé que trois cépages principaux en
rouge: le cabernet-sauvignon, le merlot, et le cabernet franc (Kauffmann, p.
26).
Ensuite, une révolte a eu lieu avec le but de protester contre la perte
de règles pour la production des vins. Voilà une concurrence qui est apparu
entre les vins de France et ceux d'Algérie. « Il faudra attendre 1919 pour
qu'apparaisse une législation en faveur de la viticulture de qualité » (Geo,
p. 86). Actuellement, les méthodes de vinification ont beaucoup progressé. «
Elles ont atteint aujourd'hui un degré de perfection presque scientifique »
(Jobé, p. 13).
Les
contrôles du vin
-- Le vin de Bourgogne fait
beaucoup de bien aux femmes, surtout quand ce sont les hommes qui le
boivent.
Proverbe de Bourgogne
Il y a vraiment une hiérarchie entre les vins en France, des
classifications sur des classifications. Tout d'abord, les vins sont divisés
en quatre types: sec, demi-sec, moelleux, et liquoreux. Les vins rouges
doivent être secs, alors que les blancs et les rosés peuvent être ou sec ou
sucré. Ces vins se divisent en quatre catégories selon la définition légale:
Les vins de table. Ces vins
viennent des vignobles très productifs. Ceux-ci sont principalement produit
dans le Midi de la France et souvent assemblés avec des vins d'autres pays.
La consommation de ces vins continue à décroître.
Les vins de pays. Une
catégorie créée en 1964 pour distinguer les meilleurs vins de table. Leurs
zones de productions sont limitées géographiquement.
Les vins délimités de qualité supérieure.
Ces vins, connus comme VDQS, appartiennent à une catégorie créée en 1949
pour reconnaître les vins de bonne qualité. Si les vignerons travaillent
particulièrement dur, ils peuvent accéder à la catégorie prestigieuse d'AOC.
Les vins d'appellation d'origine contrôlée.
Voilà les meilleurs vins de France produits dans des zones strictement
délimitées. « Ces vins comprennent aussi bien des appellations génériques
recouvrant une région que des appellations restreintes à une ou plusieurs
communes et même à une parcelle » (« Le troisième vignoble du monde », p.
129). Pour avoir le droit d'utiliser l'appellation d'AOC ou de VDQS, le
terroir est la chose la plus importante. « Cette notion de terroir est la
seule garantie contre le pillage du patrimoine viticole. Elle n'est pas
arbitraire … C'est l'harmonie entre une plante, un sol et un climat qui
permet d'obtenir la bonne maturité, seule capable de donner des vins de
qualité » (Geo, p. 89). Des vins des ces appellations ont des contraintes
d'encépagement, de rendement, de limites géographiques, d'agrément des vins
les plus strictes pour garantir leur qualité.
De plus, les vins de France peuvent être classés. Prenez, par exemple,
Bordeaux. Les meilleures propriétés sont hiérarchisées en premier, deuxième,
troisième, quatrième, et cinquième grand cru pour les vins rouges. Ou prenez
les vins blancs de Sauternes et de Barsac, qui sont classés en premier grand
cru, premier cru, et second cru. Pour savoir exactement les classifications
de chaque région, il faut simplement les rechercher.
Il y a aussi des médailles qu'on donne à chaque appellation. Un jury
composé d'amateurs et de professionnels du vin les attribue. Un exemple d'un
concours est le Concours Général Agricole de Paris. D'autres se passent aux
foires locales en France.
Les
régions de vin
-- Le génie du vin repose dans le
cépage.
Olivier de Serres, agronome du XVI siècle
A son apogée, le vignoble français couvrait plus de 2 500 000 hectares et
produisait 60 millions d'hectolitres. Mais la crise du phylloxera a beaucoup
réduit cette production. « En France, plus de deux cents cépages sont
aujourd'hui autorisés, mais seulement une trentaine assure l'essentiel de la
production » (Geo, p. 88). La France produit actuellement 46 millions
d'hectolitres sur 818 000 hectares, et elle se trouve en troisième position
dans le monde, derrière l'Espagne (1 360 000 hectares) et l'Italie (1 008
000 hectares) (Geo, p. 82).
En France de nos jours, il y a 15 régions où le vin est produit:
Languedoc-Roussillon. Cette
région, la plus vaste région de toute la France et même du monde, se trouve
dans le sud de la France, au bord de la mer. Les vignobles y produisent plus
de 18 000 000 hectolitres. Il y a une grande influence méditerranéenne, et
le climat y et le plus chaud en France. Toutes les sortes de vin s'y
trouvent partout, du rouge au blanc. C'était ici que les Grecs y avait
importé le vin au VII siècle av. J.-C.
Bordelais. Marquée par un
climat doux, cette région est bien connue dans le monde pour ses bordeaux,
qui sont aussi les vins les plus aimés des Français. La production annuelle
égale 6 000 000 d'hectolitres. Les bordeaux génériques sont produits
partout, mais si on veut en goûter quelques-uns qui sont bons, les médocs,
les Paulliacs, et les Saint-Emilions sont bien connus. Parmi les médocs, il
y a cinq classements. Les plus prestigieux appartiennent à Haut-Brion,
Lafite-Rothschild, Latour, et Château Margaux. Ce sont des châteaux de cette
région qui produisent le vin, et pas les vignobles (comme en la Vallée de la
Loire) ou des maisons (comme en Champagne).
Provence. C'étaient les Grecs
et les Romains qui ont joué un grand rôle dans cette région, la plus proche
d'Italie. Le climat peut être extrême, avec des hivers froids, des étés
chauds, et des orages violentes. La production annuelle est presque 5 000
000 d'hectolitres.
La Vallée du Rhône. Avec un
climat semi-continental (continental au nord, méditerranéen au sud), cette
région s'étend sur 200 kilomètres, de Vienne à Avignon, ce qui explique la
grande variété des vins. Un vin prestigieux de cette région est le
Châteauneuf-du-Pape, fait avec 13 cépages. La production annuelle est 3 000
000 d'hectolitres.
Champagne. Le plus
septentrional de France, ces vignobles ont un climat contrasté, océanique,
avec des influences continentales. Malgré sa mauvaise situation, la présence
de grandes forets aident à créer des microclimats agréables. Le champagne
est un vin assemblé de trois cépages issus de lieux et d'années différentes.
Il y a un art dans l'assemblage. Il faut faire attention que les cépages
puissent aller ensemble. Les grandes maisons de cette région, dont le cœur
est Reims, s'en font une spécialité. La production annuelle est 2 191 000
hectolitres.
Bourgogne. Cette région était
vraiment affectée par la crise de phylloxera au XIXè siècle. Les cépages
utilisés ici ne sont pas nombreux: chardonnay et aligoté pour les vins
blancs, pinot noir pour les rouges, et gamay pour la mâcon rouge. Un vin
très connu de cette région est le chablis. La production annuelle est 1 545
000 hectolitres.
Alsace. Avec un climat
semi-continental, cette région s'étend sur une bande de 120 kilomètres de
long et de 4 kilomètres de large. Les sols sont très divers. Blancs pour la
plupart, les vins ici comprennent le sylvaner, le pinot blanc, le riesling,
et le gewurtztraminer -- noms qui évoquent l'Allemagne, un pays très près
d'Alsace. La production annuelle est 1 145 000 d'hectolitres.
Beaujolais. S'étendant sur
plus de 60 kilomètres de long et 12 de large sur la rive droite de la Saône,
cette région a un climat assez homogène et continental avec des influences
méditerranéennes. Production annuelle: 1 000 000 d'hectolitres.
Corse. On pense que c'étaient
les Grecs qui étaient les premiers de planter les vignes sur cette île qui
se trouve au sud de la France dans la mer Méditerranée. Le climat de l'océan
conjugue bien avec l'ensoleillement exceptionnel. La production annuelle est
411 000 d'hectolitres.
Savoie. Le climat rude est continental, tempérés par des influences
océaniques. Ce vignoble et un de deux qui se trouvent dans les montagnes.
Les vins d'ici et de Jura étaient connus à Rome au temps de Columelle et
Pline l'ancien. Production annuelle: 100 000 hectolitres.
Jura. Avec un climat
semi-continental et de temps en temps des variations brutales de
température, c'est la deuxième des vignobles montagnards. Le vin produit ici
et quand même de haute qualité. Production annuelle: 60 000 hectolitres.
Bugey. Cette région se trouve
à l'extrémité sud du massif Jura et est caractérisé par l'extrême diversité
des sols, un climat continental mais aussi océanique et méditerranéen,
puisqu'elle se trouve entre les deux mers. Production annuelle: 17 000
d'hectolitres.
Est. Menacé aussi par les
fléaux du XIX siècle, cette région montre aujourd'hui un nouveau dynamisme.
Très petite en comparaison des autres, elle se trouve entre le Champagne et
l'Alsace.
Sud-Ouest. La viticulture de
cette région avait beaucoup de problèmes pendant son histoire. Travaillant
pendant des siècles sur l'ombrage de la région bordelaise, elle a commencé à
faire du progrès au XIX siècle quand le phylloxera est venu. Cette région a
fait sa rentrée seulement dans les cinq décennies précédentes. Des
appellations sont assez extrêmes grâce à la diversité géographique (les
Pyrénées se trouvent ici), des sols, et des cépages différents.
Vallée de la Loire. On dit que
St. Martin, un nom qu'on rencontre partout à Tours, a planté la première
vigne à Vouvray au IV siècle. Le climat en cette région et océanique, adouci
par l'influence du fleuve. Les cépages rouges ici sont le cabernet franc et
le gamay; les cépages blancs incluent le chenin, le sauvignon, et le
chardonnay. Deux noms de vins connus de cette région: le Chinon et l'Anjou.
La
vendange et production du vin
-- L'homme doit au vin d'être le
seul animal à boire sans soif.
Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XXIII, 23
Il est vrai que le travail du vigneron ne cesse jamais. Mais pour
dessiner une année typique d'un homme des vignes, il faut commencer quelque
part. Alors, commençons en hiver. Au début de cette saison, la terre doit
être travaillée par le vigneron. Un cheval ou un tracteur doit passer entre
les rangées de vignes en tranchant le sol. « Ce travail est absolument
nécessaire pour que l'eau puisse pénétrer dans le sol » (Le Vin en France,
p. 4). Puis l'engrais doit être ajouté au sol, ce qui est exigé si l'on veut
un bon raisin et un bon vin. La tâche suivante est de tailler chaque pied de
vigne en coupant presque tous les rameaux.
La crise de phylloxera au XIXè siècle exige que le vigneron soigne ses
plantes, couvrant les raisins du sulfate pour détruire tous les ennemis de
la vigne. D'insectes aux champignons, les risques sont nombreux. Donc, il
lui faut sulfater au moins tous les dix jours à cause de la pluie qui
essuient le sulfate des raisins. Chaque jour la quantité de sucre dans les
raisins s'augmente. Entre juillet et septembre, la vigne poussera jusqu' la
fins de septembre ou mi-octobre quand la vendange pourra commencer.
Mais comment savoir quand le raisin est mûr? Voilà le secret être un bon
vigneron. Il « veut être absolument sûr que c'est bien le moment : la
couleur des grains, leur goût sucré ne sont pas pour lui des preuves
suffisantes. Il cueille quelques grappes, les écrase et fait (ou fait faire)
un examen chimique pour savoir la quantité exacte de sucre contenu dans le
jus … Si cet examen est satisfaisant, la vendange commence » (Le Vin en
France, p. 5). Il lui faut aussi tenir compte du nombre de vendangeurs
disponibles, de la présence de maladie, ou des provisions météorologiques.
Maintenant les raisins sont prêts à être vendanger. C'est un travail
facile mais fatigant. On doit passer le jour en penchant pour couper les
grappes qui sont souvent très basses. Les paniers se remplissent et les
cueilleurs crieront « panier !» quand ils seront prêts. Un porteur vient et
vide le panier dans une hotte qu'il porte sur le dos. Il marche aux grandes
cuves qui se trouvent d'habitude dans un coin et y verse sa charge. De plus
en plus, les vignerons utilisent une machine à vendanger, bien que les
grands crus fassent encore la vendange manuelle. Les batteurs de la machine
trouvent les grappes et les séparent de la rafle. Ensuite les grappes
montent dans la machine et terminent par tomber dans les bennes. Il faut
faire attention ici : on ne veut pas que les fruits soient écrasés.
Quand les cuves ou les bennes seront pleins, ils seront transportés au
pressoir ou il est nécessaire de temps en temps de corriger le vin, soit à
cause de certaines conditions géographiques, soit à cause des problèmes
climatiques. Pour compenser, on peut ajouter du sucre au moût. « Cet
enrichissement du vin en sucre exige cependant de la modération. Un degré
alcoolique exagérément relevé déséquilibrerait le vin avec, à la
dégustation, des sensations de brûlures et une prépondérance de l'alcool par
rapport aux autres caractères » (« Le troisième vignoble du monde », p. 12).
D'autres vins sont trop peu acides, et un acide tartrique doit être ajouté.
Mais le vin n'est encore que de moût. Quoi faire? Le vinificateur ajoute
des levures pour accélérer la fermentation alcoolique, qui est une suite de
réactions chimiques qui permet d'obtenir, à partir du sucre du raisin, de
l'alcool, du glycérol, des arômes, et du gaz carbonique. Pour les vins
rouges, la fermentation malolactique vient ensuite et sert de diminuer
l'acidité du vin. Depuis le XVIIIè siècle, on utilise le soufre dans le
procédé comme antioxydant (il protège le vin de l'action néfaste de
l'oxygène), antiseptique (il empêche le développement des bactéries et
inhibe certaines souches de levure) et antifongique (il évite l'apparition
de moisissures).
Quand le vin a atteint une maturité suffisante, le temps arrive de le
mettre en bouteille, le conditionnement le plus efficace pour sa
conservation. Tout d'abord, on fait des ajustages du soufre pour lui donner
une meilleure conservation. Ensuite, on met un bouchon en liège dans la
bouteille. « Il est possible d'introduire préalablement du gaz carbonique
au-dessus de la surface du vin pour éviter une surpression d'air consécutive
à la rentrée du bouchon, et à sa remontée » (« Le troisième vignoble du
monde », p. 84). Puis une capsuleuse et une étiqueteuse fixent la capsule
(en plastique, en aluminium, ou en plomb) et l'étiquette sur la bouteille.
Avec l'invention des bouchons qui peuvent rendre la bouteille hermétique,
ce conteneur est devenu celui du choix. Il assure une double fonction: il
protège le vin et il lui donne des arômes améliorés, puisqu'il réduit le
contact avec l'oxygène. Si le bouchon est de bonne qualité et la bouteille
est couchée pour ne pas laisser entrer l'air, elle peut assurer une
conservation permanente. Ce n'était jusqu'au XVII siècle que les références
des propriétés sont apparu sur les étiquettes. Aujourd'hui sur l'étiquette
il faut mentionner la nature du vin (i.e., vin de pays, VDQS, AOC, etc.), le
degré alcoolique, le volume, le nom de la propriété ou la marque de négoce.
Les mentions facultatives sont la couleur du vin, le cépage (mais seulement
s'il constitue 100% de la vendange), le lieu de la mise en bouteille, la
classification, et les récompenses obtenues aux concours officiels.
C'est vrai ce qu'on dit: « Le viticulteur d'aujourd'hui est à la fois
paysan, un peu œnologue, entrepreneur, commerçant, hommes de relations
publiques, des jours et des jours à son bureau à tenir des comptes, chercher
des clients, en relancer d'anciens, se battre avec les formulaires … [et]
dans le chai, le paysan doit devenir chimiste » (Geo, p. 92). Chaque année,
le viticulteur est censé déposer en mairie une déclaration donnant le volume
de vin récolté ainsi que le volume de son stock, et on ne peut pas
transporter ces vins sans des écritures.
Le vin est maintenant prêt à être vendu. On peut visiter des caves,
châteaux, ou maisons de France pour l'acheter. La dégustation est « une
discipline qui consiste à la fois à analyser et à classer et est enseignée à
l'université oùelle fait l'objet d'un diplôme » (Kauffmann, p. 45). Ou on
peut faire comme fait la majorité de Français: on l'achète aux grandes
surfaces. Après avoir acheté du vin, qu'est-ce qu'il faut faire avec lui? La
réponse: Mettre dans une cave. Voilà quelques caractéristiques des caves
qu'il faut savoir. D'abord, il faut savoir que le vin craint la lumière et
redoute les vibrations; donc, il faut le mettre dans une cave aérée mais
sans courants d'air, ni trop esche, ni trop humide. On ne doit pas mettre
des provisions en réserve dans la cave ni des fromages qui peuvent donner au
vin un mauvais goût. Quant aux bouteilles, elles doivent être
horizontalement couchées (pour qu'il y ait le moins d'air possible, laissées
dans les caisses en bois, et placées dans les rangées du bas (plus fraîches)
pour les vins blancs au haut pour ceux de rouges.
Et enfin? Bien sûr, il faut en jouir!
Le vin
et les Français d'aujourd'hui
-- ... la production française se
place, selon les années, au 1er ou 2è rang de la production mondiale pour la
quantité mais elle garde toujours le 1er rang pour la qualité.
Extraits de « Brèves nouvelles de France » du 15.1.1972
Quand on demande aux Américains ce qu'ils pensent des Français, il est
plus que probable que la première chose qu'ils diraient serait à propos de
vin. Selon les Américains et à vrai dire le monde entier, les Français tient
une place supérieure dans le monde de viticulture. Mais est-ce vrai? Est-ce
que les Français sont aussi attachés à leur vin que l'on pense? Selon une
enquête publiée dans le journal « le Figaro » il y a six mois, la quantité
de buveurs en France déclinent sérieusement depuis 1980. « Faut-il écrire le
mot fins à l'histoire d'amour ... entre les Français et les vins? » se
demande l'auteur, et c'est une question intéressante d'après les résultats
de ce sondage.
Par exemple, 85% des Français étaient buveurs de vin en 1980, mais
seulement 65% en boivent en 1995. De plus, la quantité bue a aussi diminué,
de 120 litres par an à 60 litres par an.
Harmoniser let mets et les vins
-- La chaleur du vin fait sur
l'esprit le même effet que le feu produit sur l'encens.
Plutarque, Œuvres morales, Ier siècle
Même si le vin n'apparaît pas souvent sur les tables françaises, il nous
donne encore grand plaisir de le boire. Pour l'apprécier au maximum, selon
les experts, il faut combiner le vin avec presque chaque partie du repas. «
Le plaisir des sens (vue, odorat, goût) doit aller crescendo, des hors
d'œuvre jusqu'aux fromages ou au dessert, car » la bouteille que l'on sert
ne doit jamais faire regretter celle que l'on vient de boire » (Euvrard et
Fonquernie, p. 92). Pour atteindre cet état d'extase, il y a quelques règles
à suivre. D'abord, les vins sont choisis, bien sûr, en fonction du menu
établi. Ensuite, le service du menu et le service des vins suivent la même
gradation. Pour l'harmonie, il faut avoir une progression - la bouteille de
prestige gagnera à être présentée en fins de repas, sur une viande rouge. En
général, aussi, les vins blancs précèdent les vins rouges, les plus légers
avant les plus corsés, et les plus jeunes avant les plus vieux.
Mais comment savoir le vin parfait pour le plat ou le fromage présenté?
Ici on trouve une spécialisation dont il est très difficile de se rendre
maître. Mais il y a quelques suggestions pour ce qu'on peut faire en
général: Le vin blanc sec va avec le poisson; le vin rouge va avec la viande
et le fromage; et le vin blanc moelleux va avec le dessert. Le rosé est
plutôt un vin d'été qui est familier; on ne le boit pas pendant les grands
repas.
Conclusion
-- Le vin noie les soucis.
Anacréon, Fragments, VI siècle av. J.-C.
En 1991, un docteur américain a découvert que le vin pourrait être un
vrai médicament. Ce médecin a notes que les Français, qui ne font l'aérobic
pas souvent que les Américains, qui fument, et qui mènent une vie pour la
plupart moins saine, avaient cependant beaucoup moins de maladies cardiaques
et vivaient plus vieux. On l'a surnommé le « french paradox ».
Et quel bon paradoxe! Des montagnes de règles jusqu'aux vignobles sans
fins, il est évident que la viticulture est très importante aux Français.
Elle représente une partie inextricable de l'histoire de ce pays. Vive le
vin!
Pour en savoir plus, visitez
WineCampus.com.
Ouvrages cités
__________. « L'Art de se montrer ». Gagnant. Août 1997. pp.
26-28.
__________. Le Vin en France. Clé International. Paris: 1960.
__________. « Le troisième vignoble du monde ». Geo. Sept. 1995.
pp. 82-83.
Accoce, Pierre. « Le Vin serait-il un vrai médicament? » Geo.
Sept. 1995. p. 100.
Carmenière, Claude; Madedon, Danièle; et Madevon, Pascal. Les Vins de
France. Editions Nathan. Paris: 1993.
Claisse, Guy. « Du Vignoble au chai, une simple vie de vigneron ».
Geo. Sept. 1995. pp. 90-92.
Euvrard, Robert; et Fonquernie, Joseph. « Harmoniser les Mets et es Vins
». Centre Régional de Documentation Pédagogique de L'Académie de Dijon.
1998.
Huet, Myriam. « Couleur, Arôme: le génie du vin repose dans ces grappes
». Geo. Sept. 1995. pp. 88-89.
Jobé, Joseph. Le Nouveau Grand Livre de Vin. Edita. Lausanne:
1982.
Kauffmann, Jean-Paul. Voyage à Bordeaux. Caisse des Dépôts et
Consignations. Paris: 1989.
Maloux, Maurice. Dictionnaire des Proverbes: Sentences et Maximes.
Librairie Larousse. Paris: 1980.
Woutaz, Fernand. « César et l'Eglise ont fondé la France des Vins ».
Geo. Sept. 1995. pp. 84-86. |